Bilan – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes

Bilan de la Première Guerre Mondiale à St Saturnin lès Avignon

en quelques chiffres

4 aout 1918 – Le 58e RI d’Avignon quitte la caserne Chabran pour le Front

 

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Cette série d’articles sur les poilus de St Saturnin vous a donné envie d’en savoir plus sur les poilus de votre famille? Voici la « marche à suivre d’une recherche « classique »:

A noter, le site « Grand Mémorial » est une base nationale qui regroupe les bases de matricules des archives départementales, des Archives nationales d’Outre-mer et du ministère des Affaires étrangères ainsi que la base des Morts pour la France 14-18. Attention toutefois, l’indexation n’est pas exhaustive. Aussi nous vous conseillons d’effectuer vos recherches de la façon indiquée ci-dessus si « votre poilu » n’apparait pas dans les résultats de cette base.

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11 novembre 2018

Ces chiffres sont amenés à évoluer. Une enquête plus poussée sera menée en 2019 en vue de la rédaction d’un livre sur St Saturnin lès Avignon durant les années 1910-1960. Aussi, nous appelons les saint-saturninois à nous ouvrir leurs archives, afin de partager leurs souvenirs familiaux, récits, témoignages, photos, cartes postales.

 

 

 

 

 

 

Liens:

Registres matricules du Vaucluse: http://earchives.vaucluse.fr/document/FRAD084_IRL000008#description

Journaux de Marche des Régiments: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/recherche.php?fam=5

Archives du Comité International de la Croix Rouge: https://grandeguerre.icrc.org/fr/File/Search/

Morts pour la France: http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/base_morts_pour_la_france_premiere_guerre/

Grand Mémorial: http://www.culture.fr/Genealogie/Grand-Memorial

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1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

7/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1916 à 1918

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

Dernier épisode: des classes 1916 à 1918. ALBIN Prosper Auguste, ARNAUDET Pierre François, CEBE Marius Antonin, MALEN Félix, LAMIABLE Henri, RAVET Philippe et DUBEC Marcel Roger

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Classe 1916: ALBIN Prosper Auguste, mort à 20 ans

ALBIN Prosper Auguste, fils de Louis Célestin, charpentier, et de Louise TELMON, originaires de Briançon, nait le 30 avril 1896 à St Saturnin. Alors âgé de 18 ans, il s’engage volontairement dans l’Armée au début du conflit, le 25 août 1914 en la mairie d’Avignon. Ses deux frères, Émile Célestin  et Victor Léon  sont également mobilisés.  Sergent du 52e Régiment d’infanterie cantonné à Montélimar, il est promu caporal le 3 juillet 1915.

De mars à août 1916, le 52e RI tiendra les secteurs du fort de Vaux et du tunnel de Tavannes. Il résistera aux bombardements les plus formidables, surmontant des souffrances et des fatigues inouïes. C’est dans ces conditions que Prosper Auguste perd la vie. Il est tué à 20 ans dans les tranchées de Saales, entre Damloup et Verdun, le 6 mai 1916, sous les bombardements intensifs de l’ennemi. Ce jour là, son régiment perd 9 hommes et compte 6 blessés.

 Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: ARNAUDET Pierre François, mort à 22 ans

ARNAUDET Pierre François, fils de Thomas et de Jacqueline DIDIER, nait le 25 septembre 1896 à St Saturnin.  Il est cultivateur et vit avec ses parents à Velleron lors de sa mobilisation en mars 1916. Il intègre le 86 e RI en avril 1915, puis le 38e Ri en décembre 1915 et enfin le 83e RI, 2e bataillon, en mai 1916. Pierre François apprend le décès de son cousin germain Pierre Gabriel en mai 1917.

Il reçoit une citation à l’ordre de son régiment le 5 janvier 1918. Pierre Gabriel est blessé le 25 avril 1918 et hospitalisé pour 5 jours à Abbeville suivi d’une période de convalescence de 25 jours à Lannion avant de retourner au combat le 21 juin.

Le 17 octobre 1918, une attaque est déclenchée à 5h30 sur la cote 139 par les 1er et le 2e bataillon dans le secteur de Hauteville (Aisne). Le 1er, à droite, ne peut avancer, le 2e, à gauche, en liaison avec le 88e, réussit à progresser d’environ 200 mètres en direction du ravin de la côte 114. L’attaque un moment ralentie, est reprise à 10 heures. Le second bataillon dépasse successivement la route Hauteville—cote 139 et réussit à atteindre le chemin de terre Hauteville 75-25. Au cours de cette avancée, 42 prisonniers sont capturés auxquels s’ajoutent 4 mitraillettes et une mitrailleuse lourde. A la nuit tombée, le chemin de terre Hauteville 78-20 était atteint.

Pierre François est blessé lors de cette attaque et décède des suites de ses blessures le même jour. Il sera le seul tué de son régiment ce jour là et reçoit la Croix de Guerre médaille de bronze à titre posthume. Il est aussi le dernier poilu saint-saturninois décédé sur le Front.

 

« Observateur de bataillon courageux et dévoué, a assuré son service avec zèle malgré de violents bombardements pendant la période du 13 novembre au 14 décembre 1917. » citation 208 du 5 janvier 1918

Secteur du 83e RI – octobre 1918

Matricule 596—Bureau d’Avignon—Mort pour la France , Croix de Guerre—Inscrit sur le monument aux morts de Velleron

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Classe 1916: CEBE Marius Antonin, mort à 20 ans

CEBE Marius Antonin, fils de Jules Joseph et de Françoise MAILLAN, voit le jour à St Saturnin le 23 septembre 1896. Cultivateur, puis ouvrier en peigne, il vit quartier des Aires en 1911 avec ses parents, son frère et ses deux sœurs.

Lors de sa mobilisation en avril 1915, Marius est incorporé au 2e régiment de zouaves à Sathornay dans lequel il devient caporal.

Le 15 février 1916, son régiment se rapproche de Verdun et s’engage, au lendemain de l’attaque, derrière la 72e division sur les secteurs du bois des Fosses, de Beaumont, de Vacherauville et du bois de la Wavrille. Le régiment, en trois jours, a perdu 31 officiers et 1100 hommes, mais Marius Antonin en a réchappé. Sur la rive gauche de la Meuse, il va, en avril et pendant plus d’un mois, défendre le plateau des Rieux qui domine Avocourt. En mai 1916, en avant de la fôret de Hesse, son régiment perd 400 hommes. Le 5 juin, les allemands s’emparent du fort de Vaux. pour rétablir la situation, le Général Nivelle forme une brigade provisoire avec le 2e régiment de zouaves et le RICM qu’il considère comme « les deux plus beaux régiments de France ». Durant dix jours se déroulent de terribles combats. Marius Antonin est tué le 15 juin 1916 au sud du Fort de Vaux (Verdun). Les zouaves ne seront relevés que le 17 après avoir perdu 900 hommes.

Son corps sera enterré à Fleury devant Douamont (Meuse) en la nécropole nationale de Douamont (tombe individuelle 12541).

Secteur de Verdun

Matricule 512—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: MALEN Félix, mort à 21 ans

MALEN Félix,  fils de Maurice et de Marie BERARD, nait à St Saturnin le 27 mars 1896. Tailleur sur cristaux, il vit avec sa famille à Rambervillers (Vosges) en 1915.

Lors de sa mobilisation, il intègre tout d’abord le 21e RI, puis le 152e Ri en novembre 1915 et enfin le 109e RI, 9e compagnie en juin 1916.

Félix décède le premier jour de l’un des plus terribles combats de 1917, la bataille de la Malmaison, qui se déroula du 23 au 25 octobre. Elle tient son nom du fort de la Malmaison, situé à côté du chemin des Dames, dans l’Aisne. Son issu sera le repli des allemands sur la rive droite de l’Ailette. Ce qui rend ce combat notable est sa préparation d’artillerie, d’une intensité qu’on ne reverra plus avant la bataille de Koursk, en 1943: près de 1800 pièces d’artillerie françaises, pour 12 km de front, ont envoyé plus de 3 millions de projectiles en quelques jours.

Félix est donc tué le 23 octobre 1917 à Jouy (Aisne), à 150m au Nord du Poste de commandement d’Ulm, près de la tranchée Léopard.  Ce jour là, son régiment compte 43 tués, 4 disparus et plus de 100 blessés.

Matricule 1269—Bureau d’Épinal—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin, de Rambervillers ainsi que sur le livre d’or de Rambervillers

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Classe 1917: LAMIABLE Henri, mort à 20 ans

Lamiable fiche AiLAMIABLE Henri nait à Montpellier le 9 février 1897 dans une voiture, ses parents étant sans domicile fixe. Fils d’Albert et de Blanche LEFEVRE, Henri, employé en tant qu’ouvrier verrier chez M. Dupuis. Sa mère, originaire des Ardennes décède jeune. Henri vit ensuite à St Saturnin avec son père Albert, vannier, originaire de l’Aube . Après le décès de ce dernier en novembre 1913, Henri s’installe à Montfrin dans le Gard.

Il est mobilisé le 9 janvier 1916 et intègre le 75e RI de Romans. Il passe ensuite par le 140e RI de Grenoble et le 4e RI d’Auxerre. C’est au sein de ce régiment qu’il est promu caporal le 16 avril 1918.

« Bon soldat volontaire pour les missions délicates. A exécuté plusieurs patrouilles dangereuses » citation 413

Henri est tué le 18 juillet 1918 au combat du Bois de Courton (Marne). Il est décoré de la Croix de guerre étoile de bronze à titre posthume.

Matricule 522—Bureau – Mort pour la France—Croix de guerre étoile de bronze. Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie. Il est aussi inscrit sur le livre d’or et le monument aux morts de Montfrin.

 

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Classe 1917: RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, mort à 21 ans

RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, fils d’Henri Roger et de Marie Rose BOUSTIER, voit le jour à St Saturnin le 19 juin 1897. En 1911, alors âgé de 14 ans, Marius vit quartier des Grès avec ses parents et ses trois sœurs.

Il incorpore le 40e RI à compter du 1er janvier 1916 puis passe au 273e RI le 21 mars 1917. Marius disparait le 1er juin 1918 à l’Échelle (Aisne). Sa famille, dont son beau frère Marcel BOYER, mobilisé lui aussi, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge en espérant une captivité ou une hospitalisation. Ils reçoivent une réponse négative le 18 novembre 1918. Ses camarades de régiment indiquent par la suite que son corps a été enterré en la nécropole Vauxbuin (tombe 119 carré D).

Un jugement du tribunal d’Avignon du 13 décembre 1921 fixe son décès au jour de sa disparition.

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Matricule 544—Bureau d’Avignon– Mort pour la France – Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1918: DUBEC Marcel Roger, mort à 20 ans

DUBEC Marcel Roger, né à Entraigues le 16 novembre 1898, vit avec ses parents Antoine et Thérèse TEISSIER ainsi que ses deux sœurs à St Saturnin en 1911, quartier du Sablas. Marcel est ouvrier d’usine tout comme son père chez M. Despert et sa sœur Virginie, ouvrière en soie chez M. Bérud.

Incorporé au 22e régiment d’infanterie coloniale le 18 avril 1917, Marcel passe ensuite au 173e RI en juillet 1918. Rejoint par des troupes canadiennes, le régiment reçoit l’ordre de reprendre le village de Fresnoy-les-Roye. Blessé lors des combats, il meurt des suites de ses blessures le 23 aout 1918 « à l’ambulance » dans le secteur du Plessier-Rozainvillers (Somme). Son corps a été inhumé dans la nécropole nationale de Montdidier (tombe 1330).

Matricule 986—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de Saint Saturnin., le livre d’or et la plaque commémorative de la mairie.

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A suivre…

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

 

 

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

6ème épisode: des classes 1914 à 1915. BERNARD Marius Louis, GUERAUD Jean Marie, JEAN Eugène, BOUCHE Antonin, CEBE Georges Claude, CHAUTARD René, MARCELIN Étienne, NITARD Victor Joseph et SAUVAN Marcel François

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Classe 1914: BERNARD Marius Louis, mort à 21 ans

BERNARD Marius Louis, fils de Joseph Dominique et de Virginie ROUCHON, est né le 12 mai 1894 à St Saturnin. Sur le recensement de 1911, Marius vit dans le centre du village avec sa mère, sa sœur Fernande et son frère Élie Lucien. En avril 1914, il épouse Angeline GAINTRAND. Un petit Charles Albert voit le jour le 26 septembre 1914, après la mobilisation de Marius.  Il exerce la profession de journalier chez M. FABRE lorsque la guerre éclate.

Incorporé au 38e régiment d’artillerie de campagne, il passe ensuite au 22e régiment d’infanterie coloniale de Marseille. Blessé le 25 septembre 1915, il décède le 30 prés de Minaucourt (Marne). Marius Louis est enterré dans la nécropole nationale de Pont du Marson (tombe 1013). Le malheur frappera encore la famille puisque le petit Charles Albert décédera en janvier 1916, à l’âge de 16 mois.

Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin. Son nom figure également sur la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1914: GUERAUD Jean Marie, mort à 24 ans

GUERAUD Jean Marie Alphonse Fidelin nait le 19 aout 1894 à Villard-Reculas (Isère). Fils de Marius et de Joséphine MICOUD, Jean Marie n’apparait pas sur le recensement de 1911 alors que ce document note son père, papetier, résidant quartier de Gromelle. Jean Marie y épouse Marie Ada Anna IMPERIALI en mai 1914. Deux enfants naitront de leur union, Irène en juillet 1915 et Armand en septembre 1917.

Mobilisé, Jean Marie est incorporé au 58e RI d’Avignon à compter du 17 décembre 1914 puis passe au 149e RI d’Epinal en mai 1915, régiment dans lequel il sera promu caporal (1er mars 1918) puis sergent (11 juin 1918). Dès juillet, il reçoit une citation pour son courage.

Jean Marie est tué  le 13 octobre 1918 sur le champ de bataille du secteur d’Orfeuil (Ardennes). Sa deuxième citation relate les conditions de son décès. Son corps est enterré dans la nécropole nationale d’Orfeuil.

« Par son énergie et son exemple, a maintenu son équipe de F.M. sous le feu violent de mitrailleuses préparent l’assaut et a enrayé ensuite la progression ennemie. » citation 211 du 11 juillet 1918

« Sous-officier chef de demi section très énergique, entraineur d’hommes. A l’attaque du 13 octobre 1918 en conduisant sa section, a eu les deux jambes coupées par des éclats d’obus au moment où il arrivait sur sa position. Mort de la suite de ses blessures.» citation 233 du 4 novembre 1918

Matricule 233—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1914: JEAN Eugène, mort à 21 ans

JEAN Eugène Marie Séraphin nait le 9 aout 1894 à St Saturnin. Fils de Lucien Paul et de Virginie NOGIER, tous deux instituteurs, Eugène, bachelier, réside à Orange lors de sa mobilisation en septembre 1914.

Incorporé au 163e régiment d’infanterie, il passe au 13e régiment d’infanterie en février 1915. Eugène est tué le 1er avril 1915 au Bois le Prêtre (Meurthe et Moselle) et est inhumé au cimetière de la ferme du Pétang (Montainville).

Matricule 394—Bureau d’Avignon— Mort pour la France –Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or d’Orange.

 

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Classe 1915: BOUCHE Antonin, mort à 26 ans

BOUCHE Antonin, fils de Louis François et de Pauline FAVIER, nait à St Saturnin le 14 janvier 1895. La famille suit le père, tantôt charretier, tantôt ouvrier d’usine, dans les différentes villes où celui-ci trouve du travail: Orgon, St Saturnin, Entraigues et enfin Avignon où Antonin est recensé en 1911. Il exerce alors la profession de cocher-livreur.

A la déclaration de la guerre, père et fils sont mobilisés. Antonin est incorporé au 163e RI de Nice à partir du 17 décembre 1914. Il est blessé aux oreilles par éclats de bombe à Flirey (Meurthe et Moselle) le 31 juillet 1915. Quelques semaines plus tard, il est évacué (22 novembre 1915) à Moully (Meuse) pour une bronchite. En réalité, Antonin a contracté une tuberculose pulmonaire (il est possible que ce soit la grippe espagnole et ses conséquences pulmonaires) en service dont il ne guérira pas. Réformé temporaire, il rejoint le domicile familial à Avignon mais ne retournera jamais au Front. Il décède le 1er aout 1921 à l’âge de 26 ans à Avignon et est reconnu mort pour la France en mai 1930. Antonin est officiellement le dernier poilu saint-saturninois mort pour la France.

Louis, son père, aura été mobilisé du 7 août 1914 au 25 décembre 1918. (matricule 687—classe 1894)

Matricule 1464—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom ne figure sur aucun monument aux morts, ni sur un livre d’or.

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Classe 1915: CEBE Georges Claude, mort à 21 ans

CEBE Georges Claude, fils de Célestin et de Marie Lucie COLOMBIER, voit le jour à St Saturnin le 6 juillet 1895. Journalier, puis papetier à Gromelle, il vit quartier des Grès avec sa mère et ses trois frères en 1911.

Il intègre le 27e Bataillon alpin de chasseurs à pied de Menton le 27 décembre 1914. Les bataillons de chasseurs à pied sont composés généralement d’hommes de petite taille (Georges mesure 1m59), très vifs et excellents tireurs. Ces bataillons rapides agissent en tirailleurs à l’avant de l’infanterie. En novembre 1916, le 27e bataillon est mobilisé sur le secteur du bois de Saint-Pierre-Waast (Somme). Le 5 novembre, une attaque est menée sous le feu violent d’artillerie et de mitrailleuses. Georges est tué  lors des combats, comme 32 autres soldats de son bataillon. Ce jour là, le 27e BCP compte également 170 blessés et 256 disparus.

Matricule 922—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie, le livre d’or de la commune ainsi que sur l’historique du 27e BCP (Gallica)

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Classe 1915: CHAUTARD René, mort à 20 ans

CHAUTARD René Joseph Marie, né le 7 décembre 1895 à Dijon, est le fils d’Étienne et de Marie Joséphine CHIREIX. Un des témoins de sa naissance est René CHAUTARD, son grand père, domicilié à St Saturnin.  René est mécanicien et vit avec sa famille dans le 7e arrondissement de Lyon en 1914.

Mobilisé en décembre 1914, René intègre brièvement le 14e bataillon de chasseurs à pied avant de passer au 114e bataillon de chasseurs en janvier 1915. Il est ensuite incorporé au 2e groupe d’aviation en juillet 1915.

René décède d’une maladie contractée en service à l’hôpital militaire de Desgenettes de Lyon le 22 juillet 1915. Son corps est enterré au cimetière de St Saturnin.

Matricule 1623—Bureau de Lyon Central— Mort pour la France– Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin et la plaque commémorative de la mairie ainsi que sur le livre d’or de Lyon

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Classe 1915: MARCELIN Étienne Joseph, mort à 20 ans

MARCELIN Etienne Joseph nait à Vedène le 4 novembre 1895. Fils de Louis et de Marie Magdeleine LAGET, Joseph est papetier à Gromelle lorsqu’il est mobilisé en décembre 1914.

Incorporé au 97e RI, 15e compagnie, Joseph est tué le 24 juin 1915 devant Souchez (Pas-de-Calais) au terme de combats héroïques.

Les groupes épars souvent sans chef, s’élancèrent le 16 juin à l’heure H dans la fournaise et dans la mort. Un cuisinier, Chapuis, voyant un de ces groupes, composé de bleuets de la classe 1915 hésiter, prit un fusil et s’élança à leur tête. Mais isolés, perdus dans la tourmente, renversés par les explosions et la fusillade, les assaillants sont cloués sur le sol. Le 1er bataillon est seul parvenu au cimetière de Souchez il reste 3 jours et 3 nuits et l’abandonne enfin, n’ayant plus ni munitions, ni vivre, réduit à 3 officiers et 100 hommes environ. La bataille est terminée. Le rêve de la percée s’est évanoui, de dures réalités lui succèdent. Durant tout l’été, le régiment demeure sur ce sol que les obus de 150 ou 210, les mines de toute nature ne cessent de bouleverser. Il fait une chaleur torride. Les pauvres morts dont le nombre s’accroit sans cesse, gisent sur le sol et dégagent une terrible odeur, des nuées de mouches obscurcissent l’air par instant, le ravitaillement est toujours difficile, on est sans abris, on a soif et pourtant pas une plainte. Tous, chefs et soldats, accomplissent stoïquement leur devoir, forment, morts et vivants, barrière à l’envahisseur.

Durant ces bombardements (entre le 24 et 28 juin) son régiment perd 53 hommes.

 

Matricule 512—Bureau d’Avignon— Mort pour la France- Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Vedène, les plaques commémoratives des deux mairies ainsi que sur le livre d’or de Vedène.

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Classe 1915: NITARD Victor Joseph, mort à 21 ans

NITARD  Victor Joseph, fils de François Joseph et de TOURRE Marie, cousin germain d’Albert Joseph (classe 1911), est né le 10 septembre 1895 à St Saturnin. Journalier, il vit dans le centre du village en 1911 avec sa mère et sa tante.

Ayant atteint l’âge du service militaire, il est incorporé au 38e régiment d’infanterie en décembre 1914, puis passe à la 53e division d’infanterie, 224e RI en novembre 1915. Après un bref séjour à Harbonnières et dans le ravin des Baraquettes, le 224e RI remonte en ligne dans le secteur d’Estrées (Somme). Il y occupe le village, sauf un ilôt de maisons encore aux mains de l’ennemi. C’est lors de combats pour reprendre cette zone que Victor  est tué le 7 juillet 1916, comme 16 de ses camarades.

Matricule 971—Bureau d’Avignon— Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1915: SAUVAN Marcel François, mort à 26 ans

SAUVAN Marcel François, fils de Samson Théophile et de Marie Augustine CHARBONNEL, est né à Mazan le 10 avril 1895 (et non 1890 comme indiqué sur sa fiche MPF).  Papetier, il vit avec sa mère, son frère (exempté), sa nièce et son oncle maternel quartier des Aires en 1911.

Marcel est incorporé au 3e régiment d’infanterie de Digne en décembre 1914. Il passe ensuite au 111e RI puis au 55e RI en  juin 1915. En aout 1915, son régiment est installé dans le secteur de Perthes les Hurlus (Marne) et subit la guerre des tranchées. De fréquentes explosions de mines et de contre-mines rythment les journées des soldats.

Photo extraite du JMO du 55e RI – Aout 1915

Marcel est tué le 8 aout 1915 sur la côte 304 d’Haucourt-Malancourt (Meuse), par l’explosion une mine, comme 6 de ses camarades. Son corps est probablement enterré au cimetière de la Maison Forestière (source service de santé du 55e RI).

 Matricule 990—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

4ème épisode: des classes 1909 à 1911. ARNAUDET Pierre Gabriel, SOURDON Paul, BUISSON Paul, TESTE Raphaël, CLÉMENT Charles, MOREL Norbert et NITARD Albert

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Classe 1909: ARNAUDET Pierre Gabriel, mort à 28 ans

ARNAUDET Pierre Gabriel, né le 31 mars 1889 à St Saturnin, est le fils de François et de Fanny ALLEMAND. La famille réside à Velleron en 1910.

A la mobilisation générale, il est affecté au poste de canonnier tout d’abord au 10e RAP puis au 62e RAC (mars 1915), et enfin au 3e Régiment d’Artillerie Coloniale, 106e batterie de bombardier (septembre 1915). Dans un premier temps déclaré disparu (9 mai), Pierre est déclaré mort le 10 mai 1917 par éclat d’obus à Clamecy /Banc de Pierre (Aisne). L’annonce de son décès n’a pas dû être immédiate étant donné que son père a fait des démarches auprès de la Croix Rouge, en obtenant une réponse négative en juillet 1917.

Pierre Gabriel était le cousin germain d’ARNAUDET Pierre François (classe 1916) , tué lui aussi au front en octobre 1918.

Matricule 550—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or de Velleron

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Classe 1909: SOURDON Paul Adrien, mort à 25 ans

SOURDON Paul Adrien est né à Carpentras le 4 mars 1889. Fils de Pascal et de BONNEFOUX Augustine, il est maçon et réside avec ses parents à Monteux lorsqu’il effectue son service militaire en 1910.  Il réside ensuite à St Saturnin où il épouse Geneviève GIRARD (sœur d’Albert classe 1904) le 14 aout 1913.

Lors de la mobilisation générale Paul intègre le 2e régiment de zouaves et part en renfort avec son régiment à Tracy –le-Mont  (Oise) où il disparait le 19 septembre lors d’un combat dans la fôret de Laigue.

