La Madelon, chant des poilus

La version présentée ci dessous semble être la toute première version enregistrée (1917) de la chanson favorite des poilus.

Quand Madelon (C. Robert) avec chœurs chanté par  Marcelly de la Gaîté-Rochechouart Disque Pathé n°4879 / mx. 1818-222 Paris, juin 1917

 

Pour le repos, le plaisir du militaire,

Il est là-bas à deux pas de la forêt

Une maison aux murs tout couverts de lierre

« Aux Tourlourous » c’est le nom du cabaret

La servante est jeune et gentille,

Légère comme un papillon.

Comme son vin son œil pétille,

Nous l’appelons la Madelon

Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,

Ce n’est que Madelon mais pour nous c’est l’amour

 

Quand Madelon vient nous servir à boire

Sous la tonnelle on frôle son jupon

Et chacun lui raconte une histoire

Une histoire à sa façon

La Madelon pour nous n’est pas sévère

Quand on lui prend la taille ou le menton

Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire

Madelon, Madelon, Madelon !

 

Un caporal en képi de fantaisie

S’en fut trouver Madelon un beau matin

Et, fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie

Et qu’il venait pour lui demander sa main

La Madelon, pas bête, en somme,

Lui répondit en souriant :

« Et pourquoi prendrais-je un seul homme

Quand j’aime tout un régiment ?

Tes amis vont venir.

Tu n’auras pas ma main

J’en ai bien trop besoin pour leur servir du vin. »

L’incendie de Sallanches – 19 avril 1840 – Haute Savoie

Extrait de l’affiche appelant aux dons

Contexte: A la fin du registre des naissances de Loisieux, le curé Monet relate l’incendie de Sallanches qui a provoqué une grande émotion en 1840. L’incendie fera 51 morts.

Les malheurs d’une Ville détruite en deux heures, au milieu de la joie innocente d’un jour de fête, ont produit de vives impressions dans tous les cœurs. Le nombre des victimes a fait frisonner d’horreur; le nombre des malheureux errans dans toit paternel excite puissamment une commisération générale.

 

 

BMS de Loisieux 1825-1837 p31/84 4E1687

Le 19 avril 1840, jour de pâques, la ville de Sallanches en Faucigny, a été entièrement détruite par un incendie en trois heures de tems. S.M. Charles Albert a fait un don de 25 000 livres et toutes les paroisses du Duché y ont concourues suivant leurs moyens. Mr le général comte de Sales y fut envoyé pour répartir à chacun ce qu’il convenoit et pour faire rebâtir la ville un peu plus bas à cause des innondations d’un torrent nommé Sallanches qui causoit souvent de grands dégats.
Paris, Lyon, Londres, Bâles, Genêve ont fait de grands dons.

Pour en savoir plus:

{ Le Mur de la Peste }

Avez-vous déjà entendu parler du Mur de la Peste ? Bien connu des vauclusiens, ce mur édifié lors de l’épisode de la Peste de Marseille a eu l’ambition d’être une ligne sanitaire, un rempart pour limiter la propagation de cette terrible épidémie.

Carte extraite du Pays d’Apt malade de la Peste – tracé de la ligne et du mur entre le pays d’Apt et le Comtat

Je ne reviendrais pas sur les circonstances bien connues de l’arrivée de la Peste à Marseille via le voilier trois-mâts « Grand Saint Antoine » en juin 1720.

Le 14 février 1721, la décision est prise par les autorités pontificales d’établir une ligne sanitaire commune entre la France et le Comtat pour protéger Avignon. Il convient de noter que c’est à la demande du Royaume de France et cette intervention de l’État est la première du genre dans une crise sanitaire. Notons également que Le régent Philippe n’est pas mécontent d’imposer sa volonté au pape Grégoire XI sur les terres du Comtat.

Muraille restaurée – photo ©altituderando.com

Concrètement, la ligne était composée d’un fossé de six pieds (1,95m) de large et de profondeur entre Saint Ferréol (près de Mérindol) et Cabrières, et d’un mur de 30 km conçu par l’architecte carpentrassien Antoine d’Allemand, construit en pierres sèches de Cabrières au col de Lagas près de Monieux. La hauteur de ce mur est de six pieds (1m95) par 2 pieds (0.65m) de large. Son but est d’empêcher toutes relations et communications entre le Comtat Venaissin et le Dauphiné encore épargné.

Au cours des recherches effectuées pour mon mémoire de fin d’année, j’ai été confrontée aux parcours des parents de Joseph PONS et de Delphine PEZIERE, mes ancêtres, ayant vécus à cette période et confrontés à cette épidémie dans deux villages proches du Mur.

 

Deux destins, deux villages voisins et pourtant deux juridictions : Les PEZIERE de Méthamis (les Métamies sur la carte de Cassini) dépendant du Comtat Venaissin, sous autorité papale et les PONS de Monieux (Monjeu sur cette même carte), appartenant au Comté de Sault sur le territoire des terres adjacentes de Provence.

Carte de Cassini

Vous retrouverez l’histoire des PEZIERE à travers le destin de Rose CARTOUX, mère de Delphine ici: https://nosabsentspresents.com/2018/05/08/une-femme-un-destin-rose-cartoux-1691-1761/

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Anthoine PONS (1688-1729) et Anne Marie CASTOR (1696-1768), ménagers, vivent à Monieux lorsque l’épidémie de peste se déclare. Dépendant du Comté de Sault, le village de Monjeu, tel qu’il est nommé du XVIIe au XIXe siècle, est cramponné au flanc sud-est du Mont Ventoux à 650m d’altitude.

