Horrible accident domestique en Savoie – 1697

Archives de Savoie – Sépultures Loisieux 4E1731 p46/87

Le 15 juillet 1697 a esté enterré dans le cimetiere Clauda fille de George Reveyron * âgé d’environ un an, qu’un porceau a tué et mangé une partie par la faute des parents. Gariod curé

#Généalogie30 Jour 6 – la supplique de Charles COTTAREL

Ma famille a la chance extraordinaire de posséder une collection de cartes postales de la Grande Guerre, à la fois correspondance classique et témoignage de ce qu’était la vie sur le front.  J’aurais pu choisir une des ces nombreuses lettres et pourtant…

Les plus émouvants courriers que j’ai pu lire concerne effectivement un poilu, un ex-poilu précisément. Il s’agit de Charles COTTAREL (1884-1960), un cousin à la vie exceptionnelle qui fera l’objet d’un article prochain. Militaire de carrière, gazé à l’ypérite en 1918, il est ensuite envoyé en Indochine.

J’ai choisi de vous présenter deux de ses lettres, retrouvées dans son dossier pour l’obtention de la Légion d’Honneur, consultable sur la base LEONORE.

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La première, écrite en 1932 après que plusieurs médecins l’aient déclaré condamné, est adressée à M. Archimbaud, député de Die, son canton de naissance, afin qu’il intercède auprès du chancelier pour un envoi rapide de sa Croix de la Légion d’Honneur.

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La seconde est rédigée en 1948 et adressée directement au chancelier afin de hâter sa promotion au grade d’Officier de la Légion d’Honneur. Il est domicilié en France, depuis son récent rapatriement.  Après trois pages de données administratives, il ajoute un nota bene très personnel dans lequel on ressent toute la lassitude de cet homme.

charles lettre p10

 

 

#Généalogie30 Jour 3: Saison

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J’adore l’hiver! Son froid sec, l’air vivifiant. La plage l’été? Très peu pour moi, je préfère plutôt partir moins souvent en vacances mais m’évader en novembre ou février au Canada ou encore en Norvège. Bizarre pour une fille du Sud, non?

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L’hiver. Cette saison tant redoutée par nos ancêtres. Ils y étaient plus sensibles que nous, vivant directement au contact des éléments. Avec un peu de chance, nous pouvons trouver au fil des registres quelques curés bavards donnant des indices sur cette période.

Le grand hiver de 1709 est bien connu des historiens et des généalogistes. Comment en être autrement avec ses quelques 600 000 morts.

Un autre « grand hiver » avait marqué nos ancêtres dans les décennies précédentes. L’hiver 1693-1694, suivi d’une grande famine. La France d’alors, qui comptait près de 20 millions d’habitants, dénombra 1.300.000 personnes mortes de faim ou de froid, sans compter la mortalité « normale », selon l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie. Triste époque…

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A Loisieux, petit village de Savoie, les chiffres sont édifiants:

famine Loisieux

Les ouailles du curé Gariod se tournent alors vers Dieu:

AD de Savoie – Loisieux 1694

Le septième février mil six cent quatre vingt quatorze, jour de dimanche et les deux jours suivans, nous avons fait des prières générales et donnés la bénédiction du St Sacrement pour demander à Dieu quil luy pleult appaiser le grand froid quil faisoit apprehendans que la gelé qui duroit si long temps ne gaste les arbres et les vignes et e(s)st ensuite de lordonnance de Monseigneur de Belley nostre evesque. Gariod curé

Photos: Fontaine du château de Saint Didier (Vaucluse) en février 2012

L’alphabétisation de la famille PONS #Généalogie30 Jour 2

En ce deuxième jour du Challenge30, j’ai longuement hésité entre vous présenter les plus belles signatures retrouvées au fil des actes (j’en fait la collection ^^) ou me pencher rapidement sur l’alphabétisation de la famille PONS. J’ai opté pour la seconde option. Il ne s’agit pas d’une grande étude, que j’espère mener ultérieurement, mais un petit aperçu des indications laissées par nos ancêtres.

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Les membres de la famille PONS étaient-ils instruits? Du moins, avaient-ils une éducation primaire? Savaient-ils lire ou à minima écrire?

La meilleure façon de procéder et d’ailleurs la seule que j’ai trouvée est de parcourir l’ensemble des actes de mariages et de naissance d’enfants de mes aïeuls. La signature et quelque fois la mention « sachant lire et écrire » me permettent de me faire une petite idée de l’alphabétisation des membres de mon arbre.  Mais quel niveau d’alphabétisation représente une signature? En sachant qu’un enfant est capable de reproduire quelques lettres, bien avant de savoir réellement lire ou écrire… Elle correspond au stade élémentaire.

La génération née sous Louis XIV semble avoir eu un peu d’éducation. Sur l’acte de mariage d’Anthoine PONS et d’Anne Marie CASTOR, le 5 décembre 1714, les signatures du marié, du père et du frère de la mariée sont inscrites en une écriture relativement fluide et peu hésitante.

Il y a une cassure pour les deux générations suivantes, contemporaines de Louis XV. Joseph et son fils Jean Joseph ne savent pas signer. Les données nationales à la veille de la Révolution donnent une alphabétisation de 47% pour les hommes et de 27% pour les femmes. Les parents de Jean François ne savent donc pas écrire, quant au père de Marie Anne, la graphie est hésitante, comparée à celle de ses enfants, qui semblent avoir bénéficié d’une éducation primaire, autant les garçons que les filles.

A partir de 1833, la loi Guizot impose aux villages de plus de 500 habitants d’ouvrir une école de garçons, et en 1836, propose à ces mêmes communes d’ouvrir une école pour filles. A cette date, Saint Saturnin lès Apt, village où les PONS sont établis compte 5 instituteurs: 1 communal, 2 instituteurs libres et 2 institutrices.

La Loi Falloux de 1850 oblige les villages de plus de 800 habitants à ouvrir une école pour filles. Le nombre d’instituteurs passe à 6 dont 1 institutrice et 2 religieuses.

Vers 1875, ces lois montrent des résultats probants puisque l’alphabétisation moyenne sera de 78% pour les hommes et de 66% pour les femmes. St Saturnin possède alors 7 instituteurs. En 1891, leur nombre grimpe à 10 (dont 5 femmes).

A la génération suivante, l’alphabétisation semble acquise.

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L’étude des signatures est passionnante et apporte son lot d’informations: émotion face au notaire ou devant le maire le jour des noces, vieillesse et fatigue sur un testament, alphabétisation, volonté de se démarquer par des fioritures ou encore lettres bâtons difficilement tracées. Laissons les nous parler….