Des éclipses et des hommes – Provence XVIIIe siècle

Au XVIIe siècle encore, la disparition subite d’un astre tel que le soleil ou la lune s’accompagnait de rituels parfois singuliers et suscitait la peur, en dépit des travaux menés par des savants de renom.

Quelques feuillets du registre des mariages de la paroisse de Vacqueyras dans le Vaucluse (GG13 – 1706-1764) mentionnent deux éclipses.

Crédit IMCCE Patrick Rocher

  • Eclipse totale du 12 mai 1706

Je vous invite à consulter ce blog pour plus de détails sur cette éclipse.

  • Eclipse annulaire du 1er avril 1764

Extrait Gazette de France du 19 mars 1764

Calcul par Madame [Nicole-Reine] le Paute / Gravé par Madame Lattre et Mad. [Elisabeth Claire] Tardieu / [Publié] Chez Lattre , PASSAGE DE L’OMBRE DE LA LUNE au travers de l’Europe de l’Eclipse de Soleil Centrale et annulaire qui s’observera le 1er. Avril 1764… , Paris, [1762].

zoom de la carte

RDV le 12 aout 2026 et le 3 septembre 2081 pour les prochaines éclipses solaires visibles depuis la France.

Bon plan: imprimer ses recherches généalogiques

Coup de projecteur aujourd’hui sur le site CoolLibri, site recommandé par mon ami de promo Jean Michel. CoolLibri est un site d’auto-édition au rapport qualité prix imbattable.

Promis, CoolLibri ne m’a pas payé pour faire de la pub, j’ai tout simplement été conquise par leurs prestations.

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Comme tout généalogiste, une fois mes recherches effectuées et rédigées, reste l’éternelle question:

Comment partager cette masse d’informations avec ma famille et/ou le public concerné sans se ruiner ?

CoolLibri propose plusieurs options:

 

Le téléchargement prend quelques minutes selon le poids du document. Une fois le téléchargement et l’analyse effectués, le site vous propose de vérifier quelques pages sélectionnées aléatoirement. Une vérification complète vous sera proposée avant la validation de votre commande.

Si vous n’avez pas déjà créé de couverture, des modèles gratuits vous seront proposés.

Couverture personnalisée

Pour vous donner un exemple, ma commande a été passée et validée le dimanche 21 juillet, envoi le jeudi 25 juillet avec le transporteur GLS et numéro de suivi. J’ai été livrée le vendredi 26 juillet à 9h00. Que demander de plus?

 

Faisons quelques calculs:

Lorsque j’ai imprimé mon mémoire pour l’envoyer en correction à mon professeur, je me suis adressée à l’enseigne TOP OFFICE. Le coût de revient était d’environ 120€ de souvenir.

J’ai donc décidé de l’imprimer de chez moi, pour une qualité inférieure. Total: 1 ramette de papier 90g (environ 7€)+ 2 packs de cartouches HP 34€ sur Amazon + la reliure thermocollée Top Office 7€ = 82€

Sur CoolLibri, pour 2 exemplaires dos carré collé + 144 pages (imprimées recto/verso) + papier 80g + frais d’envoi = 44.19€ soit 22€/exemplaire

La démonstration est assez claire je pense. Je recommande ce site sans hésitation! Plus d’excuses, à vous de jouer!

Pour accéder au site, suivez le lien —> CoolLibri

12 juin 1944 – Le massacre de Valréas

maquis de provenceIl est connu que les trésors se cachent au fond des armoires. Il y a quelques jours, en rangeant la réserve de ma petite bibliothèque municipale, je suis tombée sur ce livre d’histoire locale. En ces temps de commémoration, je souhaite vous présenter un extrait concernant les évènements de Valréas. Attention, certains passages sont difficiles. Enfin, je précise que le texte ci-dessous est le point de vue de M. DURANDET sur ces évènements. D’autres sources ou témoignages, notamment ceux recueillis par l’association des familles de fusillés de Valréas apportent des éléments contradictoires. Blog de l’association des familles de fusillés de Valréas

Les Maquis de Provence – Christian DURANDET- 1974

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enclave ValréasLors du recensement de 1936, Valréas est une petite bourgade de 4 765 habitants. Avec trois autres communes du canton, Grillon, Richerenches et Visan, elles forment une enclave du Vaucluse en territoire drômois.

Libération de la ville

« Au soir du 7 juin 1944, les troupes alliées de débarquement se battent farouchement en Normandie. Après la confusion des premières heures et la contre-attaque allemande, il semble que le débarquement soit bien parti pour réussir.

C’est la raison qui pousse le Haut-Commandement Inter-allié à ordonner l’insurrection armée sur l’ensemble du territoire. Immédiatement répercuté, l’ordre arrive dans les villages, y compris dans le Nord-Vaucluse, région située aux contreforts du massif du Diois où l’activité des maquis a toujours été importante. De plus, ces sommets rocheux et boisés ne se trouvent qu’à quelques kilomètres du Vercors où les maquis sont parfaitement organisés et les contacts sont fréquents entre ces divers groupes.

Valréas est la ville la plus importante de la région. Il est donc décidé de libérer Valréas et, à l’aube du 8 juin, les groupes F.F.I. investissent la ville.

Les maquisards descendent par groupes de la montagne en chantant la Marseillaise. Certains sont en camions et brandissent d’immenses drapeaux tricolores. D’autres sont en voiture, mitraillettes au poing, le buste sorti par les portières. Certains encore arrivent à pied. Beaucoup sont très jeunes et tous rayonnent du même enthousiasme.

Les témoins racontent: Quand nous avons vu arriver les F.F.I. nous avons pensé que, cette fois, c’était vraiment la fin de la guerre. Les jeunes filles se précipitaient pour les embrasser, les vieux pleuraient de joie, les hommes les acclamaient. Oui, on pensait bien que c’était la fin.

Le premier groupe qui entre dans la ville se précipite vers la poste centrale. Sa mission est de couper totalement les communications téléphoniques et télégraphiques. En quelques minutes, le travail est fait. Valréas est désormais coupée du pays.

L’hôtel de ville est investi sans résistance et les maquisards y installent leur P.C. Pour l’instant, aucun coup de feu n’a été tiré mais il reste à se rendre maître de la gendarmerie où se sont retranchés les gendarmes et leurs chefs. Un responsable F.F.I. et deux hommes s’y rendent en parlementaires. Les gendarmes les laissent approcher sans tirer. Une fenêtre s’entrouvre au premier étage et l’adjudant de gendarmerie engage le dialogue:

– Qu’attendez-vous de nous? demande-t’-il au F.F.I

– Si vous déposez les armes, il ne vous sera fait aucun mal. Vous avez notre parole d’honneur et, de toute façon, vous n’avez pas le choix. Si dans cinq minutes vous ne sortez pas sans armes, nous donnons l’assaut. Vous savez bien que vous n’avez aucune chance et c’est inutile de verser du sang français en ce moment.

Deux minutes plus tard, à la file indienne, les gendarmes sortent les bras levés. Un groupe F.F.I vide la gendarmerie de ses armes et de ses munitions et les gendarmes sont priés de réintégrer leurs locaux et de ne pas en bouger jusqu’à nouvel ordre.

C’est ainsi qu’en moins d’une demi-heure, Valréas est libérée sans qu’aucun coup de feu n’ait eu à être tiré. Les maquisards sont maintenant les maîtres de la ville mais la position du maire, M. NIEL, est délicate. Jules NIEL est un patriote, et il approuve l’action des maquis. Pourtant son premier devoir est de penser à la sécurité des habitants et il se doute que les Allemands vont vouloir reprendre la ville. Il est décidé que la municipalité obéira aux ordres des F.F.I. mais que le commandement des maquis s’engage à n’autoriser aucune action isolée de partisan et, en cas de désobéissance, de la punir très sévèrement.

La première journée se passe en organisation nouvelle de la cité et la population encourage le Maquis en les acclamant et en faisant la fête. Au soir du 8 juin, Valréas a changé de visage, la guerre semble terminée pour ce petit morceau de France provençale. Ce soir, pas de couvre-feu, l’ambiance est à la fête.

Au matin du 9 juin, l’émotion que donne le premier frisson de liberté s’est un peu dissipée. Les questions sérieuses se posent: n’était-il pas trop tôt pour affronter ouvertement l’occupant? Ne valait-il pas mieux continuer les actions de harcèlement dans les maquis pour désorganiser l’armée allemande? Finalement, devait-on libérer Valréas?

Malheureusement les jours qui suivent vont répondre tragiquement à toutes ces questions.

Valréas

La Contre-attaque allemande

La première précaution des F.F.I. est de défendre la ville en dressant des barrages importants sur toutes les routes d’accès.

Une première attaque allemande se heurte au barrage de la route qui vient de Visan. Sous le feu nourri du Maquis, les forces allemandes doivent se replier. Même les chars ne peuvent franchir les défenses qui ont été dressées avec l’aide de la population et l’Allemand préfère économiser ses troupes d’assaut.

Après quelques heures d’accalmie, la riposte allemande viendra du ciel. Les premiers bombardiers en piqué Messerschmidt font leur apparition, venant des bases de Visan et de Montélimar. La précision du tir est remarquable et les barrages souffrent énormément. Les maquisards comprennent qu’un grand dispositif de riposte est en place et qu’ils finiront par céder sous le nombre et la puissance de feu de l’ennemi. Ils décident pourtant de continuer à tenir leurs positions.

Les journées du 10 et du 11 juin leur donnent raison. Les bombardiers se succèdent mais les remparts tiennent et l’attaque des troupes de choc n’est toujours pas possible.

Reprise de la ville par les Allemands

C’est le 12 juin à midi que le drame se noue. Le commandement allemand a réussi à utiliser une ligne téléphonique remise en état. Un responsable F.F.I. prend la communication. L’Allemand parle un excellent français et ses menaces sont précises:

A partir de l’heure qui suit, nous arrêterons les bombardements des barrages. Nous allons par contre, procéder au bombardement intensif de la ville et à sa destruction complète. Nous vous promettons qu’il ne restera plus âme qui vive à Valréas. Si les barrages sont enlevés, les troupes reprendront possession de la ville. Sinon, le bombardement commencera dans la minute suivante jusqu’à la destruction complète de la ville et nous ne tolérerons la survie d’aucun habitant.

La discussion qui suit à l’Hôtel de ville est dramatique. Il est bien évident que les Allemands ne bluffent pas. De plus, les forces du Maquis ne sont pas assez importantes. A 12h30, les maquisards décident d’abandonner la ville. A 13 heures précises, plus de 2000 Allemands encerclent Valréas. Ils ont un armement lourd et une brigade blindée est venue renforcée la puissance de feu des auto-mitrailleuses et des armes lourdes.

Quelques maquisards ont décidé de mourir sur place et de défendre l’accès à la ville. Ils sont exterminés par la ruée des blindés. Les groupes de maquis ont réussi à fuir et prennent le chemin de la montagne. Il ne reste aucun combattant à Valréas.

Mais les Allemands sont déchainés. Ils tirent des centaines de rafales d’armes automatiques dans les rues. Aucune vitre ne reste en place. Ils enfoncent les portes à coup de pied et tirent dans les maisons. Tous les habitants visibles sont la cible des tueurs déchainés. Il se trouve même parmi les Allemands un détachement de la division S.S. Charlemagne, français qui ont choisi l’uniforme tête de mort. Ils s’interpellent en français et lancent des injures aux femmes avant de les cribler de balles. (FAUX selon l’association – participation de la Wehrmarch et de la 8e compagnie Bradenbourg, et non des SS.)

Le courage du maire va calmer la démence des Allemands et des S.S. français pendant quelques minutes. Le maire donne sa parole qu’aucun « terroriste » n’est dans la ville. Il demande pitié pour les habitants qui n’y sont pour rien. Le commandement allemand déclare qu’il va réfléchir et, pendant une heure, la fureur des occupants semble se calmer. Les habitants recommencent à prendre espoir mais ce n’est qu’un sursis.

Le massacre

Le commandant allemand convoque à nouveau le maire

Rassemblez tous vos administrés sur la place de la ville à 17 heures. Demandez à tous les hommes valides de se munir de leur papier d’identité, de leur livret militaire et de leur livret de famille. Dites-leur également que toutes les issues de la ville sont bouclées et que ceux qui voudraient s’enfuir seront abattus sans sommation. Ordonnez enfin de laisser toutes les portes des maisons ouvertes.

A 17 heures, la population est réunie autour du dôme à musique. La place est noire de monde. Le commandant allemand est déchainé et hurle des insultes qu’un français en uniforme allemand traduit avec autant de vigueur. Pendant ce temps, les troupes patrouillent dans la ville et enfoncent les portes des maisons qui, contrairement aux ordres, sont fermées et massacrent systématiquement les habitants. Même les malades et les vieillards tombent sous les balles.

Au fond de sa grange, le père Ulysse, un retraité de 72 ans, dort dans son foin. Sa maison est un peu à l’écart du village et il ne s’est pas rendu compte de ce qui arrivait. Une patrouille allemande investit la ferme. Les hurlements le réveillent en sursaut et il se précipite les mains levés. S.S. français éclatent de rire en voyant sa panique. Pour « s’amuser », l’un d’eux tire une rafale qui lui brise les deux jambes puis, un autre l’achève d’une balle dans la tête.

Pendant ce temps, le commandement allemand termine sa harangue sur la place centrale de Valréas. Le S.S. français poursuit sa traduction:

Nous allons être humains avec la bande de cochons que vous êtes. Nous n’allons pas vous égorger les uns après les autres comme vous le méritez. Et puis ce serait trop dégoûtant de patauger dans votre sang de porcs. Si jamais vous abritez encore des terroristes dans votre ville, il ne restera plus une pierre l’une sur l’autre. Pour cette fois, nous allons juste vous donner un petit exemple de ce qui vous attend.

Cinquante-trois habitants vont faire les frais de cette leçon de l’occupant (27 résistants et 26 habitants selon l’association). Les Allemands ont ramassé au hasard des hommes qu’ils préféreraient ne pas abattre sur place. Tous les prétextes sont bons pour faire parti du lot. L’un n’a pas répondu très poliment (ou bien l’Allemand n’a pas compris ce qu’il disait), un autre revenait de la chasse portant un fusil et n’a pas réussi à prouver qu’il n’était pas un terroriste. Et puis quelques F.T.P. qui se repliaient sur Beaumes ont été pris. Ces 53 hommes traversent la ville devant la population encadrée par des centaines de soldats en arme.

C’est le mur de la maison Clarice qui est choisi pour l’exécution des otages. Les 53 hommes sont groupés au pied du mur. La population est obligée d’assister au massacre. Le maire a le courage d’intervenir une dernière fois. C’est un marchandage tragique où il essaie de sauver quelques hommes et qui va se prolonger pendant les deux heures qui ont dû paraitre des années à ceux dont on jouait la vie à pile ou face. Le maire ne réussira à sauver que 2 hommes, l’ancien instituteur M. Louis DIAGE et Antoine MACELON, un ouvrier maçon.

Les 51 restants sont toujours massés contre le mur de la maison Clarice. Le commandant commence lui même le carnage. Il dégaine son pistolet et tire une balle sans viser au milieu du groupe. Il se garde bien de donner l’ordre d’ouvrir le feu au peloton d’exécution. Il tourne des talons et va prendre un verre au café de la place. Puis il revient et finit son chargeur, toujours sans viser, dans la masse humaine rassemblée devant le mur.

Certaines femmes veulent se sauver et ne pas en voir plus. Elles sont ramenées à coups de crosse dans les reins à l’endroit réservé aux « spectateurs ». L’une d’elles tend son bébé à bout de bras et demande pitié pour son mari. Le commandant allemand appuis en riant le canon de son arme sur la tempe du bébé et presse la détente. L’arme est vide et seule le bruit du percuteur claque dans le silence de la foule pétrifiée. Les soldats éclatent de rire devant la plaisanterie de leur chef. La femme serre son enfant indemne contre elle et prend place avec les autres habitants en face du mur. Elle adresse un dernier signe de la main à son mari et attend. Désormais plus personne ne dira un mot et le tragique spectacle va pouvoir commencer.

L’un après l’autre, les soldats tirent dans le groupe. Les hommes tombent les uns sur les autres. L’un deux entonne la Marseillaise. On évite de l’achever tout de suite. Les militaires tirent sans ses mains, dans ses bras et dans ses jambes. L’homme reste debout de longues minutes et continue de chanter. Il ne sera pas achevé et devra attendre pour mourir de s’être entièrement vidé de son sang.

L’un d’eux s’est agenouillé et prie. Il aura plus « de chance » et une balle bien ajustée perce son front. il mourra sans souffrance.

L’insoutenable spectacle va durer pendant encore deux heures. les Allemands prennent leur temps et vont boire un verre entre chaque chargeur. Les habitants doivent rester sur place et assister jusqu’à la fin. Plusieurs femmes s’évanouissent.

rescapés ValréasLes survivants

Quelques condamnés, dans un dernier défi, essaient de se relever. D’autres cherchent à se faire une place sous le tas de cadavres et d’agonisants. Cinq d’entre eux réussiront à se faire un bouclier avec les corps de leurs camarades. Ils seront gravement blessés mais quatre pourront être sauvés.

Entre temps, beaucoup des 2000 soldats se sont lassés de ce jeu; Ils ont préféré partir  en exploration dans les rues de la ville déserte. Ils se livrent au pillage méthodique des maisons et mettent ensuite le feu aux habitations.

Quand le soir du 12 juin tombe sur Valréas, la lumière des incendies fait danser sur le mur sinistre de la maison Clarice les ombres des condamnés, les habitants rescapés sont enfin autorisés à quitter la place.. Les Allemands se font servir copieusement dans les restaurants ou les maisons particulières et s’endorment.

Le commandant a laissé une garde au pied du mur d’exécution. Pendant une heure ou deux, les sentinelles se sont encore amusées à tirer quelques balles dans le tas de cadavres puis, lassées, sont également parties se coucher.

Pas très loin de là, les pompiers de Valréas ne dorment pas. Ils ont essayé pendant la soirée d’éteindre les incendies allumés par les Allemands mais ils ont vite été débordés par le nombre. Ils ont sauvé ce qu’ils pouvaient et ils préfèrent veiller pour intervenir dès qu’un soldat un peu éméché allumera un nouvel incendie.

L’un d’eux a une idée: Si nous faisions une patrouille en uniforme, nous pourrions expliquer que nous veillons en cas d’incendie. Nous en profiterions pour passer près du mur et voir s’il y a des survivants.

L’idée est acceptée et, sous la conduite de leur adjudant, les pompiers partent dans la nuit. La ville a retrouvé un semblant de calme. Seuls quelques soldats ivres tirent au hasard sur des chats ou des chiens égarés.

Enfin le groupe des pompiers atteint le mur de la maison Clarice. Il n’y a pas de sentinelle en vue et les allemands préfèrent éviter le lieu de leur exploit de l’après-midi. Un à un, les pompiers retournent les cinquante et un corps. Ils sont largement récompensés car cinq ont un reste de vie. Ils les emportent dans la nuit en rasant les murs et entrent dans l’hôpital par une porte dérobée. l’interne de garde accepte de les cacher dans une pièce du grenier et de les soigner. Avec ses infirmières, il se dépensera sans compter et réussira à sauver quatre d’entre eux.

Mais le commandant des pompiers se rappelle que l’officier allemand responsable du massacre a soigneusement noté le nombre d’otages qu’il avait décidé de massacrer. Il est à peu près certain qu’il va faire son compte au petit matin et qu’il sera fou de rage en constatant que cinq de ses victimes ont disparu.

Après quelques minutes de discussion, le jeune médecin est également persuadé que ce vol de rescapés va entrainer un nouveau massacre pour le matin. Le médecin a une idée. Il propose de remplacer les 5 otages manquants par les corps de résistants abattus dans l’après-midi et placés à la morgue.

Les heures suivantes vont donner raison au médecin et au commandant des pompiers. Comme prévu, le lendemain matin, le premier travail de l’officier allemand est de recenser ses victimes. Grâce à la présence d’esprit des pompiers et du jeune médecin, il a son compte.

Le mur de la maison Clarice se contentera de ses cinquante deux morts. « 

Mur de Valréas

Extrait du livre Les maquis de Provence – Christian DURANDET éditions France Empire 1974

 

Pour aller plus loin:

L’association des familles de fusillés de Valréas a publié un livre en 1981

La vie de vos ancêtres à portée de clic: décryptage d’une enquête. Le cas Sabine MOYNE

Depuis quelques mois, en vue d’une étude sociologique sur ma commune d’adoption, St Saturnin lès Avignon, entre 1850 et 1950, j’indexe méthodiquement les registres NMD (Naissances-Mariages-Décès) du village. Parfois, un acte retient mon attention et j’ai envie de creuser un peu plus. J’essaie alors de dessiner le destin d’une personne en particulier. Hors du réseau des généalogistes amateurs ou professionnels, on me dit souvent que les recherches généalogiques sont trop compliquées, entre autre par manque de temps ou d’envie, le manque de connaissances vis-à-vis des sources disponibles, de se déplacer aux archives etc. etc. Alors voici ce que l’on peut trouver du parcours d’un ancêtre, bien au chaud chez soi, accompagné d’un bon café lorsqu’on a la chance d’avoir un département qui a numérisé certaines archives.

Mon choix s’est porté sur Sabine MOYNE. Pourquoi cette femme? En indexant les registres, j’ai relevé un acte de décès d’un jeune soldat, Joseph Augustin ROLLAND, 24 ans, décédé à Phu Lang Thuong en juin 1885. Pas vraiment courant pour une commune du Sud de la France peuplée de cultivateurs bien ancrés sur leurs terres. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Quelques pages plus loin, voici le décès du père de ce soldat, un cultivateur de 53 ans. Bon, la vie n’était pas simple à l’époque mais un décès dans la cinquantaine, ce n’est pas très courant non plus. L’année suivante, nouveau drame pour la famille, décès d’un second fils à 23 ans. Je pense alors à la maman, toujours en vie au décès de ce fils. L’instinct maternel, l’intuition peut être… J’ai envie d’en savoir un peu plus sur elle. Dans cet article vous trouverez tout d’abord un « résumé » de la vie de Sabine. Vous trouverez ensuite le fil de mes recherches, pas toujours dans un ordre logique mais telles que je les ai entreprises.

Une nouvelle fois, je remercie les AD Vaucluse pour leur travail de numérisation.

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Mormoiron

Sabine MOYNE nait le 11 avril 1837 dans une grange d’habitation de Mormoiron (Vaucluse), quartier de la Briguière, entre vignes et forêts, au pied du Mont Ventoux. Fille d’André Philippe, cultivateur, et d’Élisabeth DENIER, tous deux âgés de 43 ans à sa naissance, elle sera la dernière enfant du couple. Sabine a 7 frères et sœurs dont 6 toujours en vie à sa naissance. Sa sœur ainée Marie Élisabeth épouse un cultivateur de Mormoiron et quitte la maison familiale quelques mois après la naissance de la petite fille (mai 1838). En 1849, un premier drame assombrit la vie de Sabine. Cette année-là, le choléra, après avoir remonté le Rhône depuis Marseille, atteint le village. Un pic de décès est noté en juillet et aout. Probablement affaiblie, Marie Paule, 20 ans, décède en septembre. Sa mère la suit dans la tombe un an après en octobre 1850. Nul doute que Marie Joséphine, fille ainée célibataire alors âgée de 30 ans, remplace sa mère auprès de ses deux plus jeunes sœurs. Le choléra fait de nouveau son apparition en 1854 et André Philippe y succombe en juin, laissant ses enfants orphelins. Sabine a alors 17 ans. Les quatre grands-parents sont décédés. La vie se réorganise très vite. Tandis que son frère reste à Mormoiron pour y fonder une famille, Marie Joséphine part vivre et travailler au Thor, commune vauclusienne située à 25 km de Mormoiron (un trajet de 5h à pied), qui recherche de la main-d’œuvre pour son industrie florissante de la garance. Nous pouvons penser qu’elle emmène avec elle ses trois jeunes sœurs. Marie Joséphine épouse dès novembre un cultivateur de St Saturnin lès Avignon, le village voisin, JEAN Xavier dit Itier. Ses sœurs restent domiciliées au Thor tout en venant régulièrement à St Saturnin. Sabine apparait pour la première fois sur les registres de cette ville le 29 octobre 1856, lorsqu’elle épousa Pierre Philippe ROLLAND, un jeune cultivateur de 24 ans. Mineure, un conseil de famille se tient pour donner son approbation auprès du juge de paix de Mormoiron (16 octobre 1856). Par la suite, Pauline y épouse également Sébastien REQUIN, cultivateur d’Entraigues, commune voisine, en janvier 1860. Cette dernière s’installe dans la famille de son nouvel époux. Leur dernière sœur, Marie Colette restera célibataire.

carte secteur

Mais revenons-en à Sabine. Après son mariage, le couple aura rapidement des enfants. Marie Léonie en 1857 puis Jean Joseph en 1859. Alors enceinte, Sabine connait sa première douleur de mère en perdant Jean Joseph âgé de 14 mois en septembre 1860. Un petit Joseph Augustin viendra au monde quelques mois plus tard (mars 1861), suivi de Xavier Léandre (1862), Étienne (1864) et de Julie Sophia (1866).  Cette naissance signera la fin d’une période heureuse. Les treize prochaines années verront s’enchainer les grossesses et les deuils. Pourtant Sabine est en pleine fleur de l’âge. De ses 31 à ses 43 ans, 6 enfants naitront et ne dépasseront pas l’âge de 2 ans. En parallèle, le destin continue à  s’acharner sur la famille. Ses deux sœurs décèdent en peu de temps. Pauline Véronique tout d’abord, en avril 1869. La petite fille de cette dernière sera recueilli par Marie Joséphine, restée sans enfant. C’est ensuite Marie Colette, célibataire, qui décède à St Saturnin en novembre 1870. Puis c’est au tour de Marie Léonie, sa fille ainée, de décéder à  l’âge de 23 ans en 1881. Le choléra entame de nouveau sa marche mortifère en Provence les années suivantes et frappe Julie Sophia en juillet 1884, 17 ans.  Sabine voit partir son fils ainé Joseph Augustin au service armé. Ce dernier est envoyé dans le corps expéditionnaire du Tonkin. Une épidémie de fièvre typhoïde sévit au sein de son unité et l’emporte loin des siens, en l’hôpital militaire de Phu Lang Thuong.  La nouvelle ne sera connue qu’en septembre. Peut-être en est-ce trop pour Pierre Philippe.  Perdre son fils ainé sur lequel il avait fondé ses espoirs  a eu raison de son cœur. Il décède quelques semaines plus tard le 4  novembre 1885. Ses deux autres fils, Xavier et Étienne seront exemptés de service. Étienne car son frère Joseph est encore au service lorsqu’il doit effectuer le sien en 1884. Concernant Xavier, aucune fiche matricule n’a été retrouvé le concernant, probablement car ce dernier a dû être exempté pour cause de faiblesse. Il décède d’ailleurs en aout 1886 à l’âge de 23 ans.

Ainsi en 1886, à 49 ans, Sabine contemple sa maisonnée triste et vide. De ses 12 enfants, seul Étienne a survécu. Le jeune homme de 21 ans, maçon, fait vivre sa mère. Cette dernière trouve également un peu de soutien et de compagnie avec sa sœur Marie Joséphine, domiciliée dans le centre du village, jusqu’au décès de cette dernière en 1900.

Étienne trouve ensuite un emploi dans l’usine d’Éguilles, fabrique de tôles légères située à Vedène, commune voisine. C’est dans cette commune qu’il fera la rencontre d’Émilie COUPARD.  Le jeune couple se marie  le 17 juin 1897 à Vedène. Après avoir vécu en la maison paternelle au début de leur union, le couple s’installe avec Sabine à Vedène, quartier de Cheval Blanc, près de la famille d’Émilie.

Sabine aura la joie d’avoir 3 petits-enfants: Marie Lucie Joséphine (née en 1898), André Jean Pierre (né en 1899 et décédé à 11 mois en 1900) et André Paul Marius (né en 1900). Autre « consolation », Étienne, alors âgé de 50 ans, ne participera pas à la Première Guerre Mondiale. Toutefois, son petit-fils André Paul Marius répétera le schéma de ses oncles. Engagé volontaire à 17 ans en aout 1918, ce dernier se plaît au sein de l’Armée et déclare vouloir continuer son service militaire après la fin des hostilités. Il sera nommé brigadier armurier au sein du 10e Régiment d’artillerie coloniale. Toutefois, sa fiche matricule indique son décès  le 9 janvier 1923 à Vedène, à l’âge de 23 ans, sans en mentionner la cause.  La vie épargnera à Sabine cette peine puisqu’elle décède dans cette commune le 10 juin 1920 à l’âge honorable de 83 ans.

 

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L’enquête

Ressources: un ordinateur, une connexion internet, un abonnement FILAE (ou un peu plus de patience), Gallica, des archives numérisées, et un logiciel type HEREDIS ou un compte Généanet

Voici les éléments dont je dispose au début de l’enquête: un couple, Sabine MOYNE et Pierre Philippe ROLLAND, leurs âges et deux de leurs fils, Joseph Augustin et Xavier Léandre avec leurs âges au décès.

Première étape: rechercher l’acte de mariage du couple avec Filae lorsqu’on a un abonnement ou bien par déduction, le fils Joseph Augustin étant né vers 1861 (recherches dans les tables décennales +/- 10ans avant maximum, soit entre 1851 et 1862).

Mariage du couple le 29 octobre 1856 à St Saturnin

–> Données recueillies: Date et lieu de naissance et de domicile des époux, identités des parents

Nous avons de la chance car le couple s’est marié dans la commune où sont nés les enfants. Autrement, il faut chercher les publications des bans, qui donnent le nom des communes de naissance des deux futurs et rechercher de préférence dans la commune de la future épouse.

Pour confirmer toutes ces données, je recherche les actes de naissance de chaque époux.

Quelques mots sur l’histoire de Pierre Philippe ROLLAND : sa mère meurt  lorsqu’il a 5 ans. Il a une sœur ainée, Augustine (1827). Son père se remarie en 1844 avec Marie Ursule PONS, originaire de Caromb. Mélanie (1847) et Théophile (1856-1857) naitront de cette nouvelle union. Augustine se marie avec Joseph BLOUVAC, un cultivateur du village en 1846 et aura une fille, Catherine (1848). En 1854, le choléra frappe le Vaucluse. La famille ROLLAND n’est pas épargnée puisque Augustine et Mélanie succomberont à la maladie en aout.

Nous avons du mal à nous représenter, à notre époque, quel a pu être le retentissement d’un tel fléau sur une famille. Ci-dessous, un schéma pour mesurer l’impact du choléra sur les proches du couple à travers ses quatre vagues successives

Impact Choléra

Deuxième étape: retrouver tous les enfants du couple.  Recherche dans les tables décennales les naissances et éventuels décès puis recherches des actes individuels.  En parallèle, je cherche la famille sur les recensements du village de 1856 à 1886 (2M 216).

Un moyen d’obtenir des renseignements complémentaires sur les garçons est de rechercher leurs fiches matricules.

  1. Joseph Augustin : classe 1881 matricule 1476 bureau d’Avignon R1162 / recherche sur l’épidémie de fièvre typhoïde ayant touché l’Armée française au Tonkin en 1885 sur Gallica
  2. Xavier Léandre: classe 1882, fiche matricule introuvable
  3. Étienne: classe 1884 matricule 245 bureau d’Avignon- Étienne est réformé en 1909. Il est donc décédé après cette date.

FRAD084_01R1162_1881_0007 Fiche Matricule

Troisième étape: rechercher les parents de Sabine et son éventuelle fratrie

Pour avoir une première idée du schéma familial de Sabine, je recherche sa famille dans le recensement de 1846 du village de Mormoiron (6M 168).

recensement Mormoiron 1846 a

recensement-mormoiron-1846-b.jpg

Je m’intéresse tout d’abord au premier prénom indiqué, Delphine, avec la précision « fille cadette » (sous-entendu qu’il y a une fille ainée?). Le recensement indique son âge, 25 ans en 1841. Il faut faire attention à l’âge indiqué sur les recensements, il n’est pas rare qu’il soit différent de quelques années, en plus ou en moins, de l’âge réel. Rien sur Filae, ni dans les TD de Mormoiron entre 1810 et 1820.  Il y a par contre un acte de naissance au nom de Marie Joséphine, avec les mêmes parents. Deux hypothèses: soit cette Marie Joséphine est décédée avant 1841, soit Delphine s’est transformé en Joséphine, ou encore c’est un « surnom » devenu prénom usuel.  Il me semble que j’ai déjà rencontré une Marie Joséphine MOYNE sur les registres de St Saturnin lès Avignon cette fois. En effet, suite à l’indexation des registres de cette commune, seules deux femmes ont porté ce nom sur la période donnée. Je retrouve les données enregistrées sur mon logiciel HEREDIS. Sur son acte de décès, le 14 février 1900, un des deux témoins est Étienne ROLLAND, neveu de la décédée. Marie Joséphine est donc bien la sœur de Sabine. Grâce à Filae, je retrouve rapidement 4 documents la concernant, 4 publications de bans dans deux communes différentes: Mormoiron et Le Thor. L’acte de mariage est rapidement retrouvé. Marie Joséphine a épousé un certain Xavier JEAN dit Itier à St Saturnin le 15 novembre 1854. « Itier JEAN » est également un des témoins au mariage de Sabine et Pierre Philippe, prénom ou surnom que j’avais pensé mal transcrire au départ. La Delphine du recensement est donc bien cette Marie Joséphine.

Concernant le reste de la fratrie, les actes de naissance sont facilement retrouvés dans les registres de Mormoiron. Leurs parcours sont par contre plus compliqués à retrouver.  Si on s’en tient au recensement, Sabine aurait eu 4 autres frères et sœurs: François Marc (1823), Marie Colette (1826), Marie Paule (1829) et Pauline Véronique (1833).  Le dépouillement des actes m’indique qu’un frère supplémentaire, Marc Barthélemy (1819-1819) est né et décédé avant la naissance de Sabine.

tableau de bord Recensements fratrie

Après une rapide recherche sur FILAE, nous apprenons que Colette est décédée célibataire à St Saturnin en 1870 à l’âge de 46 ans, et que Pauline Véronique s’est mariée à St Saturnin en janvier 1860 avec Sébastien REQUIN. Ne trouvant rien d’autre, notamment sur leurs décès et d’éventuels mariages ou remariages, je me tourne vers une source trop peu utilisée: les tables de successions et absences.  C’est en effet un des moyens pour retrouver un décès hors période de l’état civil numérisé (arrêt en 1912 en général pour les AD de Vaucluse et 1923 pour les tables décennales) est de chercher dans les répertoires des successions et absences (qui sont numérisées jusqu’en 1923 en Vaucluse). Ces tables sont dressées par l’enregistrement du bureau correspondant au lieu de décès de la personne recherchée, et sont classées par ordre alphabétique. Plusieurs bureaux existent en Vaucluse. Par exemple, pour un décès à Mormoiron, il faut se tourner vers le bureau de Mormoiron, pour un décès à St Saturnin, vers le bureau de l’Isle sur la Sorgue et pour un décès à Vedène, vers le bureau d’Avignon, etc. etc.  Ces tables nous renseignent sur la profession, l’âge, la date et le lieu du décès,  le statut marital, et les héritiers s’il y en a.

2 exemples:

François Marc : renseignement apporté: date du décès / Bureau de Mormoiron, AD Vaucluse, 19 Q 7834, 1895-1912

Table succ et absences Mormoiron 1895-1912 François Marc

Marie Colette: bureau de l’Isle sur la Sorgue,  AD Vaucluse,  19Q6904, 1867-1872

Marie Colette

Grande découverte grâce à ce document: Sabine a une sœur ainée, Marie Élisabeth, née en 1816, qui a épousé Hyppolite Joseph CARITOUX en mai 1838. Ensemble ils auront 6 enfants (d’où le terme de fille cadette pour « Delphine » sur le recensement vu plus haut).

Grâce à aux indices découverts sur la fiche de Marie Colette, et un peu plus loin dans mes recherches, je remarque dans le recensement de 1872 de St Saturnin que Marie Joséphine, sans enfant, vit avec son mari et sa nièce REQUIN Delphine, âgée de 10 ans. Par déduction, je recherche donc une naissance à ce nom à Entraigues dans les années 1862. BINGO. Grâce à FILAE, je poursuis mes recherches et je trouve son mariage en 1899 à Avignon avec BERINGUIER Louis. On y apprend que la jeune femme est cuisinière, et plus important concernant notre volonté de raconter l’histoire de Sabine, que sa mère Pauline Véronique est décédée à Calvisson (Gard) le 29 avril 1869.  En recherchant le parcours de ces deux enfants, et au fil des sources disponibles (recensements, mariages) nous pouvons dire que Delphine a été placé chez sa tante Marie Joséphine enfant, et que leur père a un domicile inconnu en 1888 lors du mariage de Joseph. Aucune trace de Joseph entre le décès de sa mère et son mariage.  Les liens entre cousins restent forts puisque Étienne est témoin lors de ce mariage. Joseph  décède à l’âge de 28 ans le 23 septembre 1889 à Monteux.

Le frère de Sabine, François Marc perd sa fille unique prématurément. En effet, veuve, Delphine décèdera à l’âge de 43 ans en 1904 à Marseille

Quatrième étape: la vie de Sabine et d’Étienne après le décès de Pierre Philippe.

Au décès de Pierre Philippe, Sabine et son fils Étienne restent dans la maison familiale. Je ne trouve pas d’actes de décès concernant Sabine sur la période numérisée, ni d’acte de mariage ou de décès concernant son fils Étienne (notamment pas de mariage en mention marginale sur son acte de naissance) sur la commune de St Saturnin.  Je me tourne alors de nouveau vers les tables de successions et absences du bureau de l’Isle sur la Sorgue au cas où, par manque d’attention, son décès m’aurait échappé dans les registres de St Saturnin lès Avignon, ou si elle est retournée vivre au Thor, (dépendant du bureau de l’Isle aussi). Rien. J’imagine alors qu’Étienne s’est marié et qu’il a installé sa mère dans son nouveau foyer. Statistiquement, bon nombre de jeunes hommes ou de jeunes femmes de St Saturnin, lorsqu’ils n’épousent pas une personne du village, se marient avec des Vedénais, commune voisine. Vedène est rattachée au bureau d’Avignon. J’entreprends donc des recherches dans les registres d’enregistrement de cette localité. Manque de chance, les numérisations s’arrêtent en avril 1908. Il ne me reste donc qu’à croiser les doigts et à espérer que Sabine est décédée avant 1923. Je me lance dans les tables décennales de Vedène. Jackpot! Je trouve l’acte de décès de Sabine en date du 10 juin 1920. J’en profite pour chercher un éventuel mariage d’Étienne, rapidement trouvé grâce aux TD: 19 juin 1897, avec Émilie COUPARD. Sabine ne signe pas sur l’acte de mariage de son fils. Nous apprenons que ce dernier exerce la profession de maçon.

Petit mystère: malgré de multiples vérifications, Sabine et Étienne ne sont pas présents sur le recensement de St Saturnin en 1896. Par contre, la présence du jeune couple et de Sabine sur le recensement du village en  1901 est confirmée. Étienne, sa famille et Sabine ont dû s’installer à Vedène après la naissance de leur troisième enfant puisqu’ils sont tous domiciliés au quartier de Cheval Blanc à Vedène en 1906.

quartier cheval blanc - Vedene

Cinquième étape: la descendance d’Étienne. Pour la retrouver, je me penche dans les registres NMD de St Saturnin et de Vedène.

3 enfants naissent du couple

  • Marie Lucie Joséphine, née en 1898 à St Saturnin. Aucune trace d’un mariage, même à un âge « avancé ». J’imagine donc qu’elle est morte célibataire. Si tel est le cas, la lignée de Sabine se serait éteinte avec elle.
  • André Jean Pierre, né en juillet 1899 et décédé en juin 1900 à St Saturnin
  • André Paul Marius, né en novembre 1900 et décédé en janvier 1923. Grâce au Grand Mémorial, la découverte de sa fiche matricule est rapide. Classe 1919 matricule 1198 Bureau d’Avignon

ROLLAND André

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Voilà pour une rapide enquête sur Sabine MOYNE, une parfaite inconnue réalisée sans bouger de chez moi, grâce aux efforts de numérisation des AD de Vaucluse. De nombreux autres aspects seraient à découvrir ou à approfondir en se rendant physiquement aux Archives départementales, comme le compte rendu du conseil de famille lors de son mariage, la recherche d’éventuels achats ou ventes immobilières, un éventuel testament et le compte rendu des différentes successions.

J’espère que ce long article prouvera aux néophytes que rien n’est impossible en généalogie et surtout que cela vous donnera envie de suivre la trace de vos ancêtres. Lancez-vous! Peut-être vais-je vous transmettre le virus…

tableau de bord des recherches

Lou Cacho fiò

Alègre! Alègre!

Mi bèus enfant, Diéu nous alègre!

Emé Calèndo tout bèn vèn …

Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens!

 

Frederic MistralDepuis septembre, je prends des cours de provençal avec Michelle. Un pur bonheur! Jeudi dernier, nous avons travaillé sur un texte de Frédéric Mistral, concernant la veillée de Noël. Je ne résiste pas au plaisir de vous en partager un extrait, dont la dernière phrase (ci dessus) résonne encore de nos jours lors du traditionnel repas familial de Noël.

 

 

 

Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la « bûche de Noël », qui — c’était de tradition — devait être un arbre fruitier. Nous l’apportions dans le Mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d’un bout, moi, le dernier-né, de l’autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant :

Allégresse ! Allégresse,
Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d’allégresse !
Avec Noël, tout bien vient :
Dieu nous fasse la grâce de voir l’année prochaine.
Et, que si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

Et, nous écriant tous : « Allégresse, allégresse, allégresse ! », on posait l’arbre sur les landiers et, dès que s’élançait le premier jet de flamme:

À la bûche,
Boute feu !

disait mon père en se signant. Et, tous, nous nous mettions à table.

– Frederic Mistral – Memòri e raconte – 1906

Bûche

Ainsi, la veillée de Noël commençait par la coutume païenne du Cacho-fiò, relative au solstice d’hiver. L’allumage rituel du calendau (bûche de Noël en provençal) correspondait au rite du feu neuf, le feu du premier soleil de la nouvelle année.

Après avoir fait trois fois le tour de la cuisine ou de la table (nappée de trois nappes blanches, là encore un symbole de la Trinité), le plus ancien et le plus jeune (lou caganis) de la maison portaient ensemble au feu une bûche d’un arbre fruitier coupé de l’année. Ensuite on pouvait se mettre à table pour le gros souper traditionnel (avec ses treize desserts). Dans cette société très superstitieuse, la bûche devait brûler trois jours et trois nuits. Une fois calcinée, elle devenait miraculeuse. Ses cendres et morceaux de charbon étaient ensuite placés dans les étables pour protéger le bétail des maladies.

Musée Arlaten - Arles

Quelles sont les traditions de vos régions?

Bonnes fêtes à tous et a l’an qué ven! 

Creche traditionnelle - JL BATTU

Creche traditionnelle – JL BATTU

Charles COTTAREL ou la force de caractère face à l’adversité…

Charles, Jeanne et Mélina

Voici un article que je prépare depuis longtemps.  Un article plus long qu’à l’accoutumée, mais c’est le moins que je puisse faire pour essayer de cerner ce personnage atypique.  Au départ, comme souvent, une légende familiale, l’épouse de cet oncle aurait été une martyre en Indochine, sans que personne ne puisse me dire son identité, de quoi aiguiser ma curiosité…

Cet article est aussi la vitrine de la richesse et de la chance que nous avons en France de bénéficier de services d’Archives compétents et variés.

Enfin, mettons de côté notre jugement contemporain de l’Histoire du colonialisme pour appréhender la vie de Charles, un français élevé dans une Société fière de son empire colonial qui n’a pas senti venir le désir d’émancipation des peuples indigènes. Autre temps, autre mœurs…

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         Charles François Joseph COTTAREL nait le 27 février 1884 à Allex (Drôme). Son père, Charles, est employé comme cocher chez la baronne du village, depuis qu’il a quitté son village de Loisieux en Savoie dans les années 1875-1880.

Il y épouse Mélina LESTRAT, une jeune femme du village voisin d’Eurre, lingère, également au service de la baronne. Ensemble ils auront deux enfants : Charles en 1884 et Jeanne, née en 1886.

Charles père décède à 41 ans en 1890. Après ce décès prématuré et avec deux jeunes enfants à charge (6 et 4 ans), Mélina reste encore quelques temps auprès de la baronne en tant que lingère puis fait venir de Savoie Nizier COTTAREL, neveu de son défunt époux, pour reprendre la place de cocher laissée vacante (Mon AAGP).

 

Le miraculé de Lourdes

Charles COTTAREL à Lourdes

A 17 ans, en 1901, Charles est atteint de la tuberculose. Sa mère, très croyante, comprenant que son fils est condamné, décide en dernier recours de l’emmener à Lourdes, muni d’un certificat médical du médecin d’Eurre. Charles, Mélina et Jeanne arrivent en la cité miraculeuse le 3 juin 1901. Les Annales de Lourdes relatent les faits :

 

 

 

 

 

 

Carrière militaire

Fiche matricule de Charles, AD Drôme, bureau de Montélimar, classe 1904, matricule 110

D’abord dispensé de service militaire en 1904 par le bureau de Montélimar car fils unique de veuve, Charles intègre le 52e régiment d’infanterie d’octobre 1905 à septembre 1906.

Sa fiche matricule nous donne quelques renseignements physiques : blond, les yeux bleus, mesurant 1m77, il a une cicatrice à la joue gauche et sous le cou.

Charles s’engage ensuite pour 5 ans en octobre 1906 pour le 3e régiment d’Artillerie Coloniale et met les pieds pour la première fois en Cochinchine en octobre 1907.

Il passe premier canonnier servant en décembre 1910 et se réengage pour 5 ans. Il devient brigadier en juin 1912 et intègre le 5e RAC en décembre de la même année. Sa mère Mélina décède à cette période, le 17 aout à Allex.  Il passe à nouveau au 3e RAC en septembre 1913.

 La Première Guerre Mondiale

Charles est toujours en Cochinchine lorsqu’éclate la première guerre mondiale. Lors de ce conflit, le 3e Régiment d’artillerie coloniale combat « morcelé ». Une partie, le IIe groupe, a combattu dans l’Armée d’Orient. L’autre partie, dont dépend Charles, est envoyé sur le front Nord-Nord Est.

Après 3 ans sur le Front sans blessures, il est gazé le 19 mars 1918 dans le secteur du Mont Sans Nom (Marne). Charles est envoyé en convalescence pour 1 mois puis retrouve son régiment et le Front sur le même secteur. Il obtient le grade de maréchal des logis le 1er juillet. Gazé de nouveau le 15 aout, il sera de retour aux combats le 2 novembre 1918 et restera mobilisé jusqu’au 15 mars 1919.

Le Parcours de Charles durant la Première Guerre Mondiale reste flou. N’ayant pas connaissance de sa batterie, il m’est impossible de connaitre ses positions. En effet, le site Mémoire des Hommes regroupe pour le 3e RAC, les journaux de marche incomplets de 9 groupes, 156 batteries ainsi que de nombreuses sections de munitions. Seules quelques brides de son parcours sont racontées au fil de ses lettres.

Retour en Cochinchine  1919-1927

Carte de l’Indochine en 1922

Charles prend le bateau avec son régiment pour rejoindre la Cochinchine le 18 avril 1919 avec le 5e RAC. Il restera dans ce régiment jusqu’au 5 novembre 1920, date à laquelle il retrouve la vie civile.

Là-bas, il rencontre N’GUYEN Thi Van, issue de l’élite annamite, fille d’un indigène lettré, interprète de caractères chinois pour l’administration française en 1920.

 

 

 

 

 

 

Depuis 1921, Charles exerce la profession d’inspecteur de Messageries Fluviales de Cochinchine, et ce jusqu’en 1926. Créée en juin 1881 par Jules Rueff après l’échec d’un projet ferroviaire devant relier la Cochinchine au Cambodge, l’entreprise devient la plus puissante d’Indochine grâce à sa flotte de bateaux à vapeurs de rivières adaptés à la navigation des voies secondaires du Mékong.

Cathédrale de Saïgon

Les mariages mixtes ne sont pas bien vus, ni par les occidentaux, ni par les indigènes. Malgré tout, ils se marient civilement le 15 juin 1921 en l’inspection de My Tho.

Thi Van passe ensuite 3 mois cloitrée en l’Institut Sainte Enfance de Saïgon afin d’y apprendre les premières notions du catholicisme. Elle choisit de franciser ses prénoms, Jeanne Marie Joséphine et épouse religieusement Charles le 2 novembre 1921 en la cathédrale de Saïgon.

 

 

 

 

Charles réside très vraisemblablement à Allex chez sa mère avec son épouse à la fin de son contrat, durant quelques mois de mai 1927 à mai 1928. C’est à cette époque que des liens forts se tissent avec ses petits cousins dont Jean, mon arrière-grand-père, notamment lors du décès de Nizier, père de ce dernier et cousin de Charles, en 1927. Il embarque ensuite pour Saïgon et ne reviendra en métropole que vingt ans plus tard.

mai 1928-1947

De retour en Cochinchine, Charles et sa femme vivent durant deux décennies une vie de colons agréable. Ils possèdent une concession de 100 hectares de caoutchouc à Bung Binh (50 km de Saïgon) qu’il a obtenu a un prix préférentiel au titre d’ancien combattant, comme de nombreux européens.

Impliqué dans la vie sociale de Saïgon. Charles reçoit une récompense honorifique de la Mutualité pour services rendus en tant que secrétaire trésorier de la société de secours mutuels des médaillés militaires à Saïgon – Journal officiel de la république française, loi et décrets du 3 aout 1936. En 1947, dans une enquête de moralité versée à son dossier, le gendarme Marcel FUSIL précise que « d’après les renseignements recueillis près des autorités et des voisins de Saïgon, il jouit de l’estime de la population, et est bien considéré. ».

Le couple n’aura pas d’enfants.

carte zoom cochinchine

Journal La Croix – Aout 1934

 

 

De son côté, Jeanne, la sœur de Charles, en France, prend l’habit de religieuse au Monastère de la Visitation de Tarascon (31 août 1934).

 

Déjà de constitution pulmonaire fragile, les différentes intoxications aux gaz reçues durant les combats de la Première Guerre Mondiale affaiblissent Charles. Sa santé décline. Dès 1925, une commission de réforme lui attribue une petite pension pour « bronchite chronique consécutive à l’inhalation de gaz ». De commission en commissions (1925, 1927, 1929), le taux de pension augmente pour atteindre 100% en 1931. Verdict : « Pension définitive d’invalidité à 100% 6e degré pour tuberculose pulmonaire consécutive à une intoxication par gaz de combat« . Condamné au repos, alité, les médecins ne lui laissent que peu d’espoir. C’est à ce moment que toute la combativité de Charles se réveille. Il a bien reçu une médaille militaire en décembre 1929 pour ses états de service mais l’injustice est trop grande. Pourquoi avoir été « miraculé » à Lourdes pour finir ainsi ? Charles veut une reconnaissance de l’État Français pour ses souffrances, autre que pécuniaire. Il multiplie les courriers et souhaite recevoir la Légion d’Honneur.

« Condamné à mort par 4 docteurs successivement fin 31 – civils ou militaires – j’ai moins que quiconque le droit de compter sur demain et le pouvoir d’attendre, et parceque je ne voudrais pas quitter d’ici – ou quitter ce monde- sans les avoir eus en main, j’ose espérer que le chancelier comprendra ce qu’a d’émouvant, voire de tragique, ma situation et m’accordera la Priorité d’envoi de tout cela. Du fond de l’Âme, Merci cher compatriote et ami. » 2.09.1932

Le 13 aout 1932, le Général Vallier, après avoir fait prendre les armes à la garnison de Saïgon, remet les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Charles. 

Chevalier de la Légion d’Honneur

Villa Jeanne au Cap St Jacques

 

Cette reconnaissance de la Nation apaise quelques peu Charles. Le couple acquiert une propriété au Cap St Jacques en 1934, renommée la « Villa Jeanne ».

 

 

Pendant des décennies, Le Cap St Jacques était le point de passage obligé de tout voyageur se rendant en Indochine par bateau. Située à l’extrémité d’une petite péninsule, à 125 km au Sud Est de Saïgon, la ville doit son nom aux navigateurs portugais qui passèrent le long de cette côte au XVe siècle. La Cap est une station balnéaire et un centre militaire important. Au bord de la mer, les paysages ressemblent aux rivages méditerranéens. Les occidentaux se font construire des manoirs de type Art Déco, comme en témoigne la Villa Blanche, édifiée en 1898 pour le gouverneur Paul Doumer (président de la république de mai 1931 à mai 1932).

 

cap st jacques 1937

Le Cap St Jacques en 1937 – photo belleindochine.free.fr

La Seconde Guerre Mondiale

Au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, en 1939, Charles a 55 ans. Comme le reste de l’Indochine, le territoire de la Cochinchine est occupé par l’Armée du Japon. Fin juillet 1941, quatre cuirassés et douze croiseurs nippons apparaissent au large du Cap St Jacques. Les troupes débarquent le 30 juillet 1941.  Ils soumettent les troupes françaises d’Indochine mais laissent en place l’administration coloniale et le gouverneur général DECOUX nommé par le gouvernement de Vichy. Cinq ans plus tard, repoussés par la contre-offensive américaine, les japonais craignent que les troupes françaises ne tentent de les chasser d’Indochine. Ainsi, le 9 mars 1945, les japonais attaquent les garnisons françaises. 2650 soldats français sont tués, 3000 sont fait prisonniers et rejoignent des camps comme celui de Hoa-Binh. Parmi les 19 000 civils français, 3000 sont aussi internés. Les autres sont astreints à résidence forcée sous la menace de la Kempeitai (police politique impériale nippone). Ainsi Jeanne et Charles sont retenus prisonniers à leur domicile, sans possibilités de soins malgré la fièvre tenace qui clou Charles au lit du 9 mars au 5 avril 1945. Séparés brutalement le 6 avril 1945, ils se doutent bien que c’est la dernière fois qu’ils se voient. Charles est envoyé dans un camp à Saïgon. Il a 60 ans.

En aout 1945, au moment d’annoncer la capitulation, les japonais acceptent les revendications du gouvernement indépendantiste vietnamien à savoir le rattachement de la Cochinchine au reste du Vietnam. Hô Chi Minh prend le pouvoir au cours de la Révolution d’Aout. Le 25, il proclame à Saïgon un Comité à majorité communiste, présenté comme l’autorité légitime en Cochinchine. L’Indochine vit à l’automne 1945 une situation chaotique : le pouvoir Viet Minh est bien moins assuré en Cochinchine qu’au Tonkin et au Nord de l’Annam. Les groupes nationalistes s’agitent. Des français sont assassinés à Saïgon durant tout le mois de septembre, notamment durant la nuit du 24 au 25 septembre, où près de 300 personnes sont massacrées dans la cité Hérault, habitée par des fonctionnaires

Ce même jour, les Viêt Minh incarcèrent Jeanne au Cap, puis à Logdien et enfin à Baria, durant 3 mois. Son crime ? « Avoir trahi sa race, s’être faite volontairement chrétienne et française« . Puis l’ayant faite revenir au Cap, à la fin novembre, ils la décapitent sans autre forme de procès et jettent ses restes dans les marais de Ti Wan. Selon plusieurs témoignages et grâce à l’enquête de la commandante Torrès, ses derniers mots auraient été « Vous me couperez la tête mais jamais vous ne me séparerez de Cottarel. Vous verrez quand les français seront ici !« 

Débarqués en octobre 1945 et commandées par le Général Leclerc, les troupes françaises repoussent difficilement les Viêt Minhs et ont dû mal à reprendre l’Administration en main, faute d’hommes et de moyens.

Il est difficile de retracer le parcours de Charles durant cette période. « Emprisonné un mois par les japonais du 9 mars au 5 avril 1945, puis relégué à Saïgon en vue des camps de concentration, souffert le martyr à Saïgon du 6 avril 45 au 7 février 48 » Impossible de connaitre dans quelles conditions et quand Charles a appris le décès de son épouse. À sa libération Charles se retrouve démunit, « une épave … » selon ses propres mots. 

Sinistré total, devenu une épave, par les pillages des Viêt Minh, je ne puis pas même élever une stèle commémorative en la Mémoire de cette femme, que j’ai aimée de toutes les fibres de mon être, depuis 25 ans, et qui a emporté mon âme avec elle, au point que si je n’avais pas eu une sœur religieuse (…) et mes parents bien aimés qui dorment au cimetière de mon village natal (…), chrétiens sincères naguère, je me serais suicidé au véronal. Je ne puis pas rendre ce dernier devoir à mon épouse (et vous savez l’importance d’un tombeau pour les Amanites, bouddhistes ou chrétiens, eux qui honorent les âmes errantes de corps laissés sans sépulture … – C’est pourquoi les Viêt Minh, en jetant ma femme à l’eau au Cap après lui avoir tranché la tête en haine de la France, ont été cruels au delà de toute expression, vu leurs valeurs millénaires…) septembre 1947

Nous retrouvons Charles en 1946 dans un hôtel de Saïgon, n’ayant que sa retraite de sous-officier et sa pension de blessé de guerre comme revenus. Interdit d’accès sur ses terres, il est ulcéré lorsque l’État vietnamien lui en réclame les taxes foncières. De nouveau, il souhaite la reconnaissance de l’État Français.

 

 

 

 

1442335460-officier-de-la-la-gion-d-honneur-recto copie

 

Se sachant condamné, à bout de forces, Charles refuse d’être rapatrié avant d’avoir entre ses mains l’insigne d’Officier de la Légion d’honneur. Dès réception, il embarque sur le navire hôpital le Chantilly le 7 février 1948 en tant que rapatrié sanitaire. Charles arrive à Marseille le 4 mars, 20 ans après avoir quitté la métropole.

 

 

 

le Chantilly

Rapatriement et fin de vie

D’esprit combattif, Charles n’aura de cesse de vouloir faire reconnaitre que sa femme est « Morte pour la France », en écrivant à maintes reprises à M. Vaucelle, secrétaire général de l’office colonial du combattant à Saïgon, titre qu’elle obtiendra après de nombreuses enquêtes et contre-enquêtes en septembre 1947. Son nom est inscrit sur le mémorial indochinois de Valence.

Mémorial des Drômois et Ardéchois morts pour la France en Indochine 1940- 1956 / Valence

***

Sa sœur Jeanne étant cloitrée au monastère de Tarascon (elle y décédera en 1954), Charles s’installe à Malaucène, au pied du Mont Ventoux, au printemps 1948 où vit sa plus proche famille, son petit cousin Jean (mon AGP).

Charles aura toujours pour rêve de retourner à Saïgon.

(…) Je suis domicilié en Cochinchine, propriétaire d’un terrain et d’une maison (en ruines mais n’importe), je ne suis que résident ici. Je fais le rêve de revoir la « Cochinchine ». 2 février 1951

(…) je ne suis que de passage en France, car je retournerai à Saïgon. 3 juillet 1951

Sa vie à Malaucène est difficile. La plupart du temps alité à domicile, Charles ne s’intègre pas à sa nouvelle vie et a beaucoup de ressentiment envers les français de métropole, surtout les fonctionnaires qui n’ont que faire d’un sinistré d’Indochine. Les relations sont tendues avec le secrétaire général du Comité des Anciens Combattants d’Avignon, M. Corsico Vilanova, qui le menace ouvertement: « Un autre préfet avait fait enfermer à vie à l’asile des fous du Vaucluse un autre rouspéteur ». Charles s’en plaint dans un courrier du 3 juin 1951 à M. Mialin, directeur de cabinet et commissaire de la République du Sud Vietnam.

Charles se bat alors pour recevoir l’insigne des Parents des morts pour la France, médaille qu’il reçoit des mains du maire de Malaucène le 16 juin 1951 après bien des courriers à l’Administration.

lettre charles juin 1951

Lettre de Charles à M. Vaucelle, secrétaire général de l’Office Colonial du Combattant à Saïgon – 25 juin 1951

« Ma (nouvelle ndlr) femme souffrait trop de me voir tant souffrir de cette … incompréhension (par euphémisme) métropolitain en égard aux « Morts pour la France » de l’Indochine. J’ai reçu le samedi 16 juin dernier l’Insigne des Parents des morts pour la France, grâce à vous, à votre chef Mr le Délégué, à Mr Mialin et le Général Chauson.
A tous Merci! Culte du souvenir.
Alité sur mon grabat depuis 7 mois passés, j’ignore le laps de temps qui me reste encore à passer sur terre, il est vraisemblable que ce sera bref. Que la pensée d’avoir adouci l’amertume au cœur d’un français, vous soit une noble et agréable satisfaction! Cordial respect – Cottarel

 

Acte de décès

 

Charles se remarie et redeviendra veuf par deux fois puis vit en concubinage avec son infirmière, près de laquelle il sera inhumé. Mes grandes tantes se souviennent de lui comme d’un homme alité et diminué dans les années 1955-1960. Elles se rappellent toutefois de sa voix de baryton, qu’il utilisait pour chanter … fait étrange pour un homme atteint aux poumons. Il décède à Malaucène le 28 novembre 1960, à l’âge de 76 ans.

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En résumé quel parcours ! Miraculé de Lourdes, Grand invalide de Guerre, trois fois veuf, chevalier puis officier de la Légion d’Honneur, Charles méritait bien un tel hommage. Difficile de cerner cet homme. À la lecture de ses lettres, Charles apparait comme un homme meurtri, à la fois fidèle à la Nation française, de par sa carrière militaire, mais se sentant la victime abandonnée de celle-ci, ayant mené une lutte pour la reconnaissance de ses sacrifices et de ses souffrances, comme bien des hommes de sa génération, face aux lenteurs administratives, au peu d’intérêt et d’empressement que peuvent porter parfois (souvent) les élites dirigeantes aux hommes qu’ils gouvernent.

Un parcours hors du commun à bien des égards, un homme passionné et passionnant, qui aura mené tous les combats de sa vie de front. Un homme dont le nom mérite de sortir de l’oubli, Charles COTTAREL, ce combattant de la Vie…

 

Cimetière de Malaucène. Deux erreurs sur sa plaque tombale: COTARE sans L et 1887 au lieu de 1884

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Cet article est amené à évoluer, l’enquête étant toujours ouverte sur certaines zones d’ombre de la vie de Charles

Titres, Distinctions et Insignes reçues par Charles COTTAREL:

  • Médaillé militaire – 1er décembre 1929
  • Chevalier de la Légion d’Honneur – 2 janvier 1932
  • Officier de la Légion d’Honneur – 25 janvier 1948
  • Insigne et Brevet des Parents des Morts pour la France remise le 16 juin 1951 par le maire de Malaucène.

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Remerciements:

Merci au Service Historique de la Défense pour m’avoir communiqué le dossier de Jeanne, au service des archives de Lourdes et à la mairie de Malaucène.

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Pour en savoir plus:

  • Journaux de marche du 3e RAC

Bilan – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes

Bilan de la Première Guerre Mondiale à St Saturnin lès Avignon

en quelques chiffres

4 aout 1918 – Le 58e RI d’Avignon quitte la caserne Chabran pour le Front

 

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Cette série d’articles sur les poilus de St Saturnin vous a donné envie d’en savoir plus sur les poilus de votre famille? Voici la « marche à suivre d’une recherche « classique »:

A noter, le site « Grand Mémorial » est une base nationale qui regroupe les bases de matricules des archives départementales, des Archives nationales d’Outre-mer et du ministère des Affaires étrangères ainsi que la base des Morts pour la France 14-18. Attention toutefois, l’indexation n’est pas exhaustive. Aussi nous vous conseillons d’effectuer vos recherches de la façon indiquée ci-dessus si « votre poilu » n’apparait pas dans les résultats de cette base.

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11 novembre 2018

Ces chiffres sont amenés à évoluer. Une enquête plus poussée sera menée en 2019 en vue de la rédaction d’un livre sur St Saturnin lès Avignon durant les années 1910-1960. Aussi, nous appelons les saint-saturninois à nous ouvrir leurs archives, afin de partager leurs souvenirs familiaux, récits, témoignages, photos, cartes postales.

 

 

 

 

 

 

Liens:

Registres matricules du Vaucluse: http://earchives.vaucluse.fr/document/FRAD084_IRL000008#description

Journaux de Marche des Régiments: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/recherche.php?fam=5

Archives du Comité International de la Croix Rouge: https://grandeguerre.icrc.org/fr/File/Search/

Morts pour la France: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/base_morts_pour_la_france_premiere_guerre/

Grand Mémorial: http://www.culture.fr/Genealogie/Grand-Memorial

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1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

7/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1916 à 1918

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

Dernier épisode: des classes 1916 à 1918. ALBIN Prosper Auguste, ARNAUDET Pierre François, CEBE Marius Antonin, MALEN Félix, LAMIABLE Henri, RAVET Philippe et DUBEC Marcel Roger

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Classe 1916: ALBIN Prosper Auguste, mort à 20 ans

ALBIN Prosper Auguste, fils de Louis Célestin, charpentier, et de Louise TELMON, originaires de Briançon, nait le 30 avril 1896 à St Saturnin. Alors âgé de 18 ans, il s’engage volontairement dans l’Armée au début du conflit, le 25 août 1914 en la mairie d’Avignon. Ses deux frères, Émile Célestin  et Victor Léon  sont également mobilisés.  Sergent du 52e Régiment d’infanterie cantonné à Montélimar, il est promu caporal le 3 juillet 1915.

De mars à août 1916, le 52e RI tiendra les secteurs du fort de Vaux et du tunnel de Tavannes. Il résistera aux bombardements les plus formidables, surmontant des souffrances et des fatigues inouïes. C’est dans ces conditions que Prosper Auguste perd la vie. Il est tué à 20 ans dans les tranchées de Saales, entre Damloup et Verdun, le 6 mai 1916, sous les bombardements intensifs de l’ennemi. Ce jour là, son régiment perd 9 hommes et compte 6 blessés.

 Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: ARNAUDET Pierre François, mort à 22 ans

ARNAUDET Pierre François, fils de Thomas et de Jacqueline DIDIER, nait le 25 septembre 1896 à St Saturnin.  Il est cultivateur et vit avec ses parents à Velleron lors de sa mobilisation en mars 1916. Il intègre le 86 e RI en avril 1915, puis le 38e Ri en décembre 1915 et enfin le 83e RI, 2e bataillon, en mai 1916. Pierre François apprend le décès de son cousin germain Pierre Gabriel en mai 1917.

Il reçoit une citation à l’ordre de son régiment le 5 janvier 1918. Pierre Gabriel est blessé le 25 avril 1918 et hospitalisé pour 5 jours à Abbeville suivi d’une période de convalescence de 25 jours à Lannion avant de retourner au combat le 21 juin.

Le 17 octobre 1918, une attaque est déclenchée à 5h30 sur la cote 139 par les 1er et le 2e bataillon dans le secteur de Hauteville (Aisne). Le 1er, à droite, ne peut avancer, le 2e, à gauche, en liaison avec le 88e, réussit à progresser d’environ 200 mètres en direction du ravin de la côte 114. L’attaque un moment ralentie, est reprise à 10 heures. Le second bataillon dépasse successivement la route Hauteville—cote 139 et réussit à atteindre le chemin de terre Hauteville 75-25. Au cours de cette avancée, 42 prisonniers sont capturés auxquels s’ajoutent 4 mitraillettes et une mitrailleuse lourde. A la nuit tombée, le chemin de terre Hauteville 78-20 était atteint.

Pierre François est blessé lors de cette attaque et décède des suites de ses blessures le même jour. Il sera le seul tué de son régiment ce jour là et reçoit la Croix de Guerre médaille de bronze à titre posthume. Il est aussi le dernier poilu saint-saturninois décédé sur le Front.

 

« Observateur de bataillon courageux et dévoué, a assuré son service avec zèle malgré de violents bombardements pendant la période du 13 novembre au 14 décembre 1917. » citation 208 du 5 janvier 1918

Secteur du 83e RI – octobre 1918

Matricule 596—Bureau d’Avignon—Mort pour la France , Croix de Guerre—Inscrit sur le monument aux morts de Velleron

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Classe 1916: CEBE Marius Antonin, mort à 20 ans

CEBE Marius Antonin, fils de Jules Joseph et de Françoise MAILLAN, voit le jour à St Saturnin le 23 septembre 1896. Cultivateur, puis ouvrier en peigne, il vit quartier des Aires en 1911 avec ses parents, son frère et ses deux sœurs.

Lors de sa mobilisation en avril 1915, Marius est incorporé au 2e régiment de zouaves à Sathornay dans lequel il devient caporal.

Le 15 février 1916, son régiment se rapproche de Verdun et s’engage, au lendemain de l’attaque, derrière la 72e division sur les secteurs du bois des Fosses, de Beaumont, de Vacherauville et du bois de la Wavrille. Le régiment, en trois jours, a perdu 31 officiers et 1100 hommes, mais Marius Antonin en a réchappé. Sur la rive gauche de la Meuse, il va, en avril et pendant plus d’un mois, défendre le plateau des Rieux qui domine Avocourt. En mai 1916, en avant de la fôret de Hesse, son régiment perd 400 hommes. Le 5 juin, les allemands s’emparent du fort de Vaux. pour rétablir la situation, le Général Nivelle forme une brigade provisoire avec le 2e régiment de zouaves et le RICM qu’il considère comme « les deux plus beaux régiments de France ». Durant dix jours se déroulent de terribles combats. Marius Antonin est tué le 15 juin 1916 au sud du Fort de Vaux (Verdun). Les zouaves ne seront relevés que le 17 après avoir perdu 900 hommes.

Son corps sera enterré à Fleury devant Douamont (Meuse) en la nécropole nationale de Douamont (tombe individuelle 12541).

Secteur de Verdun

Matricule 512—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: MALEN Félix, mort à 21 ans

MALEN Félix,  fils de Maurice et de Marie BERARD, nait à St Saturnin le 27 mars 1896. Tailleur sur cristaux, il vit avec sa famille à Rambervillers (Vosges) en 1915.

Lors de sa mobilisation, il intègre tout d’abord le 21e RI, puis le 152e Ri en novembre 1915 et enfin le 109e RI, 9e compagnie en juin 1916.

Félix décède le premier jour de l’un des plus terribles combats de 1917, la bataille de la Malmaison, qui se déroula du 23 au 25 octobre. Elle tient son nom du fort de la Malmaison, situé à côté du chemin des Dames, dans l’Aisne. Son issu sera le repli des allemands sur la rive droite de l’Ailette. Ce qui rend ce combat notable est sa préparation d’artillerie, d’une intensité qu’on ne reverra plus avant la bataille de Koursk, en 1943: près de 1800 pièces d’artillerie françaises, pour 12 km de front, ont envoyé plus de 3 millions de projectiles en quelques jours.

Félix est donc tué le 23 octobre 1917 à Jouy (Aisne), à 150m au Nord du Poste de commandement d’Ulm, près de la tranchée Léopard.  Ce jour là, son régiment compte 43 tués, 4 disparus et plus de 100 blessés.

Matricule 1269—Bureau d’Épinal—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin, de Rambervillers ainsi que sur le livre d’or de Rambervillers

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Classe 1917: LAMIABLE Henri, mort à 20 ans

Lamiable fiche AiLAMIABLE Henri nait à Montpellier le 9 février 1897 dans une voiture, ses parents étant sans domicile fixe. Fils d’Albert et de Blanche LEFEVRE, Henri, employé en tant qu’ouvrier verrier chez M. Dupuis. Sa mère, originaire des Ardennes décède jeune. Henri vit ensuite à St Saturnin avec son père Albert, vannier, originaire de l’Aube . Après le décès de ce dernier en novembre 1913, Henri s’installe à Montfrin dans le Gard.

Il est mobilisé le 9 janvier 1916 et intègre le 75e RI de Romans. Il passe ensuite par le 140e RI de Grenoble et le 4e RI d’Auxerre. C’est au sein de ce régiment qu’il est promu caporal le 16 avril 1918.

« Bon soldat volontaire pour les missions délicates. A exécuté plusieurs patrouilles dangereuses » citation 413

Henri est tué le 18 juillet 1918 au combat du Bois de Courton (Marne). Il est décoré de la Croix de guerre étoile de bronze à titre posthume.

Matricule 522—Bureau – Mort pour la France—Croix de guerre étoile de bronze. Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie. Il est aussi inscrit sur le livre d’or et le monument aux morts de Montfrin.

 

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Classe 1917: RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, mort à 21 ans

RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, fils d’Henri Roger et de Marie Rose BOUSTIER, voit le jour à St Saturnin le 19 juin 1897. En 1911, alors âgé de 14 ans, Marius vit quartier des Grès avec ses parents et ses trois sœurs.

Il incorpore le 40e RI à compter du 1er janvier 1916 puis passe au 273e RI le 21 mars 1917. Marius disparait le 1er juin 1918 à l’Échelle (Aisne). Sa famille, dont son beau frère Marcel BOYER, mobilisé lui aussi, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge en espérant une captivité ou une hospitalisation. Ils reçoivent une réponse négative le 18 novembre 1918. Ses camarades de régiment indiquent par la suite que son corps a été enterré en la nécropole Vauxbuin (tombe 119 carré D).

Un jugement du tribunal d’Avignon du 13 décembre 1921 fixe son décès au jour de sa disparition.

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Matricule 544—Bureau d’Avignon– Mort pour la France – Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1918: DUBEC Marcel Roger, mort à 20 ans

DUBEC Marcel Roger, né à Entraigues le 16 novembre 1898, vit avec ses parents Antoine et Thérèse TEISSIER ainsi que ses deux sœurs à St Saturnin en 1911, quartier du Sablas. Marcel est ouvrier d’usine tout comme son père chez M. Despert et sa sœur Virginie, ouvrière en soie chez M. Bérud.

Incorporé au 22e régiment d’infanterie coloniale le 18 avril 1917, Marcel passe ensuite au 173e RI en juillet 1918. Rejoint par des troupes canadiennes, le régiment reçoit l’ordre de reprendre le village de Fresnoy-les-Roye. Blessé lors des combats, il meurt des suites de ses blessures le 23 aout 1918 « à l’ambulance » dans le secteur du Plessier-Rozainvillers (Somme). Son corps a été inhumé dans la nécropole nationale de Montdidier (tombe 1330).

Matricule 986—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de Saint Saturnin., le livre d’or et la plaque commémorative de la mairie.

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A suivre…

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

 

 

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

6ème épisode: des classes 1914 à 1915. BERNARD Marius Louis, GUERAUD Jean Marie, JEAN Eugène, BOUCHE Antonin, CEBE Georges Claude, CHAUTARD René, MARCELIN Étienne, NITARD Victor Joseph et SAUVAN Marcel François

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Classe 1914: BERNARD Marius Louis, mort à 21 ans

BERNARD Marius Louis, fils de Joseph Dominique et de Virginie ROUCHON, est né le 12 mai 1894 à St Saturnin. Sur le recensement de 1911, Marius vit dans le centre du village avec sa mère, sa sœur Fernande et son frère Élie Lucien. En avril 1914, il épouse Angeline GAINTRAND. Un petit Charles Albert voit le jour le 26 septembre 1914, après la mobilisation de Marius.  Il exerce la profession de journalier chez M. FABRE lorsque la guerre éclate.

Incorporé au 38e régiment d’artillerie de campagne, il passe ensuite au 22e régiment d’infanterie coloniale de Marseille. Blessé le 25 septembre 1915, il décède le 30 prés de Minaucourt (Marne). Marius Louis est enterré dans la nécropole nationale de Pont du Marson (tombe 1013). Le malheur frappera encore la famille puisque le petit Charles Albert décédera en janvier 1916, à l’âge de 16 mois.

Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin. Son nom figure également sur la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1914: GUERAUD Jean Marie, mort à 24 ans

GUERAUD Jean Marie Alphonse Fidelin nait le 19 aout 1894 à Villard-Reculas (Isère). Fils de Marius et de Joséphine MICOUD, Jean Marie n’apparait pas sur le recensement de 1911 alors que ce document note son père, papetier, résidant quartier de Gromelle. Jean Marie y épouse Marie Ada Anna IMPERIALI en mai 1914. Deux enfants naitront de leur union, Irène en juillet 1915 et Armand en septembre 1917.

Mobilisé, Jean Marie est incorporé au 58e RI d’Avignon à compter du 17 décembre 1914 puis passe au 149e RI d’Epinal en mai 1915, régiment dans lequel il sera promu caporal (1er mars 1918) puis sergent (11 juin 1918). Dès juillet, il reçoit une citation pour son courage.

Jean Marie est tué  le 13 octobre 1918 sur le champ de bataille du secteur d’Orfeuil (Ardennes). Sa deuxième citation relate les conditions de son décès. Son corps est enterré dans la nécropole nationale d’Orfeuil.

« Par son énergie et son exemple, a maintenu son équipe de F.M. sous le feu violent de mitrailleuses préparent l’assaut et a enrayé ensuite la progression ennemie. » citation 211 du 11 juillet 1918

« Sous-officier chef de demi section très énergique, entraineur d’hommes. A l’attaque du 13 octobre 1918 en conduisant sa section, a eu les deux jambes coupées par des éclats d’obus au moment où il arrivait sur sa position. Mort de la suite de ses blessures.» citation 233 du 4 novembre 1918

Matricule 233—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1914: JEAN Eugène, mort à 21 ans

JEAN Eugène Marie Séraphin nait le 9 aout 1894 à St Saturnin. Fils de Lucien Paul et de Virginie NOGIER, tous deux instituteurs, Eugène, bachelier, réside à Orange lors de sa mobilisation en septembre 1914.

Incorporé au 163e régiment d’infanterie, il passe au 13e régiment d’infanterie en février 1915. Eugène est tué le 1er avril 1915 au Bois le Prêtre (Meurthe et Moselle) et est inhumé au cimetière de la ferme du Pétang (Montainville).

Matricule 394—Bureau d’Avignon— Mort pour la France –Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or d’Orange.

 

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Classe 1915: BOUCHE Antonin, mort à 26 ans

BOUCHE Antonin, fils de Louis François et de Pauline FAVIER, nait à St Saturnin le 14 janvier 1895. La famille suit le père, tantôt charretier, tantôt ouvrier d’usine, dans les différentes villes où celui-ci trouve du travail: Orgon, St Saturnin, Entraigues et enfin Avignon où Antonin est recensé en 1911. Il exerce alors la profession de cocher-livreur.

A la déclaration de la guerre, père et fils sont mobilisés. Antonin est incorporé au 163e RI de Nice à partir du 17 décembre 1914. Il est blessé aux oreilles par éclats de bombe à Flirey (Meurthe et Moselle) le 31 juillet 1915. Quelques semaines plus tard, il est évacué (22 novembre 1915) à Moully (Meuse) pour une bronchite. En réalité, Antonin a contracté une tuberculose pulmonaire (il est possible que ce soit la grippe espagnole et ses conséquences pulmonaires) en service dont il ne guérira pas. Réformé temporaire, il rejoint le domicile familial à Avignon mais ne retournera jamais au Front. Il décède le 1er aout 1921 à l’âge de 26 ans à Avignon et est reconnu mort pour la France en mai 1930. Antonin est officiellement le dernier poilu saint-saturninois mort pour la France.

Louis, son père, aura été mobilisé du 7 août 1914 au 25 décembre 1918. (matricule 687—classe 1894)

Matricule 1464—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom ne figure sur aucun monument aux morts, ni sur un livre d’or.

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Classe 1915: CEBE Georges Claude, mort à 21 ans

CEBE Georges Claude, fils de Célestin et de Marie Lucie COLOMBIER, voit le jour à St Saturnin le 6 juillet 1895. Journalier, puis papetier à Gromelle, il vit quartier des Grès avec sa mère et ses trois frères en 1911.

Il intègre le 27e Bataillon alpin de chasseurs à pied de Menton le 27 décembre 1914. Les bataillons de chasseurs à pied sont composés généralement d’hommes de petite taille (Georges mesure 1m59), très vifs et excellents tireurs. Ces bataillons rapides agissent en tirailleurs à l’avant de l’infanterie. En novembre 1916, le 27e bataillon est mobilisé sur le secteur du bois de Saint-Pierre-Waast (Somme). Le 5 novembre, une attaque est menée sous le feu violent d’artillerie et de mitrailleuses. Georges est tué  lors des combats, comme 32 autres soldats de son bataillon. Ce jour là, le 27e BCP compte également 170 blessés et 256 disparus.

Matricule 922—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie, le livre d’or de la commune ainsi que sur l’historique du 27e BCP (Gallica)

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Classe 1915: CHAUTARD René, mort à 20 ans

CHAUTARD René Joseph Marie, né le 7 décembre 1895 à Dijon, est le fils d’Étienne et de Marie Joséphine CHIREIX. Un des témoins de sa naissance est René CHAUTARD, son grand père, domicilié à St Saturnin.  René est mécanicien et vit avec sa famille dans le 7e arrondissement de Lyon en 1914.

Mobilisé en décembre 1914, René intègre brièvement le 14e bataillon de chasseurs à pied avant de passer au 114e bataillon de chasseurs en janvier 1915. Il est ensuite incorporé au 2e groupe d’aviation en juillet 1915.

René décède d’une maladie contractée en service à l’hôpital militaire de Desgenettes de Lyon le 22 juillet 1915. Son corps est enterré au cimetière de St Saturnin.

Matricule 1623—Bureau de Lyon Central— Mort pour la France– Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin et la plaque commémorative de la mairie ainsi que sur le livre d’or de Lyon

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Classe 1915: MARCELIN Étienne Joseph, mort à 20 ans

MARCELIN Etienne Joseph nait à Vedène le 4 novembre 1895. Fils de Louis et de Marie Magdeleine LAGET, Joseph est papetier à Gromelle lorsqu’il est mobilisé en décembre 1914.

Incorporé au 97e RI, 15e compagnie, Joseph est tué le 24 juin 1915 devant Souchez (Pas-de-Calais) au terme de combats héroïques.

Les groupes épars souvent sans chef, s’élancèrent le 16 juin à l’heure H dans la fournaise et dans la mort. Un cuisinier, Chapuis, voyant un de ces groupes, composé de bleuets de la classe 1915 hésiter, prit un fusil et s’élança à leur tête. Mais isolés, perdus dans la tourmente, renversés par les explosions et la fusillade, les assaillants sont cloués sur le sol. Le 1er bataillon est seul parvenu au cimetière de Souchez il reste 3 jours et 3 nuits et l’abandonne enfin, n’ayant plus ni munitions, ni vivre, réduit à 3 officiers et 100 hommes environ. La bataille est terminée. Le rêve de la percée s’est évanoui, de dures réalités lui succèdent. Durant tout l’été, le régiment demeure sur ce sol que les obus de 150 ou 210, les mines de toute nature ne cessent de bouleverser. Il fait une chaleur torride. Les pauvres morts dont le nombre s’accroit sans cesse, gisent sur le sol et dégagent une terrible odeur, des nuées de mouches obscurcissent l’air par instant, le ravitaillement est toujours difficile, on est sans abris, on a soif et pourtant pas une plainte. Tous, chefs et soldats, accomplissent stoïquement leur devoir, forment, morts et vivants, barrière à l’envahisseur.

Durant ces bombardements (entre le 24 et 28 juin) son régiment perd 53 hommes.

 

Matricule 512—Bureau d’Avignon— Mort pour la France- Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Vedène, les plaques commémoratives des deux mairies ainsi que sur le livre d’or de Vedène.

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Classe 1915: NITARD Victor Joseph, mort à 21 ans

NITARD  Victor Joseph, fils de François Joseph et de TOURRE Marie, cousin germain d’Albert Joseph (classe 1911), est né le 10 septembre 1895 à St Saturnin. Journalier, il vit dans le centre du village en 1911 avec sa mère et sa tante.

Ayant atteint l’âge du service militaire, il est incorporé au 38e régiment d’infanterie en décembre 1914, puis passe à la 53e division d’infanterie, 224e RI en novembre 1915. Après un bref séjour à Harbonnières et dans le ravin des Baraquettes, le 224e RI remonte en ligne dans le secteur d’Estrées (Somme). Il y occupe le village, sauf un ilôt de maisons encore aux mains de l’ennemi. C’est lors de combats pour reprendre cette zone que Victor  est tué le 7 juillet 1916, comme 16 de ses camarades.

Matricule 971—Bureau d’Avignon— Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1915: SAUVAN Marcel François, mort à 26 ans

SAUVAN Marcel François, fils de Samson Théophile et de Marie Augustine CHARBONNEL, est né à Mazan le 10 avril 1895 (et non 1890 comme indiqué sur sa fiche MPF).  Papetier, il vit avec sa mère, son frère (exempté), sa nièce et son oncle maternel quartier des Aires en 1911.

Marcel est incorporé au 3e régiment d’infanterie de Digne en décembre 1914. Il passe ensuite au 111e RI puis au 55e RI en  juin 1915. En aout 1915, son régiment est installé dans le secteur de Perthes les Hurlus (Marne) et subit la guerre des tranchées. De fréquentes explosions de mines et de contre-mines rythment les journées des soldats.

Photo extraite du JMO du 55e RI – Aout 1915

Marcel est tué le 8 aout 1915 sur la côte 304 d’Haucourt-Malancourt (Meuse), par l’explosion une mine, comme 6 de ses camarades. Son corps est probablement enterré au cimetière de la Maison Forestière (source service de santé du 55e RI).

 Matricule 990—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913