Des éclipses et des hommes – Provence XVIIIe siècle

Au XVIIe siècle encore, la disparition subite d’un astre tel que le soleil ou la lune s’accompagnait de rituels parfois singuliers et suscitait la peur, en dépit des travaux menés par des savants de renom.

Quelques feuillets du registre des mariages de la paroisse de Vacqueyras dans le Vaucluse (GG13 – 1706-1764) mentionnent deux éclipses.

Crédit IMCCE Patrick Rocher

  • Eclipse totale du 12 mai 1706

Je vous invite à consulter ce blog pour plus de détails sur cette éclipse.

  • Eclipse annulaire du 1er avril 1764

Extrait Gazette de France du 19 mars 1764

Calcul par Madame [Nicole-Reine] le Paute / Gravé par Madame Lattre et Mad. [Elisabeth Claire] Tardieu / [Publié] Chez Lattre , PASSAGE DE L’OMBRE DE LA LUNE au travers de l’Europe de l’Eclipse de Soleil Centrale et annulaire qui s’observera le 1er. Avril 1764… , Paris, [1762].

zoom de la carte

RDV le 12 aout 2026 et le 3 septembre 2081 pour les prochaines éclipses solaires visibles depuis la France.

Quand un curé sauve l’honneur d’une jeune paroissienne

Contexte: Deux villages séparés par l’imposant Mont Ventoux.

En mars 1779, le curé Brémond de Malaucène (Vaucluse) envoie un courrier à son homologue de Vercoiran (Drôme provençale) afin d’aider une de ses jeunes paroissiennes…

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 200 5Mi 314/R5 AD Drôme

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 201 5Mi 314/R5 AD Drôme

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 202 5Mi 314/R5 AD Drôme

Le mariage fut célébré le 18 mai 1779 à Malaucène

Mariage Malaucene

Registre des mariages 1775-1792 – Malaucène – AD Vaucluse p.20/66

Tout est bien qui finit bien, enfin du moins, aux yeux de l’Église…

Une tentative de mariage clandestin – Bédarrides -1748

 

Paroisse Catholique de Bédarrides – Mariages 1739-1761 p. 18/46 d

 » L’an 1748 et le 19 juin une femme qu’on a cru etre une nomée
Brigide Bouchere  a Orange est venue fraper par trois fois a ma porte
et m’etant mis a la fenetre, elle m’a prié de luy aller dire une messe a St etienne
disant qu’elle etait etrangere et souhaitait se retirer a la fraicheur, apres
avoir resisté d’y aller, ayant promis de l’aller dire pour un malade, j’y
ay consenti de fin, cette femme me propose toujours pour accomplir sa
neuvaine, je suis allé donc a la di(t)e chapelle en campagne avec cette femme
etrangere et deux clercs qui etaient le pere Claude Dunoy et le pere Joseph
Isnard, deux femmes du pays, la femme de German et la femme de Dominique
Nourry; un moment apres suivi Barthelemy Durrand et le pere Antoine
chartreux. Ayant commencé la messe X il rentra  dans l’eglise une fille
qu’on dit etre la niece de cette Brigitte fille d’un certain Marc Boucher
pour lors a Sarrians, et avec elle trois hom(m)es, ou jeunes hommes; il se mirent
tous aupres du balustre et apres l’ité missa est le jeune hom(m)e et la fille
s’avancerent aupres du marchepied de l’autel en ayant dit l’un après l’autre
a voix haute qu’ils se vouloient pour mary et pour femme; ils attendirent la
benediction que je donna par lot! voulant leur faire appercevoir que
je ne vouloi pas les unir ni les benir ni approuver leur mariage et
tout de suite ils sortirent pendant le dernier evangile de la chapelle
ou ils traversèrent les champs pour se rendre au chemin de  Sarrians. Les
deux témoins portant un fusil chacun, l’un des temoins s’appelle Jerome
Saurel cordonnier a Orange, l’autre temoin et le pretendu epoux sont inconnus.
Les personnes qui les virent passer sont François Marmillot et Esprit Touler
Ainsi la vérité. Vinard Vicaire

Lien vers le texte numérisé  AD Vaucluse, Paroisse catholique de Bédarrides, mariages 1739-1761 p. 18/46 d

 

Carte de Cassini Bédarrides-Sarrians

Pour aller plus loin:

  • AGRESTI Jean Philippe Les régimes matrimoniaux en Provence à la fin de l’Ancien Régime, Presse Universitaire d’Aix-Marseille, 2009 Lien vers le document
  • DUVILLET Amandine Du péché à l’ordre civil, les unions hors mariage au regard du droit (XVIe – XXe siècle) -Université de Bourgogne, 2011 Lien vers le document
  • M. DURAND de MAILLANE, 1761, Dictionnaire de Droit canonique et de pratique bénéficiale Lien vers le document

Entrée et sortie du monde – Monieux (1784)

Registre BMS des Abeilles - 1784 à 1792 -Monieux

Ô jour heureux dans lequel vous avez pris naissance!

Mais beaucoup plus heureux celuy de votre mort puisque

C’est un passage pour vivre éternellement

Et les a prédestinés pour être ses enfans adoptifs

par Jésus Christ son fils

Entrée et sortie du monde

L’une est accompagnée des douleurs d’autruy, et l’autre des siennes propres

Première page du registre BMS de la paroisse des Abeilles de 1784 à 1792 – Monieux – Vaucluse, par le curé LABOREL

ND des Abeilles – photo {NosAbsentsPrésents}

 

Lou Cacho fiò

Alègre! Alègre!

Mi bèus enfant, Diéu nous alègre!

Emé Calèndo tout bèn vèn …

Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens!

 

Frederic MistralDepuis septembre, je prends des cours de provençal avec Michelle. Un pur bonheur! Jeudi dernier, nous avons travaillé sur un texte de Frédéric Mistral, concernant la veillée de Noël. Je ne résiste pas au plaisir de vous en partager un extrait, dont la dernière phrase (ci dessus) résonne encore de nos jours lors du traditionnel repas familial de Noël.

 

 

 

Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la « bûche de Noël », qui — c’était de tradition — devait être un arbre fruitier. Nous l’apportions dans le Mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d’un bout, moi, le dernier-né, de l’autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant :

Allégresse ! Allégresse,
Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d’allégresse !
Avec Noël, tout bien vient :
Dieu nous fasse la grâce de voir l’année prochaine.
Et, que si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

Et, nous écriant tous : « Allégresse, allégresse, allégresse ! », on posait l’arbre sur les landiers et, dès que s’élançait le premier jet de flamme:

À la bûche,
Boute feu !

disait mon père en se signant. Et, tous, nous nous mettions à table.

– Frederic Mistral – Memòri e raconte – 1906

Bûche

Ainsi, la veillée de Noël commençait par la coutume païenne du Cacho-fiò, relative au solstice d’hiver. L’allumage rituel du calendau (bûche de Noël en provençal) correspondait au rite du feu neuf, le feu du premier soleil de la nouvelle année.

Après avoir fait trois fois le tour de la cuisine ou de la table (nappée de trois nappes blanches, là encore un symbole de la Trinité), le plus ancien et le plus jeune (lou caganis) de la maison portaient ensemble au feu une bûche d’un arbre fruitier coupé de l’année. Ensuite on pouvait se mettre à table pour le gros souper traditionnel (avec ses treize desserts). Dans cette société très superstitieuse, la bûche devait brûler trois jours et trois nuits. Une fois calcinée, elle devenait miraculeuse. Ses cendres et morceaux de charbon étaient ensuite placés dans les étables pour protéger le bétail des maladies.

Musée Arlaten - Arles

Quelles sont les traditions de vos régions?

Bonnes fêtes à tous et a l’an qué ven! 

Creche traditionnelle - JL BATTU

Creche traditionnelle – JL BATTU

7/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1916 à 1918

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

Dernier épisode: des classes 1916 à 1918. ALBIN Prosper Auguste, ARNAUDET Pierre François, CEBE Marius Antonin, MALEN Félix, LAMIABLE Henri, RAVET Philippe et DUBEC Marcel Roger

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Classe 1916: ALBIN Prosper Auguste, mort à 20 ans

ALBIN Prosper Auguste, fils de Louis Célestin, charpentier, et de Louise TELMON, originaires de Briançon, nait le 30 avril 1896 à St Saturnin. Alors âgé de 18 ans, il s’engage volontairement dans l’Armée au début du conflit, le 25 août 1914 en la mairie d’Avignon. Ses deux frères, Émile Célestin  et Victor Léon  sont également mobilisés.  Sergent du 52e Régiment d’infanterie cantonné à Montélimar, il est promu caporal le 3 juillet 1915.

De mars à août 1916, le 52e RI tiendra les secteurs du fort de Vaux et du tunnel de Tavannes. Il résistera aux bombardements les plus formidables, surmontant des souffrances et des fatigues inouïes. C’est dans ces conditions que Prosper Auguste perd la vie. Il est tué à 20 ans dans les tranchées de Saales, entre Damloup et Verdun, le 6 mai 1916, sous les bombardements intensifs de l’ennemi. Ce jour là, son régiment perd 9 hommes et compte 6 blessés.

 Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: ARNAUDET Pierre François, mort à 22 ans

ARNAUDET Pierre François, fils de Thomas et de Jacqueline DIDIER, nait le 25 septembre 1896 à St Saturnin.  Il est cultivateur et vit avec ses parents à Velleron lors de sa mobilisation en mars 1916. Il intègre le 86 e RI en avril 1915, puis le 38e Ri en décembre 1915 et enfin le 83e RI, 2e bataillon, en mai 1916. Pierre François apprend le décès de son cousin germain Pierre Gabriel en mai 1917.

Il reçoit une citation à l’ordre de son régiment le 5 janvier 1918. Pierre Gabriel est blessé le 25 avril 1918 et hospitalisé pour 5 jours à Abbeville suivi d’une période de convalescence de 25 jours à Lannion avant de retourner au combat le 21 juin.

Le 17 octobre 1918, une attaque est déclenchée à 5h30 sur la cote 139 par les 1er et le 2e bataillon dans le secteur de Hauteville (Aisne). Le 1er, à droite, ne peut avancer, le 2e, à gauche, en liaison avec le 88e, réussit à progresser d’environ 200 mètres en direction du ravin de la côte 114. L’attaque un moment ralentie, est reprise à 10 heures. Le second bataillon dépasse successivement la route Hauteville—cote 139 et réussit à atteindre le chemin de terre Hauteville 75-25. Au cours de cette avancée, 42 prisonniers sont capturés auxquels s’ajoutent 4 mitraillettes et une mitrailleuse lourde. A la nuit tombée, le chemin de terre Hauteville 78-20 était atteint.

Pierre François est blessé lors de cette attaque et décède des suites de ses blessures le même jour. Il sera le seul tué de son régiment ce jour là et reçoit la Croix de Guerre médaille de bronze à titre posthume. Il est aussi le dernier poilu saint-saturninois décédé sur le Front.

 

« Observateur de bataillon courageux et dévoué, a assuré son service avec zèle malgré de violents bombardements pendant la période du 13 novembre au 14 décembre 1917. » citation 208 du 5 janvier 1918

Secteur du 83e RI – octobre 1918

Matricule 596—Bureau d’Avignon—Mort pour la France , Croix de Guerre—Inscrit sur le monument aux morts de Velleron

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Classe 1916: CEBE Marius Antonin, mort à 20 ans

CEBE Marius Antonin, fils de Jules Joseph et de Françoise MAILLAN, voit le jour à St Saturnin le 23 septembre 1896. Cultivateur, puis ouvrier en peigne, il vit quartier des Aires en 1911 avec ses parents, son frère et ses deux sœurs.

Lors de sa mobilisation en avril 1915, Marius est incorporé au 2e régiment de zouaves à Sathornay dans lequel il devient caporal.

Le 15 février 1916, son régiment se rapproche de Verdun et s’engage, au lendemain de l’attaque, derrière la 72e division sur les secteurs du bois des Fosses, de Beaumont, de Vacherauville et du bois de la Wavrille. Le régiment, en trois jours, a perdu 31 officiers et 1100 hommes, mais Marius Antonin en a réchappé. Sur la rive gauche de la Meuse, il va, en avril et pendant plus d’un mois, défendre le plateau des Rieux qui domine Avocourt. En mai 1916, en avant de la fôret de Hesse, son régiment perd 400 hommes. Le 5 juin, les allemands s’emparent du fort de Vaux. pour rétablir la situation, le Général Nivelle forme une brigade provisoire avec le 2e régiment de zouaves et le RICM qu’il considère comme « les deux plus beaux régiments de France ». Durant dix jours se déroulent de terribles combats. Marius Antonin est tué le 15 juin 1916 au sud du Fort de Vaux (Verdun). Les zouaves ne seront relevés que le 17 après avoir perdu 900 hommes.

Son corps sera enterré à Fleury devant Douamont (Meuse) en la nécropole nationale de Douamont (tombe individuelle 12541).

Secteur de Verdun

Matricule 512—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: MALEN Félix, mort à 21 ans

MALEN Félix,  fils de Maurice et de Marie BERARD, nait à St Saturnin le 27 mars 1896. Tailleur sur cristaux, il vit avec sa famille à Rambervillers (Vosges) en 1915.

Lors de sa mobilisation, il intègre tout d’abord le 21e RI, puis le 152e Ri en novembre 1915 et enfin le 109e RI, 9e compagnie en juin 1916.

Félix décède le premier jour de l’un des plus terribles combats de 1917, la bataille de la Malmaison, qui se déroula du 23 au 25 octobre. Elle tient son nom du fort de la Malmaison, situé à côté du chemin des Dames, dans l’Aisne. Son issu sera le repli des allemands sur la rive droite de l’Ailette. Ce qui rend ce combat notable est sa préparation d’artillerie, d’une intensité qu’on ne reverra plus avant la bataille de Koursk, en 1943: près de 1800 pièces d’artillerie françaises, pour 12 km de front, ont envoyé plus de 3 millions de projectiles en quelques jours.

Félix est donc tué le 23 octobre 1917 à Jouy (Aisne), à 150m au Nord du Poste de commandement d’Ulm, près de la tranchée Léopard.  Ce jour là, son régiment compte 43 tués, 4 disparus et plus de 100 blessés.

Matricule 1269—Bureau d’Épinal—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin, de Rambervillers ainsi que sur le livre d’or de Rambervillers

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Classe 1917: LAMIABLE Henri, mort à 20 ans

Lamiable fiche AiLAMIABLE Henri nait à Montpellier le 9 février 1897 dans une voiture, ses parents étant sans domicile fixe. Fils d’Albert et de Blanche LEFEVRE, Henri, employé en tant qu’ouvrier verrier chez M. Dupuis. Sa mère, originaire des Ardennes décède jeune. Henri vit ensuite à St Saturnin avec son père Albert, vannier, originaire de l’Aube . Après le décès de ce dernier en novembre 1913, Henri s’installe à Montfrin dans le Gard.

Il est mobilisé le 9 janvier 1916 et intègre le 75e RI de Romans. Il passe ensuite par le 140e RI de Grenoble et le 4e RI d’Auxerre. C’est au sein de ce régiment qu’il est promu caporal le 16 avril 1918.

« Bon soldat volontaire pour les missions délicates. A exécuté plusieurs patrouilles dangereuses » citation 413

Henri est tué le 18 juillet 1918 au combat du Bois de Courton (Marne). Il est décoré de la Croix de guerre étoile de bronze à titre posthume.

Matricule 522—Bureau – Mort pour la France—Croix de guerre étoile de bronze. Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie. Il est aussi inscrit sur le livre d’or et le monument aux morts de Montfrin.

 

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Classe 1917: RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, mort à 21 ans

RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, fils d’Henri Roger et de Marie Rose BOUSTIER, voit le jour à St Saturnin le 19 juin 1897. En 1911, alors âgé de 14 ans, Marius vit quartier des Grès avec ses parents et ses trois sœurs.

Il incorpore le 40e RI à compter du 1er janvier 1916 puis passe au 273e RI le 21 mars 1917. Marius disparait le 1er juin 1918 à l’Échelle (Aisne). Sa famille, dont son beau frère Marcel BOYER, mobilisé lui aussi, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge en espérant une captivité ou une hospitalisation. Ils reçoivent une réponse négative le 18 novembre 1918. Ses camarades de régiment indiquent par la suite que son corps a été enterré en la nécropole Vauxbuin (tombe 119 carré D).

Un jugement du tribunal d’Avignon du 13 décembre 1921 fixe son décès au jour de sa disparition.

IMG-3173 copie

Matricule 544—Bureau d’Avignon– Mort pour la France – Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1918: DUBEC Marcel Roger, mort à 20 ans

DUBEC Marcel Roger, né à Entraigues le 16 novembre 1898, vit avec ses parents Antoine et Thérèse TEISSIER ainsi que ses deux sœurs à St Saturnin en 1911, quartier du Sablas. Marcel est ouvrier d’usine tout comme son père chez M. Despert et sa sœur Virginie, ouvrière en soie chez M. Bérud.

Incorporé au 22e régiment d’infanterie coloniale le 18 avril 1917, Marcel passe ensuite au 173e RI en juillet 1918. Rejoint par des troupes canadiennes, le régiment reçoit l’ordre de reprendre le village de Fresnoy-les-Roye. Blessé lors des combats, il meurt des suites de ses blessures le 23 aout 1918 « à l’ambulance » dans le secteur du Plessier-Rozainvillers (Somme). Son corps a été inhumé dans la nécropole nationale de Montdidier (tombe 1330).

Matricule 986—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de Saint Saturnin., le livre d’or et la plaque commémorative de la mairie.

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A suivre…

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

 

 

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

5ème épisode: des classes 1912 à 1913. CLOT Ernest, DEYE Fernand, BOUCHE Paul Henri, BOURDET Joseph Marie, FRANCILLON Raoul et ROUX Augustin Marius

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Classe 1912: CLOT Ernest Alfred, mort à 22 ans

CLOT Ernest Alfred Raphaël est né le 7 janvier 1892 à St Saturnin. Fils de Toussaint et d’Henriette ROLLAND, Ernest est ouvrier garancier à Châteaurenard en 1911.

Incorporé au 159e RI au poste de téléphoniste/cycliste, il disparait dès le 2 octobre 1914 à Monchy le Preux (Pas de Calais). Ce jour là, à 5 heures, le colonel commandant le régiment fait attaquer son 1er bataillon par le sud pour déborder les ennemis qui tiennent encore les lisières sud-est de Monchy. Ce fut un échec, et Monchy-le-Preux fut entièrement contrôlé. Mais une contre-offensive des allemands fragilise la position française, et impose le repli. Dans l’après-midi, les hommes du 159e RI durent construire des ouvrages pour protéger leurs position, ce qu’ils firent sous le feu nourri de leurs ennemis.

Sans nouvelles, ses parents ont cherché à savoir s’il n’avait pas été capturé par les allemands. Une fiche de demande de renseignements est conservée dans les archives de la Croix-Rouge.

Le tribunal de Tarascon fixe son décès à cette date en vertu d’un jugement rendu le 25 juin 1920.  Son décès est retranscrit sur les registres de Rognonas, où résidaient ses parents.

 

Matricule 3204—Bureau de Marseille—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Rognonas, sur la plaque commémorative de la mairie, ainsi que sur l’anneau de la Mémoire de Notre-Dame-de-Lorette.

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Classe 1912: DEYE Fernand Jacques, mort à 23 ans

DEYE Fernand Jacques, fils de Claude et de Marie Augustine PILAUTIER, est né à St Saturnin le 22 mars 1892. Coiffeur comme son père et son frère Albert, Fernand vit avec sa famille quartier des Grès en 1911.

En octobre 1913 il intègre le 3e RI puis le 7e RI en février 1915. Fernand est tué le 12 octobre 1915 à la Harazée sur la commune de Vienne-le-Château (Marne).

Le 12, vers midi, la bataille reprend. D’abord timidement: un petit minen (torpille allemande), suivi dix minutes après d’un second, puis d’un troisième! Au début on n’y attache pas d’importance, mais peu à peu on s’énerve, on riposte à deux pour un, puis l’artillerie entre en jeu et finalement la danse bat son plein. L’ennemi attaque une première fois dans la nuit; il est repoussé. Le temps de se regrouper et une nouvelle attaque se déclenche; même insuccès! Le bruit dans la forêt est effroyable! Chaque explosion de grenade ou d’obus est répercutée à l’infini par mille échos. des arbres séculaires, décapités par les projectiles, s’écroulent à grand fracas, et des fusées multicolores jettent un rapide rayon de lumière sur ce spectacle de mort… Enfin, le combat s’apaise. Nous comptons nos pertes; elles sont lourdes, mais nous n’avons pas cédé un pouce de terrain. Le 14, le 15, la bataille reprend dans les mêmes conditions. tenaces, les boches du Kronprinz attaquent toujours. Chaque fois, ils sont arrêtés et leurs cadavres servent de parapet à nos tranchées.

Matricule 226—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1913: BOUCHE Paul Henri, mort à 22 ans

BOUCHE Paul Henri, fils d’Antoine et de Justine ESTEVENIN est né le 2 avril 1893 à St Saturnin. En 1911, journalier,  il vit avec ses parents, et ses deux frères.