Monieux

En mars 1721, les autorités pontificales et françaises mobilisent 500 hommes pour la construction de la ligne. Chaque village se voit assigner un nombre d’hommes et une quantité de matériaux à fournir. Sans aucun doute, Anthoine a participé aux travaux (Aucune liste d’hommes mobilisés dans les archives communales – AD Vaucluse, Monieux, GG 5-7). Le chantier était actif nuit et jour. Il avançait pourtant peu, les ouvriers n’étant guère payés. En mai, le travail fut réorganisé et les ouvriers mieux rétribués. Chaque communauté se voit attribuer la responsabilité de la construction d’un tronçon de mur. Un millier de soldats du Pape furent dépêchés sur place pour les encadrer. Fin juillet 1721, 27 km de murs en pierres sèches (sans mortier, selon une technique propre à la région) étaient achevés, augmentés de 40 guérites, de 50 corps de garde pour les sentinelles militaires affectées à la surveillance ainsi que 10 cabanes abritant les chevaux et les provisions.

Muraille restaurée avec guérite – photos ©altituderando.com

Il n’existe pas de registre indépendant où les morts de la Peste seraient enregistrés pour Monieux, contrairement à d’autres communes proches (St Saturnin lès Apt ou Apt par exemple). Les registres paroissiaux pour la période septembre 1720—décembre 1722  n’enregistrent pas de pics de décès particuliers, sauf pour les mois de septembre et octobre 1720 avec respectivement 6 et 9 décès, mais cela reste toujours cohérent avec la mortalité infantile et l’âge de « vieillesse » de l’époque. Le mur a donc bien protégé le village. On note même la naissance d’une fille du couple en janvier 1721, sans décès précoce, pourtant en pleine période de disette dans la région.

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L’épidémie s’éteint progressivement en Provence tandis qu’elle entre en Avignon en août 1721. La situation s’inverse alors et les troupes françaises remplacent les troupes pontificales en s’installant de l’autre côté du mur pour protéger le pays d’Apt enfin débarrassé du fléau. La peste s’étend à l’ensemble du Comtat et s’amplifie jusqu’en juillet 1722. Le Comtat se retrouve prisonnier de son propre mur. Isolé du reste de la Provence, les vivres manquèrent et la disette guettait les survivants. Toutefois il convient de noter que le cordon sanitaire fut souvent rompu, les troupes du régent étant incapables d’arrêter la contrebande.

L’épidémie s’éteignit progressivement à partir de septembre 1722. Fin février 1723, les lignes sanitaires sont levées et les troupes françaises quittent le pays.

Quel bilan retenir ? Cet épisode de Peste a fait près de 120 000 morts en Provence selon les comptes généraux tenus par l’administration dont 40 000 à 50 000 pour la seule ville de Marseille (Thierry Sabot, nos ancêtres et la peste). L’épidémie aurait tué environ 25% de la population du Comtat. Les communautés mettront des années à rembourser les emprunts contractés au cours de l’épidémie pour financer entre autres, la construction du mur, les vivres des troupes, le paiement des médecins et des remèdes, etc…

Le mur, appelé « ligne de la malédiction » par les habitants, laissé totalement à l’abandon à partir de 1723, est réhabilité en partie de nos jours grâce à l’association Pierres sèches en Provence (depuis 1986).

 

 

Pour en savoir plus:

Article publié le 8/07/2018 sur http://www.cosson-genealogieblog.fr/2018/07/08/le-mur-de-la-peste-par-aurelie-battu-peyron-travaux-detudiants/

 

Acte de Sépulture de Marie Solinhac, victime de la Bête du Gévaudan – Les Hermaux, octobre 1764

Nicolas CARREAU présente « Légendes d’été » tous les samedis de 15h à 16h sur Europe 1.

Gravure sur bois du XVIIIe siècle. akp-images

Le premier numéro de cette série passionnante concernait la Bête du Gévaudan, légende qui m’a toujours intéressée. J’ai donc pris le temps de rechercher l’acte de sépulture d’une de ses nombreuses victimes.

Voici le lien vers le replay de l’émission du 7 juillet (40min): http://www.europe1.fr/emissions/legendes-dete/legendes-dete-070718-3704105

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Archives de Lozere – Paroisse des Hermaux BMS 1752-1808 EDT 073 GG2 p.171/208

Marie Solinhac, famme d’Enric Cayrel du lieu des Hermals laquelle dévorée par la bête féroce au pred dit la coste des brouillet a été enterrée avec le reste du cadavre le 12 octobre 1764 en foy de ce – Dellond curé

Quand un juif se convertit au catholicisme – Monieux 1709

Contexte: Monieux, situé dans le comté de Sault, en Provence, est un village voisin du Comtat Venaissin, territoire où les « juifs du pape » sont autorisés à vivre.

ad monieux 1709-oct 1711 juif baptisé à 19ans
AD de Vaucluse, paroisse catholique de Monieux, BMS 1709- octobre 1711 p 5/21

Le dix neuf may (1709) a esté baptizé Esperit Joseph agé d’anviron dix neuf ans jadis Juif quil habitoit a la ville de Carpantras après avoir été instruit pandant deux mois dans la religion catholique apostolique roumaine et obtenu la permission de Monseigneur l’évêque de Carpantras comme il ap(arait) par la commission signée de sa propre main en date du dix huit du mesme mois et faict toutes les seremonies requises suivant le rituel romain. Son parrain a esté Monsieur Esperit de Bernardy, conseiller du Roy, trésorier général de France. Sa marraine demoiselle Elisabeth de Bernardy. Le tout faict et proclamé. Les témoins Vincens et Jean Labourel.

 

*Esprit Bernardy, vicomte de Valernes, fut trésorier général de France en Provence pendant 32 ans.

Pour en savoir plus: