Quand une donation dénoue un mystère généalogique … St Saturnin lès Apt-1837

En se penchant plus en détail sur les actes de baptême, de mariage ou de décès de nos ancêtres, nous pouvons déceler des liens profonds unissant parfois des familles, des amis. La recherche suivante en est l’exemple:

Dans un article précédent (quand un paysan provençal organise sa retraite), je vous ai détaillé les lots reçus par les différents enfants de Jean Joseph PONS. Le lot de sa fille ainée, Marie PONS, indique une rente.

Trouvant singulier que Marie soit un peu plus avantagée que sa sœur, j’ai effectué une recherche à propos du bail à ferme mentionné.

Je retrouve l’acte aux Archives Départementales du Vaucluse. Jean Joseph y apparaît comme le « donnataire » d’Anne JUSSIAN. Qui est cette Anne JUSSIAN et pourquoi a-t’-elle fait don de ce bail à Jean Joseph? Une rapide recherche dans les registres NMD de St Saturnin lès Apt m’indique qu’elle y est décédée le 4 octobre 1807 au hameau du Travignon.

 

  • Premier indice, Jean Baptiste CLEMENT et Jean Joseph PONS, ses voisins, sont les témoins sur son acte de décès.

  • Deuxième indice, son nom de famille, JUSSIAN, ne m’est pas inconnu puisqu’il est le même que celui de la belle-mère de Jean Joseph, Luce JUSSIAN. Serait-elle une parente? J’entreprends donc de remonter leurs arbres pour trouver un quelconque lien. Effectivement, elles sont cousines au sixième degré, ayant les mêmes arrières-grands-parents. Elles se marient d’ailleurs le même jour (5 mars 1764).

  • Troisième indice, une relecture des actes de baptêmes des enfants PONS me permet de dire que Marie PONS, fille de Jean Joseph, a pour marraine Anne JUSSIAN.

 

Il apparaît donc évident que ce bail à ferme, et la rente qu’il génère, est un cadeau d’Anne JUSSIAN à sa filleule Marie PONS. Jean Joseph, en tant que tuteur légal de sa fille en dispose. Marie récupère ce don lors de la donation de 1837.

Signature copie

Un printemps tardif

Loisieux, en Savoie, le 25 mai 1837
Petite note insérée entre deux actes de baptêmes
Contexte: le jour du corps de Dieu, la Fête-Dieu, est fêtée 60 jours après Pâques.
25 mai 1837

AD Savoie, BMS Loisieux 1825-1837, 4E1687 p.29/84

L’an 1837, jour du corps de Dieu, 25 mai: le feuillage était si peu avancé que nous n’avons pas pu en mettre pour honorer N(otre) S(eigneur) J(ésus) C(hrist) à la procession générale comme c’est l’usage. Monet c(uré)

Signature copie

Quand des notables organisent un mariage pour sauver les apparences… Verdun 1821

contexte: A la recherche d’informations sur Thérèse BARRET, protagoniste d’un futur article, je trouve l’acte de mariage de son oncle, Dominique Elzéar BARRET, fils d’un bâtier d’Apt (Vaucluse). Ce dernier fait une brillante carrière de négociant à Verdun (Meuse). Veuf de Claudette FANART (1787-1813), fille de notables, il se remarie en 1821.

L’acte qui suit est plein de surprises… On y apprend que Dominique épouse sa nièce (36 ans d’écart) pour légitimer leur enfant avec le consentement de son ex beau-père et de sa sœur (mère de la future). Autre temps, autre mœurs…

AD Meuse – Verdun, Mariages 1821 2E558 p199-200/320

« L’an mil huit cent vingt et un, le mercredi dix neuf septembre à six heures après midi;

Pardevant nous Nicolas Hyacinthe Desgodins, écuyer Maire de la ville de Verdun, département de la Meuse, faisant la fonction d’officier de l’État Civil de la dite ville;

sont comparus en l’hôtel de ville pour contracter mariage,

M. Dominique Elzéar Barret, négociant, juge au tribunal de commerce établi à Verdun, né en la ville d’Apt, chef lieu du quatrième arrondissement communal du département de Vaucluse le quatorze octobre mil sept cent soixante et seize, veuf de dame Claudette Magdelaine Fanart, et fils majeur et légitime des défunts M. Michel Barret de son vivant rentier-propriétaire audit Apt et dame Tulle Sollier son épouse, ses père et mère, domicilié en ladite ville de Verdun, rue du Pont Ste Croix, d’une part.

Et Mademoiselle Anne Magdelaine Anezin, née en la même ville d’Apt, département de Vaucluse, le dix neuf frimaire l’an deux de la République Française, correspondant au neuf décembre mil sept cent quatre vingt treize, domiciliée en ladite ville de Verdun depuis plusieurs années, rue du Pont Ste Croix, fille majeure et légitime du sieur Jacques Anezin, négociant, et de dame Marie Anne Barret, son épouse, ses père et mère, domiciliés audit Apt, d’autre part.

Lesdits futurs époux assistés

De M. Nicolas Hyacinthe Fanart, marchand drapier et juge suppléant audit tribunal de commerce, âgé de soixante cinq ans, demeurant à Verdun, rue du Pont Ste Croix, beau père du futur époux.

De M. Hubert Charles Jussy, docteur en médecine, médecin en chef des hôpitaux civils et militaire de Verdun, pensionnaire de l’Etat, âgé de soixante huit ans, demeurant en ladite ville, rue Porte Châtel, ami du futur époux.

De ladite dame Marie Anne Barret, âgée de cinquante ans, domiciliée en ladite ville d’Apt, mère de la future épouse, qui a formellement déclaré consentir au présent mariage.

De M. Claude Michelet, propriétaire, chef du bureau des contributions de la mairie de Verdun, y demeurant rue St Sauveur, âgé de cinquante cinq ans, ami de la future épouse

Et de M. Louis Nicolas Lantenois, propriétaire et pharmacien, âgé de quarante sept ans, demeurant audit Verdun, rue du pont Ste Croix, ami de la future épouse.

Après qu’il a été par nous fait lecture, en présence desdits futurs époux, de la mère de la future et des témoins dénommés au présent acte.

1°. Des actes de publication du présent mariage faites à Verdun par nous Maire de la Ville susdit les dimanches neuf et seize septembre mil huit cent vingt et un à l’heure de midi sans qu’il nous ait été notifié aucune opposition à la célébration dudit mariage

2°. D’un certificat délivré par M. Le Maire de la ville d’Apt, officier de l’État civil, le six avril mil huit cent vingt et un dûment légalisé portant que les publications du même mariage ont été par lui faites audit Apt les dimanches vingt deux et vingt neuf juillet mil huit cent vingt et un, à l’heure de midi, sans qu’il lui ait pareillement été signifié aucune opposition audit mariage.

3°. De l’acte de naissance dudit sieur Dominique Elzéar Barret, futur époux, du quatorze octobre 1776 ci devant relaté

4°. De l’acte de décès dudit sieur Michel Barret son père constatant qu’il est mort dans son domicile audit Apt, le vingt neuf juillet mil huit cent sept, âgé de soixante dix sept ans.

5°. De l’acte de décès de ladite dame Tulle Sollier, sa mère, constatant qu’elle est morte dans son domicile audit Apt le vingt mail mil huit cent six, âgée de soixante six ans. Les dits actes en bonne forme dûment légalisés.

Le futur époux et lesdits témoins nous ont déclaré et affirmé que ses ayeux tant paternels que maternels étaient pareillement décédés.

6°. De l’acte de décès de ladite dame Claudette Magdelaine Fanart, son épouse, qui constate qu’elle st morte dans son domicile audit Verdun, rue du pont Ste Croix, le dix neuf janvier mil huit cent treize, âgée de vingt cinq ans et demi.

7°. de l’acte de naissance de la dite D(emois)elle Anne Magdelaine Anezin, future épouse, du dix neuf frimaire l’an deux (9 décembre 1793) ci devant relaté, dûment légalisé.

8°. D’un acte de notoriété dressé devant M. François Aubert, premier suppléant du juge de paix du canton d’Apt, quatrième arrondissement du département de Vaucluse, le six du mois d’aout mil huit cent vingt et un, exerçant un empêchement dûment enregistré et légalisé, portant que ledit sieur Jacques Anezin, son père, est absent dudit Apt, depuis le cinq octobre mil huit cent huit quil partit de cette ville pour l’armée d’Espagne et que depuis cette époque il n’a plus donné de ses nouvelles, que vraisemblablement il peut être mort. ledit acte délivré en expédition par M. Duclos, greffier.

9°. D’une ordonnance du Roi du vingt juin mil huit cent vingt un, portant dispense de parenté pour contracter mariage entre ledit sieur Dominique Elzéar Barret et ladite D(emois)elle Anne Magdelaine Anezin sa nièce: ladite ordonnance délivrée en expédition dûment enregistrée par M. Morlant, greffier du tribunal de première instance séant à Verdun.

10°. Et du chapitre six du titre du Code Civil intitulé du mariage, contenant les droits et les devoirs respectifs des époux.

Après aussi que ledit Sieur Dominique Elzéar Barret et ladite demoiselle Anne Magdelaine Anezin ont eu déclaré à haute voix et l’un après l’autre se prendre mutuellement pour époux, nous, Maire de la ville de Verdun susdit, avons déclaré au nom de la loi que ledit sieur Dominique Elzéar Barret et ladite demoiselle Anne Magdelaine Anezin sont unis par le mariage. Et à l’instant, toujours en présence de ladite dame Marie Anne Barret, mère de l’épouse et des témoins dénommés au présent acte, lesdits époux M. Dominique Elzéar Barret et Mad(emois)elle Anne Magdelaine Anezin ont déclaré à nous, Nicolas Hyacinthe Desgodins, Maire de la ville de Verdun susdit que le premier octobre mil huit cent vingt, à six heures du soir, il est né d’eux un enfant du sexe masculin inscrit sur les registres des actes de naissance de la ville de Chalon sur Saône, département de Saône et Loire, à la date du deux octobre mil huit cent vingt et sous les prénoms de Victor Dominique Elzéar lequel ils ont déclaré reconnaitre comme de fait ils reconnaissent formellement par ces présentes pour leur vrai et légitime enfant, comme étant procrée de leurs œuvres et veulent et entendent que ledit Victor Dominique Elzéar légitimé par leur présent mariage soit habile à leur succéder conformément et aux termes des lois. De laquelle inscription nous nous sommes assuré par la représentation de l’acte de naissance en bonne forme dudit enfant, dont l’expédition délivrée et signée par M. Antoine Coste, maire de ladite ville de Chalon sur Saône a été remise de suite auxdits époux. De tout quoi nous, Maire de Verdun susdit avons dressé le présent acte que les époux, la mère de l’épouse et lesdits témoins ont signé avec nous après lecture faite. »

acte de mariage complet

 

AD Saône et Loire – Châlon-sur-Saône, Naissances 1821 5E75/76 p.56/100

Leur enfant, Victor Dominique Elzéar a été reconnu avant le mariage, selon l’acte inscrit sur les registres de Châlon-sur-Saône en date du 30 juin 1821.

Trois autres enfants viendront agrandir la famille. L’ex-beau père sera le témoin de chaque naissance. Dominique décède en septembre 1831 à Verdun.

 

 

 

Signature copie

Mieux vaut tard que jamais…

contexte: Claude François Louis ROUBAUD, marchand de pianos à Paris, originaire de Beaumes de Venise (Vaucluse), veuf de ses deux précédentes noces, épouse à l’âge de 71 ans Marie Louise CANONGE de 27 ans sa cadette, originaire du Vaucluse également, le 9 juin 1876. Par ce mariage, il reconnait leur long concubinage et leur fils Marius naît 20 ans plus tôt à Paris. 

Archives de Paris 8e arr, V4E 3413 p.30/31

Le neuf juin mil huit cent soixante seize, nous, Maire du huitième arrondissement de Paris, officier de l’État Civil, vu le certificat ci annexé du sieur Reymond, Docteur en médecine de la Faculté de Paris, en date du quatre de ce mois, constatant l’impossibilité absolue où se trouve, pour cause de maladie, le sieur Claude François Louis Roubaud, marchand de pianos, demeurant à Paris, rue du faubourg Saint Honoré 119, de se transporter à l’hôtel de la mairie pour faire prononcer son mariage avec demoiselle Marie Louise Canonge, sans profession, demeurant rue et numéro susdits, nous nous sommes transportés au domicile commun des futurs époux, où, étant, nous avons trouvé le sieur Claude François Louis Roubaud, alité dans une chambre éclairée par une seule fenêtre, à l’exposition du midi, sise au deuxième étage et donnant sur la cour, avons les portes étant ouvertes, prononcé le dit mariage et dressé l’acte dont la teneur suit: (…)

La signature de Claude est émouvante, tremblante. Il décède peu de temps après, le 22 juillet 1876.

Marie Louise se remariera en 1879 à Apt (Vaucluse) avec Elzéar PEYSSON, un militaire en retraite.

Sur les étagères de la pharmacie … Monieux 1831-1832

Contexte: ces trois pages présentent un inventaire et les ventes de « médicaments » de la pharmacie communale de Monieux (Vaucluse) entre le 11 décembre 1831 et le 24 mars 1832.

***

Monieux, petit village rural du Vaucluse, ne compte ni médecin, ni pharmacien dans ses recensements de l’an XII et de 1836.

La loi du 21 Germinal an XI (11 avril 1803) encadre les officines. Deux articles en particulier, l’article 25 qui interdit à quiconque « d’ouvrir une officine de pharmacie, de préparer, vendre et débiter aucun médicament, s’il n’a été reçu suivant les formes voulues (diplôme); et l’article 27 qui prévoyait une dérogation à ce monopole pharmaceutique.

« Les officiers de santé établis dans des bourgs, villages ou communes, où il n’y aurait pas de pharmacien ayant officine ouverte, pourront (…) fournir des médicaments simples ou composés, aux personnes près desquelles ils seront appelés, mais sans avoir le droit de tenir officine ouverte. »

Probablement que les officiers de santé de la ville voisine de Sault étaient en charge de la distribution des médicaments de la pharmacie communale.

AD Vaucluse, Monieux GG8 1831-1832

Sirop de capillaire, utilisé pour la toux, les maladies de poitrine et les rhumes opiniâtres.

Onguent de la Mère ou onguent brun. Emplâtre, pansement « prenez du sain-doux, de beurre frais, de cire jaune, de suif de mouton & de litharge préparée, de chacun demi – livre; d’huile d’olive une livre: cuisez en brassant à la manière des emplâtres jusqu’à ce que votre matière prenne une couleur brune très – foncée »

Poudre de cantharides, insecte (coléoptère) réduit en poudre, aux propriétés aphrodisiaques et utilisée également comme pansement en cas de maladie de peau.

Pommade épispastique, qui provoque l’irritation de la peau, généralement suivie de vésication.

Sangsues: 36 sangsues vendues en 4 lots.

Pâte de jujube, utilisée en cas d’inflammation intestinale, de la gorge, des voies respiratoires ou encore des voies urinaires.

Moutarde utilisée pour soigner les rhumes

Farine de lin, traite la constipation, l’hypertension, l’ostéoporose et soulage les symptômes de la ménopause.

Thé impérial pour guérir les migraines, les aigreurs d’estomac et les problèmes de digestion.

Fleur d’oranger pour calmer les spasmes digestifs

Sirop de fleurs de pêcher, utilisé comme un laxatif doux

Sel de Nître ou salpêtre, utilisé comme diurétique.

Bijon, type de térébenthine, résine liquide coulant d’un pin

Sulfate de quinine connue pour ses actions contre les crampes

Tête de pavot, connue pour ses vertus sédatives

***

©AnticStore

Dans le stock, se trouvent aussi de la mousse de Corse, connue pour son action vermifuge, le baume du Commandeur, utilisé pour son pouvoir cicatrisant, des follicules de séné aux propriétés laxatives, le baume d’Opodeldoch, utilisé en frictions contre la douleur, du thériaque, un puissant contre-poison et du chlorure de chaux utilisé en désinfectant.

Signature copie

Pour aller plus loin:

photo de couverture ©AnticStore https://www.anticstore.com/exceptionnelle-collection-d-une-centaine-flacons-pharmacie-89-intacts–67234P

Quand un paysan provençal organise ses vieux jours: Jean Joseph PONS (1773-1850)

contexte: Jean Joseph PONS est le benjamin d’une fratrie de 10 enfants. Il nait le 10 janvier 1773 à Monieux. A sa naissance, ses parents sont assez âgés puisque son père a 55 ans et sa mère 38. Son père, Joseph, décède accidentellement en 1775, lorsque Jean Joseph a 2 ans et demi.

Malgré les biens paternels possédés au village, sa mère, Delphine PEZIERE, non originaire de Monieux, décide de tout quitter. Commence alors une vie d’errance pour la famille, qui se terminera par le remariage de sa mère avec un veuf de St Saturnin lès Apt en 1781. Ce mariage offrira de la stabilité à l’enfant. L’histoire de Jean Joseph et de ses descendants restera désormais liée au village de St Saturnin. Tout au long de sa vie, il restera marqué par son enfance difficile et n’aura de cesse d’acheter des terres par souci d’établir au mieux sa famille, ses enfants.

Jean Joseph épouse Marguerite Rose CLEMENT en 1795. La famille CLEMENT est établie au hameau du Travignon depuis des générations.  Le mariage se fait sans contrat mais il est entendu que le père de Marguerite donne aux nouveaux époux un logement et des terres autour du hameau. Ensemble, le couple aura 7 enfants, 5 garçons (dont un décédera en bas-âge) et 2 filles. Après le décès de Marguerite en 1818, Jean Joseph décide d’acheter plusieurs terres dont une avec un petit cabanon dans la plaine de St Saturnin, quartier Garbis.

***

En 1837, Jean Joseph, veuf depuis de nombreuses années, décide d’établir ses fils et de protéger ses filles, tout en organisant ses vieux jours. Jusqu’à cette date (du moins lors du recensement de 1836), tous vivaient ensemble au Travignon.

Deux de ses fils désirant se marier prochainement ont dû pousser le père à faire ce partage, en vue d’établir un contrat de mariage « convenable ». Son fils Joseph Pépin souhaite se marier avec la fille de son patron, maréchal ferrant de la ville d’Apt (mariage le 3 avril 1837) et dans une moindre mesure, Honoré souhaite épouser sa cousine Marie CLEMENT vivant au hameau du Travignon (mariage le 8 juin 1837).

Le partage anticipé est acté en l’étude de Maitre BERTRAND le 20 février 1837.