Paul effectue son service militaire depuis le 29 novembre 1913 au sein du 60e RI lorsque la première guerre mondiale éclate en aout 1914. Il reste dans ce régiment lorsque éclate la guerre. Dès fin août 1914, le 60e RI est engagé dans la Somme pour ralentir la progression allemande vers Paris. Blessé lors des violents combats de la côte 132 du secteur de Cuffies (Aisne), il décède de ses blessures le 12 janvier 1915.

Lors de cette bataille, entre le 12 et le 14 janvier, son régiment a perdu 25 officiers et 1800 hommes. Les principaux combats se déroulèrent à Cuffies et sur le plateau de Crouy. Les 2ème et 3ème bataillons du 60e RI étaient chargés de relever les troupes qui avaient pris la côte 132 deux jours avant. Le temps était très pluvieux depuis quelques jours et le talus à gravir pour atteindre le plateau de Crouy était bourbeux et glissant. Installé dans une carrière souterraine, le poste de commandement fut touché par l’artillerie lourde allemande le 12 janvier. Plusieurs officiers furent tués, et leurs corps ne fut retrouvés qu’en septembre 1917… Les attaques et contre-attaques durent en outre tenir compte de la crue de l’Aisne qui menaçait d’emporter les ponts de bateaux et compromettait l’envoi de renforts comme le repli des assaillants. La retraite fut nécessaire, et cet assaut, dont le bilan fut lourd, se solda par un échec.

Secteur de Cuffies

Matricule 96—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1913: BOURDET Joseph Marie, mort à 21 ans

BOURDET Joseph Marie Noël, fils d’Augustin et de Marie REQUIN, nait à St Saturnin le 25 décembre 1893. En 1911, cultivateur, il vit chez ses parents quartier des Grès avec sa sœur Clémentine et son frère Paul.

Joseph effectue son service militaire depuis novembre 1913 au sein du 60e RI de Besançon (avec Paul Henri BOUCHE) lorsque la guerre éclate. Il est tué dès les premiers jours du conflit, « antérieurement au 12 septembre 1914 »  selon sa fiche matricule à Saint Soupplets (Seine et Marne). Cette bataille se déroula entre le 5 et le 13 septembre et permit d’abord d’arrêter puis de repousser les allemands, mettant ainsi en échec le plan Schlieffen qui prévoyait l’invasion rapide de la France en passant par la Belgique.

Matricule 98—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint Saturnin et figure également sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1913: FRANCILLON Raoul, mort à 23 ans

FRANCILLON Raoul Ferdinand Joseph, fils d’Augustin et de Marie Lucie REGAND, est né à St Saturnin le 17 avril 1893. Cultivateur, il vit à Sarrians avec sa famille lorsque la Première Guerre Mondiale éclate. Tout d’abord incorporé au 58e RI d’Avignon, il passe ensuite au 46e RI de Fontainebleau en mars 1915. Blessé à Bouchavesnes (Somme) le 25 septembre 1916, il succombera à ses blessures le 17 décembre 1916 à l’Hôpital auxiliaire 309 de Paris 6e Arr.

Matricule 684—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or de Sarrians. Son nom figure aussi au tableau d’honneur du 46e RI

 

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Classe 1913: ROUX Augustin Marius, mort à 22 ans

ROUX Augustin Marius (Célestin), fils de Jean Joseph et de Marie ALAIS, nait à St Saturnin le 10 mars 1893. En 1911, il vit quartier des Grandes Terres avec ses parents et ses deux frères, Jules et Gabriel.

En novembre 1913, pour son service militaire, il intègre le 19e Régiment d’artillerie et passe 2e canonnier servant en novembre au sein du 7e bataillon. Augustin est tué au combat de Coutures près de Reims le 4 décembre 1915. Il sera enterré en la nécropole nationale de Sillery (tombe 5589).

Secteur de Reims – Après plusieurs étapes, l’A.D. se trouve dans la région de Reims où elle va remplacer sur ses positions l’A.D.52. L’artillerie est installée en grande partie dans les faubourgs de la ville ce qui permet aux boches de bombarder Reims sous prétexte de riposte à l’artillerie. Le 8 novembre, la situation des groupes est la suivante: 1/19 en entier au faubourg de Laon, 2/19, 5e et 6e batteries à La Neuvillette, la 4e en réserve à Champigny, 3/19, deux batteries aux Coutures, près des quartiers de cavalerie, une batterie à Pommery. Le secteur est très calme, cependant le 3/19 dans le courant de décembre se trouve en butte au tir de l’artillerie lourde ennemie et subit des pertes assez graves. Historique du 19e RAC

Matricule 186—Bureau d’Avignon—Mort pour la France- Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint Saturnin et figure également sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

4ème épisode: des classes 1909 à 1911. ARNAUDET Pierre Gabriel, SOURDON Paul, BUISSON Paul, TESTE Raphaël, CLÉMENT Charles, MOREL Norbert et NITARD Albert

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Classe 1909: ARNAUDET Pierre Gabriel, mort à 28 ans

ARNAUDET Pierre Gabriel, né le 31 mars 1889 à St Saturnin, est le fils de François et de Fanny ALLEMAND. La famille réside à Velleron en 1910.

A la mobilisation générale, il est affecté au poste de canonnier tout d’abord au 10e RAP puis au 62e RAC (mars 1915), et enfin au 3e Régiment d’Artillerie Coloniale, 106e batterie de bombardier (septembre 1915). Dans un premier temps déclaré disparu (9 mai), Pierre est déclaré mort le 10 mai 1917 par éclat d’obus à Clamecy /Banc de Pierre (Aisne). L’annonce de son décès n’a pas dû être immédiate étant donné que son père a fait des démarches auprès de la Croix Rouge, en obtenant une réponse négative en juillet 1917.

Pierre Gabriel était le cousin germain d’ARNAUDET Pierre François (classe 1916) , tué lui aussi au front en octobre 1918.

Matricule 550—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or de Velleron

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Classe 1909: SOURDON Paul Adrien, mort à 25 ans

SOURDON Paul Adrien est né à Carpentras le 4 mars 1889. Fils de Pascal et de BONNEFOUX Augustine, il est maçon et réside avec ses parents à Monteux lorsqu’il effectue son service militaire en 1910.  Il réside ensuite à St Saturnin où il épouse Geneviève GIRARD (sœur d’Albert classe 1904) le 14 aout 1913.

Lors de la mobilisation générale Paul intègre le 2e régiment de zouaves et part en renfort avec son régiment à Tracy –le-Mont  (Oise) où il disparait le 19 septembre lors d’un combat dans la fôret de Laigue.

La « Brigade marocaine » se dévoua pour ses camarades d’Afrique et fut sublime. Elle s’élança sur Carlepont. Après plusieurs tentatives infructueuses et sanglantes, finit par y pénétrer, livra dans la nuit un horrible combat de rues, permit à la 37ème division d’échapper à la tenaille allemande et de se replier sur Tracy-le-Mont et Tracy-le-Val. Pendant ces trois journées de combats ininterrompus, le 2ème Zouaves venait de barrer la route de Paris et de briser les efforts de l’ennemi. Après être resté un jour en cantonnement d’alerte à Tracy-le-Mont, le 2ème Zouaves était lancé à nouveau dans la mêlée. Une division, pressée par un ennemi très supérieur en nombre, et qui avait accumulé un formidable matériel d’artillerie lourde, venait de lâcher pied à notre droite; il fallait reconquérir le plus possible de terrain perdu.

Sa famille entreprend des recherches auprès de la Croix Rouge en dernier recours en novembre 1917. Après de multiples demandes, La Croix Rouge lui transmet une réponse négative en juillet 1918. Un jugement déclaratif de décès du tribunal d’Avignon est rendu le 6 mai 1920.

 Matricule 683—Bureau d’Avignon–Mort pour la France—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Monteux ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie de St Saturnin et le livre d’or de la commune.

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Classe 1910: BUISSON Paul Joseph Louis, mort à 24 ans

BUISSON Paul Joseph Louis, fils de François Placide et de Magdeleine BUISSON, nait à Avignon le 24 février 1890. Il vit au Thor avec sa famille.

Paul vient d’effectuer son service militaire (octobre 1911-novembre 1913) lorsque la guerre est déclarée. Mobilisé, il rejoint le 3e RI. Envoyé sur le secteur de Dieuze, il est  blessé et fait prisonnier le 20 août 1914, comme 524 hommes de son unité. Envoyé dans le camp de prisonniers de Lechfeld (Bavière), il y décède de ses blessures le 11 septembre. Paul est inhumé dans le cimetière de Neuburg an der Donau (tombe 72-73).

Matricule 81—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie.

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Classe 1910: TESTE Raphaël Albert, mort à 24 ans

TESTE Raphaël Albert, fils de Cyprien Pierre et d’Émilie Eugénie CREIX, nait à Monteux le 13 octobre 1890. Cultivateur, il vit à Jonquerettes avec sa famille.

Raphaël s’engage volontairement dans l’Armée pour 5 ans en septembre 1910. Il intègre alors le 1er régiment de chasseurs d’Afrique et part pour l’Algérie (septembre 1910-novembre 1911) et le Maroc (novembre 1911—aout 1914). Le 12 aout 1914, son régiment quitte Casablanca et débarque à Sète, puis passe par Carcassonne avant de rejoindre Juvisy. Raphaël fait partie du 1er escadron dit « de Benoist » et traverse Paris  le 2 septembre avant de rejoindre le front de la Marne. Le 1er novembre, le régiment se dirige vers la frontière belge afin d’appuyer une action anglo-française. Le 3 novembre, le 1er RCA reste toute la journée sous le feu de l’artillerie ennemie. Le 4, les hommes se maintiennent dans des tranchées exposées au feu. Le 5, le régiment attaque sur la route de Valverghem à Messines. Vers 17h, le 1er escadron se porte à la gauche des tranchées anglaises pour remplacer un bataillon de chasseurs qui a effectué un mouvement en arrière. Un corps à corps se produit. Malgré le défaut de baïonnettes et la situation critique, l’escadron tient pendant six heures. C’est probablement à ce moment là que Raphaël a dû être tué, comme 14 autres camarades. (Historique du 1er RCA).

Matricule 198 —Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Médaille du Maroc—Son nom figure sur le monument aux morts de Monteux, sur les livres d’or de Jonquerettes et de Monteux

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Classe 1911: CLÉMENT Charles Étienne, mort à 20 ans

CLEMENT  Charles Étienne, fils de Marius Philippe et d’Adèle Virginie GAINTRAND, est né à St Saturnin le 18 septembre 1891. En 1911, journalier, il vit avec sa mère, ses frères et sœurs quartier des Grandes Terres.  Charles est incorporé à compter d’octobre 1912 pour accomplir son service militaire au sein du 4e Régiment de chasseurs d’Afrique à Tunis. La guerre se déclare alors qu’il est en service. Son régiment embarque à Alger le 9 aout et débarque à Sète le 12. Pas de permission délivrée en route pour saluer la famille. Par chemin de fer, Charles arrive à Lyon le 13 et débarque à Voujeaucourt, près de Montbéliard (Doubs) le 15. Son régiment est affecté à l’Armée d’Alsace, franchit la frontière et entre en Alsace le 16 aout. Le 19 au matin, le régiment se heurte à la sortie d’Heyviller (région d’Altkirsh) à des forces allemandes. Les soldats du 4e RCA partent pour leur premier combat plein d’enthousiasme mais se heurtent au feu des fusils et des mitrailleuses ennemis.

Le 19 août au matin, le régiment formant l’avant-garde de la 44e D.I. se heurte à la sortie S.E. d’Heyviller à des forces allemandes venues d’Huningue. Le 1er escadron (capitaine Penet) est en avant-garde du régiment. Son peloton de pointe s’engage au combat à pied. Le colonel donne l’ordre de charger. Au commandement vibrant du capitaine Penet, les pelotons Dabat, Broillat et Bonneaud, formés en vagues successives de fourrageurs, partent, soulevés d’enthousiasme. Au milieu des avoines, la charge franchit une crête, et, sous un feu effroyable de fusils et de mitrailleuses, traverse une première ligne d’infanterie allemande, se heurte à une deuxième tapie à la lisière des bois, tourne à gauche, traverse une troisième ligne subitement dressée en potence, fait un crochet pour éviter le feu d’auto-mitrailleuses établies sur la grande route, franchit cette route. Le lit d’un ruisseau formant défilement lui permet d’atteindre un petit bois où elle essaie de se rallier. Prise à partie par l’artillerie ennemie, elle repart au galop, rejoint enfin Heyviller et, peu après, le régiment. Le capitaine Penet et le lieutenant Broillat étaient tués. 68 gradés et chasseurs restaient sur le terrain. Un peu plus tard, une deuxième charge est exécutée vers le sud d’Heyviller par le peloton Belle, du 2e escadron, tandis que le peloton de Lorme, du 3e escadron, combat à pied. Blessé: le lieutenant Belle. Le mouvement d’encerclement de l’ennemi est arrêté par ces charges et par une audacieuse intervention de la S.M.

Charles Étienne est tué lors de ce combat. Il sera le premier tué saint-saturninois de la guerre.

Excellent trompette, courageux, ardent. A été tué le 19 aout 1914 en chargeant avec son peloton l’ennemi qui occupait le village d’Heyviller. A été cité. » citation 342 du 20  novembre 1920

Matricule 218—Bureau d’Avignon– Mort pour la France  –  Inscrit au tableau de la médaille militaire à titre posthume—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1911: MOREL Norbert, mort à 23 ans

MOREL Norbert Clément Philippe, fils d’Eugène Victor et de Zélie CUZIN, nait à Entrechaux le 26 mai 1891. En 1906, papetier, il vit à Chateauneuf de Gadagne avec sa mère et ses deux frères.  En 1911, Norbert réside à Malaucène tandis que sa mère domiciliée à St Saturnin.

Incorporé au 58e RI d’Avignon à compter d’octobre 1912 pour son service militaire, Norbert reste dans son régiment à la déclaration de la guerre. Il est blessé et fait prisonnier à Dieuze le 19 aout 1914.  Sans nouvelles, son frère Auguste, gravement blessé en septembre 1914, alors au dépôt des éclopés d’Avignon, demande de ses nouvelles à l’Armée.  Après enquête, il est établi que Norbert est décédé en captivité au camps d’Ohrdruf (Thuringe / Allemagne) des suites de maladie contractée en service, à priori le 1er septembre 1914 et y serait enterré. Ces renseignements ont été transmis à la famille le 16 aout 1915. Son corps sera rapatrié et inhumé au cimetière de St Saturnin le 28 février 1926.

 Matricule 256—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1911: NITARD Albert Joseph, mort à 27 ans

NITARD Albert Joseph nait le 15 avril 1891 à St Saturnin. Fils de Jean Joseph et d’Augustine ESTEVENIN, Albert vit avec ses parents, ses deux sœurs et sa tante maternelle dans le centre du village en 1911.  Incorporé au 13e régiment de chasseurs à cheval de Valence en octobre 1912 pour son service militaire,  il reste dans son régiment lorsque la guerre éclate en aout 1914. Albert est blessé une première fois le 23 octobre 1914 à Roulers (Belgique) par éclat d’obus au genou droit. De retour au Front, il passe ensuite au 75e RI (décembre 1915) avant de rejoindre le 340e RI (juin 1916). Blessé par éclat d’obus à la cuisse gauche le 3 septembre 1918, alors que son régiment attaque les positions ennemies de Lœuilly sous Coucy (Aisne), il décède à l’ambulance  le 9 dans le secteur de Gouvieux (Oise). Le même jour, son régiment compte 9 tués, 1 disparu et 96 blessés ou intoxiqués.

Son cousin Victor Joseph NITARD (classe 1915) est tué le 7 juillet 1916.

Prise de Leuilly sous Coucy – carte extraire du JMO 340eRI

Matricule 226—Bureau d’Avignon– Mort pour la France— Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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à suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

3ème épisode: des classes 1905 à 1908. ARMAND Clément, BEUNE Louis, CHABRAN Fernand, MARCELLIN Louis, BOUSSIER François, MONNIER Henri et REQUIN Joseph

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Classe 1905: ARMAND Clément Joseph, mort à 29 ans

ARMAND Clément Joseph, fils d’Antoine et d’Eulalie BALLOT, est né à Sainte Jalle (Drôme) le 13 novembre 1885. Cultivateur, il vit à Valréas lors de son service militaire en 1905, puis s’installe à Jonquerettes en 1910 avant St Saturnin en 1912.

Mobilisé à la déclaration de la guerre, il intègre le 258e RI d’Avignon. Le 20 septembre 1914, le 258e est en position dans le secteur d’Haltonville (Meuse)

Nos hommes tiennent ferme, et font éprouver de sérieuses pertes à l’adversaire. Mais la nuit arrive, à sa faveur l’ennemi parvient à s’infiltrer entre les tranchées, et à prendre les défenseurs entre deux feux. Beaucoup sont pris de panique et se réfugient dans le village où se livre un violent combat dans les rues d’Haltonville, au milieu des incendies des immeubles. Le capitaine Argaud qui a réussi à grouper autour de lui environ 200 hommes tient dans le village et sur les pentes d’Hattonchatel pendant toute la nuit. Au petit jour, il se replie lentement dans la direction de Chaillon.

Disparu ce jour là, il faudra attendre un jugement déclaratif du tribunal d’Avignon du 12 mai 1921 pour que son décès soit reconnu et noté sur les registres de St Saturnin.

Matricule 546—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom figure sur le livre d’or de la commune mais n’apparait sur aucun monument aux morts

 

 

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Classe 1905: BEUNE Louis Jean mort à 33 ans

BEUNE Louis Jean, fils de Valentin, charpentier,  et de Marthe Adélaïde MASSE, est né à Entraigues le 21 aout 1885. Papetier, il réside à St Saturnin depuis 1913. A la mobilisation générale, Louis intègre le 55e RI d’Avignon puis le 19e Régiment d’Artillerie de Nîmes en décembre 1914. Louis tombe malade, probablement de la grippe espagnole qui sévit à cette période. Envoyé en convalescence, il entre à l’hôpital d’Avignon le 4 octobre 1918 et y décède le 7. Sa fiche matricule indique « maladie non contractée en service ». Inscrit sur le monument aux morts en 1921, le titre de « Mort pour la France » lui est refusé lors de la rédaction du livre d’or de la commune à la fin des années 20.

« Maitre Pontier d’une conscience et d’un dévouement à toute épreuve. Le 18 juillet (1916) a continué à servir sa pièce sous un bombardement des plus violents. A donné à ses camarades un bel exemple de dévouement et de sang-froid » citation  139 du 9 aout 1916

Matricule 710—Bureau d’Avignon—Croix de Guerre—Non Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie. Sépulture en l’ossuaire national d’Avignon

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Classe 1906: CHABRAN Fernand François, mort à 30 ans

CHABRAN Fernand François, fils de François et de Marie Appolonie BESSAC, frère d’Ernest Casimir (classe 1902) est né à Sorgues le 1er septembre 1886. Ses parents divorcent rapidement après sa naissance et les deux frères deviennent pupilles de l’Assistance Publique. Fernand s’installe à St Saturnin lorsque son frère y épouse Marie Antoinette TALON en 1912. Il y épouse à son tour Rose Françoise MOULET le 24 janvier 1914.

A la mobilisation générale, Fernand rejoint le 258e RI. Il est blessé d’un coup de feu à la tête le 24 aout 1914 à Bussy. Classé dans les services auxiliaires après une période de convalescence, la commission de réforme le juge apte au service armé en septembre 1915. Il intègre alors le 84e RI en octobre 1915 tandis que sa femme est enceinte. Son frère Ernest est tué à Malancourt en mars 1916. Le mois suivant, Rose donne naissance à leur fille Marie Ange. Fernand incorpore ensuite le 246e RI (janvier 1918) et enfin le 169e RI (septembre 1918) en tant que clairon.

Fernand est tué à son tour le 1er octobre 1918 à Staden (Belgique) où il sera initialement inhumé avant un transfert de sa dépouille au cimetière militaire d’Ypres (Belgique) en juillet 1922—tombe 133, nécropole nationale St Charles de Potyze. Il sera décoré de la Croix de Guerre étoile de bronze à titre posthume.

« Tombé au champ d’honneur, glorieusement mort pour la France après avoir donné au cours d’une période de durs combats, toute la valeur de son héroïsme et de son dévouement » citation

Matricule 635—Bureau d’Avignon– Mort pour la France— Croix de guerre étoile de bronze. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1907: MARCELLIN Louis, mort à 28 ans

MARCELLIN Louis, fils d’Étienne et de  Louise CALVINI est né le 2 septembre 1887 à St Saturnin. Sa mère décède en 1889. Veuf avec deux enfants en bas-âge, son père se remarie avec Joséphine DUCRES. En 1906, Louis est journalier et vit avec son père, sa belle mère, son frère Marius, sa demi-sœur Léonie son demi-frère Martin (né à Avignon), au quartier des Confines. La famille s’installe ensuite à Pélissanne, où Louis se marie le 30 novembre 1912 avec Virginie TOSCANI.

Mobilisé en aout 1914, il rejoint le 258e régiment d’Infanterie d’Avignon.  Son jeune frère Marius, âgé de  21 ans, est tué en juin 1915. Louis est tué à son tour le 26 septembre 1915 dans le secteur du bois de Malancourt où son régiment a été décimé.

Le 22 septembre 1915, commença de notre côté un bombardement très violent des tranchées allemandes. C’était la préparation de l’offensive qui allait se faire en Champagne, et dans le secteur du bois de Malancourt. L’action se réduisit tout d’abord à de violents tirs de notre artillerie, semblant préparer une attaque, et en même temps des brèches étaient faites dans nos réseaux de fils de fer pour permettre à nos hommes de se porter en avant. L’artillerie allemande répondit avec vigueur et le 258e subit des pertes assez sensibles par des obus de gros calibres et des torpilles. Du 22 au 26 septembre, le régiment eut dix tués et cinquante blessés dont trois officiers – JMO du 258e RI

Le malheur frappera encore la famille puisque son dernier frère, Martin, décèdera d’une tuberculose pulmonaire le 8 octobre 1918.

Matricule 1242—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts  et le livre d’or de Pélissanne

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Classe 1908: BOUSSIER François Marie, mort à 26 ans

BOUSSIER François Marius (Marie) Célestin, fils de Xavier et de Joséphine RICHIER, nait le 8 septembre 1888 à St Saturnin.  Cultivateur, il effectue son service militaire au 3e régiment d’infanterie de Digne en 1908. Il vit quartier du Pré de Jonquières avec ses parents et ses sœurs en 1906. Mobilisé en août 1914, il disparait dès le 20 à Dieuze (Lorraine).  Ce jour là, son régiment compte 5 tués et 546 blessés ou disparus. Son père demandera des nouvelles auprès de la Croix Rouge, qui lui confirmeront le décès de son fils. François est un des premiers saint-saturninois tué dans ce conflit.

Matricule 1145—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur le livre d’or de la commune et la plaque de la mairie

 

 

 

 

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Classe 1908: MONNIER Henri Armand, mort à 27 ans

MONNIER Henri Armand, fils d’Armand Auguste et de Marie Louise GIRARD, est né à St Saturnin le 8 janvier 1888. Tailleur d’habits à Avignon, il y épouse Anastasie FABRE, couturière, le 23 janvier 1912. Mobilisé en aout 1914, il intègre le  8e RI colonial de Toulon. Fait prisonnier à une date inconnue, Henri décède le 11 juin 1915 à l’hôpital de Döberitz (à 6km de Berlin) d’une maladie contractée en service (renseignements de source allemande). Sa veuve reçoit un secours de 150 francs en septembre 1915.

Matricule 1177—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom ne figure sur aucun monument aux morts ni aucun livre d’or

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Classe 1908: REQUIN Joseph Lucien, mort à 26 ans

REQUIN Joseph Lucien, fils de Joseph François et de Julie Henriette BOUSSIER, est né à Jonquerettes le 9 mars 1888. Cultivateur,  il vit dans le centre ville de Jonquerettes en 1906 avec ses parents, sa sœur, son grand père et sa tante maternelle. Il y épouse Marie Françoise GUINTRAND le 26 avril 1913.

A la mobilisation générale, il intègre le 24e bataillon de chasseurs à pied de Villefranche. Entre le 15 et le 21 novembre, son bataillon fait le service des tranchées dans des conditions excessivement pénibles à cause de la pluie, du froid et de la neige, sans relève. Le 15 et le 16, le bataillon est soumis à un bombardement violent. Joseph est blessé le 16 novembre 1914 aux environs d’Ypres. Durant ces deux jours, son bataillon compte une soixantaine d’hommes tués ou blessés. Conduit à l’hôpital complémentaire n°38 de Deauville, Joseph décède des suites de ses blessures le 25. Son corps sera rapatrié et enterré au cimetière de Jonquerettes.

Matricule 1089—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom figure sur le livre d’or de Jonquerettes.

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

2ème épisode: des classes 1901 à 1904. ESTEVENIN Victor Jules, CHABRAN Ernest Casimir, MACHIN Joseph, ESTELLON Joseph Auguste, DUCRES Victor et GIRARD Albert

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Classe 1901: ESTEVENIN Victor Jules, mort à 37 ans

ESTEVENIN Victor Jules nait le 5 juin 1881 à St Saturnin. Fils de Joseph et de Marie Eugénie BLANC, cultivateur, il vit avec ses parents quartier des Confines en 1911.

Classé dans les services auxiliaires en 1904 pour faiblesse, la commission de réforme d’Avignon le juge apte au service armé en novembre 1914.  Victor est tout d’abord incorporé au 258e RI en décembre, puis intègre le 56e bataillon de chasseurs à pied, 8e section , en avril 1916.

Le 15 juillet 1918, son régiment est pris sous une violente canonnade dans le secteur de Festigny les Hameaux (Marne). Une des missions  de la 8e section consiste à former un front défensif sur la côte 208. Le bataillon lutte dans les sous-bois toute la journée. A 20h, l’ordre de repli est donné. Victor est tué lors de ce combat, comme 17 autres camarades. Ce jour là, son régiment compte également 15 disparus, 31 blessés et 3 intoxiqués. (récit du combat JMO 26N 830/4 p.56-62/120)

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Matricule 652—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1902: CHABRAN Ernest Casimir, mort à 34 ans

CHABRAN Ernest Casimir, fils de François et de Marie Appolonie BESSAC, est né le 25 juin 1882 à Vacqueyras.  Après son service militaire en Tunisie, Ernest exerce le métier de maréchal-ferrant à Lyon, avant de s’installer dans le Vaucluse  et d’épouser Marie Antoinette TALON au Pontet le 23 novembre 1912. Leur fille Jeanne Rosalie nait en aout 1913. La famille  s’installe aux Valayans en mai 1914.

Ernest est mobilisé en aout 1914 et est incorporé au 258e RI d’Avignon. Son frère Fernand François CHABRAN (classe 1906) et son beau frère de Gabriel CEBE (classe 1893) sont également mobilisés.

Son régiment est engagé dans la bataille de Malancourt en mars 1916. Ernest disparait lors de ces combats le 20 comme de nombreux camarades de régiment originaires de Provence, tués ou capturés.

Le 20 mars 1916, vers 7heures du matin, commença le bombardement excessivement violent par obus et torpilles de nos positions du bois et à l’est du bois. Les abris construits avec des rondins étaient insuffisamment résistants, et au bout de quelques heures, les tranchées étaient complétement bouleversées et démolies. De nombreux hommes étaient ensevelis dans leurs abris. Les avions allemands, qui survolent seuls nos lignes sur le bois, règlent le tir sans être gênés, et l’absence de feuilles aux arbres facilite leur travail de réglage. Les tranchées de première ligne, si bie organisées pour des attaques par surprise, n’étaient plus que trous d’obus et abris effondrés. Cette ligne de tranchées ne pouvait plus offrir la moindre résistance et cependant, quelques allemands, vers 14h30, après un « Trommel Feuer » formidable, attaquèrent les tranchées occupées par le 258e avec des jets de liquide enflammé; ils trouvèrent devant eux des poilus, qui ayant pu échapper au bombardement, arrêtèrent leur marche en avant et leur causèrent des pertes sensibles.

Sa femme demandera des renseignements sur une possible captivité auprès de la Croix Rouge. Il est déclaré comme étant décédé ce jour en janvier 1919.

Matricule 534—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

 

 

 

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Classe 1902: MACHIN Joseph, mort à 36 ans

Machin JosephMACHIN Joseph, fils d’Émile et de Léonie GAUDOT, ainé de 7 enfants, est né à Brion (Saône et Loire) le 6 novembre 1881. En 1906, papetier à Gromelle, il vit à Vedène avec sa femme Philomène TUCELLI et leurs deux enfants Émile (1902-1983) et Louise (1904-1993). Trois autres enfants verront le jour avant sa mobilisation: Jean Marie (1907-1907), Sauveur (1908-1909) et Francis Albert (1912-).

A la mobilisation générale, il intègre le 58e RI d’Avignon. Après avoir pris part avec son régiment aux combats de Dieuze et de la Marne (1914), à l’offensive de Champagne (1915) et à la guerre des tranchées de Verdun (1916), Joseph et le 58e RI sont envoyés sur le Front d’Orient. Parti de Marseille pour Salonique en janvier 1917, le 58e passe par le secteur d’Osin, d’Athènes et se fixe à l’ouest de Monastir fin juillet 1917.  Le terrain est difficile puisque très rocheux et les « tranchées » font à peine 80cm de profondeur. Joseph est blessé par un éclat de torpille le 4 aout. Il décède au poste chirurgical le 14 aout 1917 près de Bitola  (ex Monastir / Macédoine actuelle). Son corps est enterré dans le cimetière militaire de Bitola (tombe individuelle 5279).

Matricule 534—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, sur le livre d’or de la commune et sera ajouté à la plaque commémorative de la mairie (à cause de l’enregistrement du décès tardif)

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Classe 1903: ESTELLON Joseph Auguste Mamert, mort à 31 ans

ESTELLON Joseph Auguste (Augustin) Mamert, fils de Laurent Abel et de Joséphine BOURGET, frère de Joseph Étienne Mamert, est né à Drignac (aujourd’hui renommée Ally – Cantal) le 14 juin 1883.  Il vit avec sa famille à Courthézon quand,  alors étudiant, il s’engage volontairement  dans l’Armée pour trois ans en novembre 1902.

Joseph devient second canonnier conducteur en novembre 1902, puis brigadier fourrier en janvier 1904 et maréchal des logis le 4 octobre 1904. Il se réengage  pour un an en aout 1905, puis pour un an de plus en 1906, et enfin pour deux ans supplémentaires en novembre 1907. Joseph obtient le grade de maréchal des logis fourrier en juin 1908. Il choisit de poursuivre sa carrière militaire et de compléter par la théorie ses acquis du terrain. Il est nommé élève officier en octobre 1908 et est admis à suivre les cours de l’école militaire de l’artillerie et du Génie.

Joseph est promu sous-lieutenant par décret en septembre 1909 au 6e régiment d’artillerie puis obtient le grade de lieutenant le 1er octobre 1911. Il intègre ensuite le 55e régiment d’artillerie en janvier 1912.

Concernant sa vie privée, Joseph épouse Amélie SANDRIN le 11 juillet 1907 à Courthézon. Le couple a un fils, Abel, (1907) et une fille Marie Madeleine (1909).

A la mobilisation générale, Joseph encadre les recrues au dépôt. Le régiment prend le train et remonte la rive droite du Rhône. Il passe par Lyon, Dijon, Neufchâteau et Mirecourt, puis enfin Vélize. Le régiment se rassemble dans les environs d’Haroué. Les différends groupes d’artillerie ont pour mission de préparer la marche de l’infanterie dans le village de Montcourt. Le premier feu se tient le 14 aout 1914. Le 16, après deux nuits passées sur le champs de bataille sous la pluie, le régiment rassemblé passe la frontière (Lorraine annexée).  L’ennemi continue sa retraite, trop rapide de l’avis de certains. Le 18, le régiment se trouve en batterie dans les environs de Dieuze. Derrière eux, les étangs de Lindre, par devant se trouve les pentes boisées de Bénestroff. L’infanterie est arrêtée par l’ennemi qui a ajouté aux défenses naturelles une organisation puissante. Des tranchées bétonnées et une importante artillerie le protègent. Pendant toute la journée, des avions ennemis survolent à faible hauteur les positions françaises, réglant par fusées le tir dont la précision croit sans cesse. Les pertes sont lourdes. Pas d’autre abri que celui offert par le matériel, et ce durant deux jours. C’est le 19 que Joseph, lieutenant de la 1ère batterie, est mortellement atteint par un obus à son poste de combat. C’est le premier officier tué au régiment. C’est aussi un des premier poilu saint-saturninois à tomber.

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Matricule 653—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Courthézon, sur le livre d’or de Courthézon, et sur les  plaques  commémoratives des deux mairies.

Dossier Légion d’Honneur non retrouvé (contrairement au dossier de son fils Abel qui a lui aussi obtenu la Légion d’Honneur/ enseigne de vaisseau 2nde classe en 39-45). Absent du tableau d’Honneur (L’Illustration) – Historique du 55e RAC—sans date—disponible sur Gallica

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Classe 1904: DUCRES Victor Marius, mort à 31 ans

DUCRES Victor Marius, fils de François Xavier et de Sylvie GOUBET, frère d’Henri est né le 22 novembre 1884 à St Saturnin. Sur le recensement de 1911, il est domicilié avec sa mère quartier des Grandes Terres et exerce le métier de maçon. Victor épouse Émilie Julie LAFFONT à St Saturnin le 26 aout 1911. Leur fils Augustin nait en aout 1912.

Lors de la mobilisation générale, Victor est incorporé au 58e RI d’Avignon en décembre 1914 puis passe au 141e RI de Marseille en mars 1915. Victor intègre ensuite le 415e RI. Il est cuisinier en seconde ligne avant de passer en première ligne fin aout 1915.  Il est tué à Perthes les Hurlus (Marne) le 25 septembre 1915, d’une balle dans la tête.  (sur sa fiche matricule, son décès est noté au 2 octobre 1915 bien que sur le JMO du régiment sont nom n’est noté pour aucune des deux dates).

Victor écrivait chaque jour à sa femme. Toutes ses lettres ont été conservées par son épouse, puis son fils Augustin et aujourd’hui son petit fils Jacques.

Matricule 616—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur les plaques de la mairie et de l’église ainsi que sur le livre d’or

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Classe 1904: GIRARD Albert

GIRARD Albert, fils de Claude et de Virginie COURTIL, nait à Avignon le 19 juillet 1884. Journalier puis ouvrier d’usine chez les frères PICHAT, il épouse Joséphine ESTELLON le 14 avril 1910 à St Saturnin. En 1911, il vit quartier des Grandes Terres avec sa femme et ses enfants, Claudine née en 1910 et Félix né en 1913.

A la mobilisation générale, il incorpore le 258e RI d’Avignon au poste de clairon. Il est signalé disparu dès le 29 septembre 1914 à St Mihiel (Marne) sur sa fiche matricule mais son décès est antérieur puisque fixé au 20 septembre 1914.

Sa femme demande une enquête auprès de la Croix-Rouge et obtiendra une réponse négative quant à une hypothétique captivité 8 mois plus tard.  Il faudra attendre un jugement déclaratif du tribunal d’Avignon en date du 17 novembre 1920 pour que son décès soit reconnu et noté sur les registres communaux.

Matricule 653—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

 

 

 

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900