  • Marie, la fille ainée, célibataire, est âgée de 41 ans.
  • Jean Baptiste, cultivateur, marié et père d’une petite fille, est âgé de 39 ans.
  • Claire Virginie, célibataire, est âgée de 36 ans.
  • Honoré, cultivateur, fiancé, est âgé de 33 ans.
  • Joseph Pépin, maréchal ferrant, fiancé, souhaite « faire gendre » dans la ville voisine. Il est âgé de 28 ans.
  • Enfin Jean François, cultivateur, célibataire, mon ancêtre, est alors âgé de 24 ans.

partage anticipé

***

Les biens du Travignon partagés entre Jean Baptiste et Honoré

AD Vaucluse, plans parcellaires de St Saturnin lès Apt – section K 3P118/15

Les biens de Jean François PONS, quartier Garbis (sauf la parcelle 339 achetée en 1864).

En plus de ces terres et bâtiments, Jean Joseph donne à ses enfants des objets (chemises, table,…) et des animaux (mulets et moutons) pour une valeur totale de 300 francs. Ces biens sont estimés à 100 francs pour le fils ainé, 50 francs pour les 4 autres enfants, Joseph Pépin n’en ayant pas reçu.

***

Jean Joseph pose des conditions. Il garde l’option de vivre tantôt au Travignon, tantôt à Garbis. Ainsi, le bâtiment du hameau est donné à Honoré « sous réserve (de) la jouissance sa vie durant de la cuisine faisant partie du bâtiment« . De même, il se réserve 3 chambres à Garbis « celle du premier étage visant au levant et au midi, celle qui est par-dessus au second étage et celle au même second étage visant au nord« . Il garde aussi une terre quartier Garbis.

Enfin, Jean Joseph prend des dispositions pour que ses enfants s’occupent de lui dans ses vieux jours. Jean Baptiste et Honoré devront lui fournir chaque année quatre charges de bois de chauffage chacun, dont le transport sera assuré par Jean Baptiste. De même, ses 5 enfants (Joseph Pépin d’Apt en est exempté) devront lui donner une rente annuelle et viagère de quarante trois décalitres soixante cinq décilitres de blé, froment « bon, vanné et recevable », (1/4 chaque fils et le dernier quart par ses deux filles), portable à son domicile chaque 1er septembre.

Son testament en date du 9 juin 1848 protège un peu plus ses filles célibataires puisqu’il leur lègue la jouissance des trois chambres à Garbis tant qu’elles y vivront, ainsi qu’une rente de 40 francs par an, provenant des intérêts que Jean Baptiste et Honoré doivent lui verser jusqu’à leurs décès respectifs.

***

Cet acte est fondateur pour ma branche des PONS puisqu’il s’avère que le calcul du père a été mauvais sur le long terme. Les terres et bâtiments du Travignon donnés aux fils ainés ont rapidement perdu de leur valeur tandis que le petit cabanon et les terres de Garbis, après des travaux entrepris par Jean François dans les années 1860, ont pris une valeur beaucoup plus importante. D’ailleurs, les deux fils ainés abandonneront leurs habitations du Travignon (sans les vendre) pour finir leurs jours chez leurs enfants installés au village.

Grâce aux recensements de 1841 et 1846, nous savons que Jean Joseph a vécu majoritairement à Garbis à compter du partage jusqu’à son décès le 19 mai 1850, en compagnie de ses deux filles restées célibataires ainsi que de son fils Jean François et sa femme Marie Anne VINCENT.

Signature copie

Pour en savoir plus:

Transcription du partage:

transcription partage 2

Une femme, un destin: Rosette TAMISIER (1816-1899)

Une fois n’est pas coutume, je vous raconte aujourd’hui le destin de Rosette TAMISIER, qui ne fait pas partie de mes ascendants, mais que j’ai rencontrée au fil de mes recherches sur St Saturnin lès Apt.

 

Par opposition aux mouvements de déchristianisation amorcés après les révolutions de 1830 et 1848, le XIXe siècle fut le temps des stigmatisés et des illuminés. Rosette TAMISIER fait-elle partie de ceux là?

A vous d’en juger…

Sept ans avant Lourdes, Saint Saturnin-lès-Apt aurait pu connaitre le même destin. En 1851, le village est au cœur d’un fait divers au retentissement national. Une modeste servante d’auberge, Rosette TAMISIER, affirme avoir vu perler des gouttes de sang des plaies du Christ par six fois, entre 1850 et 1851, personnage principal d’une Pièta accrochée dans une des chapelles du village.

signature

 

 

 

***

 

AD Vaucluse Saignon naissances 1816-1818 p 9/34

 

Marie Rose, dite Rosette TAMISIER nait le 7 septembre 1816 à Saignon (Vaucluse), fille de Jean Joseph et de Delphine BOREL, cultivateurs. Elle aura 5 frères et sœurs.  Enfant, elle parle d’étranges et merveilleuses visions qu’elle auraient eues durant certaines nuits. Elle apprend à lire et à écrire. En 1833, à l’âge de 15 ans, elle ouvre une école gratuite pour les petites filles de son village. Dévote, elle devient novice auprès des religieuses de la Présentation de Marie à l’âge de 18 ans, mais se fait renvoyer rapidement sous prétexte d’une santé fragile. En réalité, sa personnalité mystique (déjà) n’est pas bien vu au sein du couvent.

 

 

 

 

En 1851, Rose, est alors âgée de 35 ans, bien qu’elle prétend en avoir 33, l’âge du Christ. Elle n’apparait ni sur le recensement de Saignon, ni sur celui de St Saturnin lès Apt, où vit sa cousine et son époux Antoine JEAN, cafetier-aubergiste. Nous apprendrons grâce aux différents témoignages recueillis lors de son futur procès qu’elle quitte Saignon pour s’installer à St Saturnin chez sa cousine JEAN en novembre 1850, juste avant les premiers « miracles ».  Dés son installation au village, la jeune femme  a pris l’habitude de venir prier dans la chapelle du calvaire de St Saturnin, petite chapelle construite près des ruines du château médiéval s’élevant au sommet du rocher dominant le bourg, avec son amie Joséphine et sa cousine . Elle prie au pied d’un autel surmonté d’un tableau en piteux état,  représentant la « descente de la croix ». Ce tableau saigne à six reprises, entre le 10 novembre 1850 et le 5 février 1851, que Rose soit seule ou accompagnée. La nouvelle se répandit rapidement, notamment grâce au curé du village, et de très nombreuses personnes affluent au village. La jeune femme revendique aussi l’apparition de stigmates aux mains et aux pieds. Ces miracles ne font pas l’unanimité. Le propre père de Rosette déclare « si nous étions en carnaval, je penserais qu’elle fait ses mascarades« .

Le 20 décembre 1850, l’archevêque d’Avignon Monseigneur Debelay se déplace jusqu’au village, et, en présence du sous-préfet d’Apt et de centaines de témoins, le miracle attendu se produit avant la messe. L’archevêque tient des propos prudents tandis que le sous-préfet et les témoins croient au miracle. L’archevêque fait desceller le tableau, qui est intact, tant à l’endroit qu’à l’envers. Il s’entretient ensuite avec Rose, puis, de retour en Avignon, nomme une commission d’enquête. Ses membres arrivent à Apt le 20 janvier 1851. Les conclusions sont sans équivoque: il n’y a pas eu de miracle. Toute cette agitation interpelle la Justice, qui interroge Rosette le 8 février 1851, menant à son arrestation.

La descente de la Croix – Reproduction du tableau aujourd’hui disparu

***

 

La Cour d’appel de Nîmes (Gard) se déclare incompétent pour juger l’affaire le 29 juillet 1851.  Le procès est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Carpentras (Vaucluse) et débute en septembre de la même année. L’affaire trouve alors un écho au niveau national. Sur Gallica nous retrouvons de nombreux articles traitant de l’affaire. Rose prétend ne pas expliquer les phénomènes sans invoquer de miracle.

 

L’accusée Rose Tamisier est introduite ou plutôt elle est portée dans la salle, car une douleur à la jambe l’empêche d’en faire usage. Sa figure assez commune, ses traits heurtés qui ne sont rien moins que jolis, sont loin de produire sur le public l’effet qui lui avait valu une si grande réputation dans l’arrondissement d’Apt. Elle n’a de remarquable que le regard qui a quelque chose de fascinateur. De dessous ses grands orbites caves et noirs, ses yeux lancent quelquefois des éclairs magnifiques. Son maintien décent, la tranquillité qu’elle fait paraitre, tout nous indique une personne qui a le sentiment du personnage qu’elle a la prétention de représenter. Son costume est presque monastique, ses habits sont entièrement noirs; elle porte un bonnet blanc à très-longues barbes. Abbé ANDRE

 

Pas moins de 39 témoins seront entendus par le tribunal. Le détail de leurs témoignages est rendu dans l’ouvrage de l’abbé GRAND. A la fin des débats, le tribunal de Carpentras se déclare également incompétent. Le parquet fait appel et suite à un nouveau procès,  la cour d’appel de Nîmes en novembre 1851 déclare Rose coupable d’escroquerie et outrage à la morale publique et religieuses. Les motifs de la condamnation sont vol de la grande hostie du tabernacle de l’église de Saignon (dont elle avait la clef) et apposition du sang sur un tableau pour faire croire au miracle. Elle est condamnée à 6 mois de prison, maximum de la peine encourue, et à 16 francs d’amende. L’Église l’excommunie jusqu’à ce qu’elle reconnaisse sa supercherie.

N’ayant pas les moyens de payer les frais de justice, Rosette n’est libérée qu’en décembre 1852, au bénéfice d’une grâce de Napoléon III. Le Vatican classa l’affaire dans les faux miracles. On n’entendra plus jamais parler de Rose, qui ne changera pas de version, malgré son excommunication. Elle restera célibataire et  finira ses jours à Saignon où elle décédera à l’âge de 82 ans le 23 février 1899.

 

AD Vaucluse, Saignon, Décès 1893-1902 p.38/56

De nombreuses questions restent en suspens à la fin de cet article:

  • La personnalité de Rosette aurait mérité un examen plus poussé. Naïve, affabulatrice, illuminée, simple menteuse et prétentieuse? La jeune femme a-t’elle était la seule coupable dans cette affaire? Est-elle allée trop loin dans son mensonge pour avouer sa faute sans honte ou bien fut-elle réellement convaincue de ces miracles?
  • Que penser du curé GRAND de St Saturnin lès Apt, désirant construire une église plus prestigieuse en son bourg et profitant des dons affluant de la France entière?
  • Et du cousin de Rosette, qui, voyant affluer une foule de curieux dans son auberge, la renomma « l’Auberge de la Sainte »?
  • Quel rôle a joué la secte de Pierre Michel VINTRAS (piste évoquée par l’abbé ANDRE) dans la mise en scène des miracles?
  • Sans parler des revenus tirés de la vente des gouttes de sang, vendues 25 francs pièce.

Le mystère reste entier, tous les protagonistes étant décédés depuis bien longtemps à présent.

***

Vingt ans plus tard, l’affaire Tamisier est toujours présente dans les mémoires vauclusiennes.

La Revue artistique, édition du 1er novembre 1872

Signature copie

 

 

En savoir plus:

Li Nòvi

Jean François PONS et Marie Anne VINCENT ont été les personnages du couple choisi pour mon mémoire du DU de Nîmes. Grâce à la lecture de plusieurs documents concernant les mariages traditionnels « provençaux » de cette période, je me suis amusée à imaginer leur journée de noces, en 1840 à Saint Saturnin lès Apt (Vaucluse).

Jean François PONS, (1813-1890), cultivateur, est le fils de Jean Joseph, (originaire de Monieux) et de Marguerite Rose CLEMENT, (de St Saturnin lès Apt, décédée en 1818). Il est le benjamin d’une famille de 6 enfants: 3 frères ainés déjà mariés et de 2 sœurs qui resteront célibataires. Jean François, son père et ses deux sœurs vivent à la ferme de Garbis.

Marie Anne VINCENT, (1817-1864) est la fille de Dominique et de Marie Magdelaine NOUVEAU. Ses parents sont issus de deux familles implantées de longue date à St Saturnin lès Apt et sont des propriétaires-cultivateurs bien établis. Marie Anne a 7 frères et sœurs.

***

Afin de garantir une vie de félicité et la pérennité de leur union, les fiancés ont dû suivre ces rites à la lettre comme le choix de la date. Il ne fallait pas se marier le 9, 19 ou 29, le chiffre neuf amenant le deuil. La date fut donc fixée au mercredi 22 janvier, lorsque les champs étaient au repos.

***

La journée commença par un rendez-vous de bonne heure en l’étude de Maitre BERTRAND Joseph Albéric, notaire du village, où les futurs époux et leurs pères respectifs se retrouvèrent accompagnés par Jean Baptiste GUIGOU, témoin et ami de Jean François, et Jean Joseph MOLINAS, cousin maternel et témoin de Marie Anne. Comme convenu, ils signèrent un contrat stipulant que le mariage serait soumis au régime dotal, régime « classique » de Provence, toujours influencé par le droit romain. La dot de Marie Anne était constituée d’une somme de 1500 francs en avancement d’hoirie donnée par son père, dont 1200 francs comptés devant le notaire et d’un trousseau d’une valeur de 250 francs. Aucune terre en dot, ces dernières étant réservées à ses frères pour ne pas éparpiller le patrimoine familial.

AD Vaucluse, 3E2 1868 Étude Geoffroy – contrat de mariage

Les futurs époux retournèrent à leurs domiciles respectifs afin de préparer la noce. Les amis de Jean François ne manquèrent pas de glisser quelques grains de sel dans la poche de son gilet afin d’écarter le mauvais sort. Pour la même raison, c’est dans les souliers de Marie Anne que ses sœurs et voisines en déposèrent, pendant que tante et marraine « heureuse en ménage » coiffait la future épouse. Marie Anne revêtit sa robe de mariée vert amande, couleur de l’espérance, son fichu de mousseline et son jupon en piqué blanc brodé à ses initiales. Ainsi protégée et apprêtée, Marie Anne pouvait se rendre à l’Hôtel de Ville. Mais au moment de franchir le pas de la porte paternelle, Dominique, son père, lui remit un verre d’eau et une pièce d’or, lui signifiant ainsi qu’il la nourrissait pour la dernière fois et qu’elle n’était désormais plus à sa charge. Marie Anne but l’eau, pris la pièce, et versa quelques larmes, montrant ainsi sa reconnaissance et son regret de quitter la maison.

Mariée Comtadine et Comtadine au XIXe siècle – crédit photos: Musée du costume Comtadin, Pernes les Fontaines

A 11h, le mariage civil fut célébré par l’adjoint au maire Alphonse JOUVAL (qui deviendra maire en 1848). Après les formules d’usage, et une fois le consentement prononcé, Jean François et Marie Anne, mariés devant la loi sortirent de l’Hôtel de Ville. Les tambourinaires se placèrent en tête du cortège et jouèrent un air traditionnel sur lequel les amis de Jean François chantèrent des paroles grivoises.

AD Vaucluse, État civil de St Saturnin lès Apt, Mariages 1839-1840 p.11-12/27

Signatures des mariés

Cela fut de courte durée, le cortège arrivant sur la placette de l’église située à quelques mètres de la mairie. Après une arrivée en procession dans le chœur de l’église où ils s’agenouillèrent, Jean François essaya de poser son genoux sur la robe de sa femme, lui signifiant qu’il ferait la loi à la maison. En contrepartie, Marie Anne plia son doigt au moment où Jean François voulu lui passer l’alliance.

A la sortie de l’église, Jean François lui remis la clef de la ferme de Garbis, qu’elle accrocha aussitôt à sa ceinture. Elle en était désormais la maitresse de maison. Ses amies lui présentèrent une coupe de blé et Marie Anne lança les grains sur les parents, particulièrement sur Jean Joseph PONS, son beau père, indiquant par là son intention d’apporter la prospérité dans sa nouvelle famille. Les « novis » sautèrent alors une barre fleurie, symbole de leur passage dans la vie maritale.

crédit photo Musée du Costume Comtadin

***

De retour à la ferme de Garbis, lieu où le banquet devait se tenir, Marie Magdelaine, mère de la mariée, offrit à sa fille deux ustensiles typiques: un battoir à linge en bois sculpté et une quenouille en osier tressé. Puis il fut temps de s’attabler et les nouveaux époux partagèrent leur soupe dans la même écuelle. Marie Anne reçut ensuite trois petits pains. Elle en offrit deux à sa famille et un aux amis présents, indiquant par ce geste qu’elle entendait être économe et nourrir d’abord les siens sans cependant fermer sa porte aux amis. Au cours du repas, elle préleva un morceau de pain et le mis dans sa poche. La coutume voulait qu’elle le garde précieusement car il la préserverait de toute mésentente dans son ménage.

A une heure tardive, les nouveaux époux s’éclipsèrent, laissant les autres convives festoyer une bonne partie de la nuit au son des tambourinaires.

***

Installé dans la ferme de Garbis, le couple y vécut plus de vingt ans entouré de leurs trois fils, des deux sœurs de Jean François et du père PONS, Jean Joseph.

Signature copie

 

Pour en savoir plus:

 

Quand une ivrogne se noie dans une flaque d’eau…

Loisieux en Savoie, le 30 octobre 1734.
Décès de Suzanne COTTAREL, marraine de Benoit COTTAREL, mon ancêtre (sosa 384)

AD Savoie, Loisieux 4E 1731 p.71/87

Le trente octobre mille sept cent trente quatre a esté enterré dans le cimetiere Suzanne Cottarel, retrouvé morte avec une bouteille pleine de vin, dans un creux plein d’eau, visité par ordre du juge a laquelle on n’a trouvé aucune blessure. Agé d’environ 45 ans.

Signature copie

Protestation du curé (1791)

contexte: l’Assemblée Nationale demande aux ecclésiastiques de prêter serment à la Constitution civile du clergé.
« Par décret de l’Assemblée Nationale, et conformément à la Constitution civile du clergé en date du 24 aout 1790, tous les ecclésiastiques prêteront serment exigé un jour de dimanche après la messe, en présence du conseil général de la commune et des fidèles. Ceux qui ne prêteront pas seront réputés avoir renoncé à leur office et il sera pourvu à leur remplacement. « 

En date du 22 août 1791, St Saturnin lès Apt

AD Vaucluse, Saint Saturnin lès Apt, BMS 1791 p.11/16

Protestation du S(ieu)r curé

L’an mil sept cent quatre vingt onze et le vingt deux aout je soussigné, pour obéir aux décrets de l’assemblée nationalle, ay remis a la municipalité de la commune de ce bourg assemblée a cet effet, les registres des actes des baptemes, mariages et sépultures faits dans cette paroisse, je déclare que par cette remise ainsi que par les autres sacrifices que j’ay fait et que pourray etre encore dans le cas de faire, et par respect pour la loy, je n’entend donner aucun signe de demission de ma cure n’y d’approbation de ce qui se fait a mon sujet, je me regarde toujours comme le vray et le seul legitime pasteur de cette paroisse avec düe protestation. Empereur curé

Signature copie