La « Brigade marocaine » se dévoua pour ses camarades d’Afrique et fut sublime. Elle s’élança sur Carlepont. Après plusieurs tentatives infructueuses et sanglantes, finit par y pénétrer, livra dans la nuit un horrible combat de rues, permit à la 37ème division d’échapper à la tenaille allemande et de se replier sur Tracy-le-Mont et Tracy-le-Val. Pendant ces trois journées de combats ininterrompus, le 2ème Zouaves venait de barrer la route de Paris et de briser les efforts de l’ennemi. Après être resté un jour en cantonnement d’alerte à Tracy-le-Mont, le 2ème Zouaves était lancé à nouveau dans la mêlée. Une division, pressée par un ennemi très supérieur en nombre, et qui avait accumulé un formidable matériel d’artillerie lourde, venait de lâcher pied à notre droite; il fallait reconquérir le plus possible de terrain perdu.

Sa famille entreprend des recherches auprès de la Croix Rouge en dernier recours en novembre 1917. Après de multiples demandes, La Croix Rouge lui transmet une réponse négative en juillet 1918. Un jugement déclaratif de décès du tribunal d’Avignon est rendu le 6 mai 1920.

 Matricule 683—Bureau d’Avignon–Mort pour la France—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Monteux ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie de St Saturnin et le livre d’or de la commune.

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Classe 1910: BUISSON Paul Joseph Louis, mort à 24 ans

BUISSON Paul Joseph Louis, fils de François Placide et de Magdeleine BUISSON, nait à Avignon le 24 février 1890. Il vit au Thor avec sa famille.

Paul vient d’effectuer son service militaire (octobre 1911-novembre 1913) lorsque la guerre est déclarée. Mobilisé, il rejoint le 3e RI. Envoyé sur le secteur de Dieuze, il est  blessé et fait prisonnier le 20 août 1914, comme 524 hommes de son unité. Envoyé dans le camp de prisonniers de Lechfeld (Bavière), il y décède de ses blessures le 11 septembre. Paul est inhumé dans le cimetière de Neuburg an der Donau (tombe 72-73).

Matricule 81—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie.

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Classe 1910: TESTE Raphaël Albert, mort à 24 ans

TESTE Raphaël Albert, fils de Cyprien Pierre et d’Émilie Eugénie CREIX, nait à Monteux le 13 octobre 1890. Cultivateur, il vit à Jonquerettes avec sa famille.

Raphaël s’engage volontairement dans l’Armée pour 5 ans en septembre 1910. Il intègre alors le 1er régiment de chasseurs d’Afrique et part pour l’Algérie (septembre 1910-novembre 1911) et le Maroc (novembre 1911—aout 1914). Le 12 aout 1914, son régiment quitte Casablanca et débarque à Sète, puis passe par Carcassonne avant de rejoindre Juvisy. Raphaël fait partie du 1er escadron dit « de Benoist » et traverse Paris  le 2 septembre avant de rejoindre le front de la Marne. Le 1er novembre, le régiment se dirige vers la frontière belge afin d’appuyer une action anglo-française. Le 3 novembre, le 1er RCA reste toute la journée sous le feu de l’artillerie ennemie. Le 4, les hommes se maintiennent dans des tranchées exposées au feu. Le 5, le régiment attaque sur la route de Valverghem à Messines. Vers 17h, le 1er escadron se porte à la gauche des tranchées anglaises pour remplacer un bataillon de chasseurs qui a effectué un mouvement en arrière. Un corps à corps se produit. Malgré le défaut de baïonnettes et la situation critique, l’escadron tient pendant six heures. C’est probablement à ce moment là que Raphaël a dû être tué, comme 14 autres camarades. (Historique du 1er RCA).

Matricule 198 —Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Médaille du Maroc—Son nom figure sur le monument aux morts de Monteux, sur les livres d’or de Jonquerettes et de Monteux

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Classe 1911: CLÉMENT Charles Étienne, mort à 20 ans

CLEMENT  Charles Étienne, fils de Marius Philippe et d’Adèle Virginie GAINTRAND, est né à St Saturnin le 18 septembre 1891. En 1911, journalier, il vit avec sa mère, ses frères et sœurs quartier des Grandes Terres.  Charles est incorporé à compter d’octobre 1912 pour accomplir son service militaire au sein du 4e Régiment de chasseurs d’Afrique à Tunis. La guerre se déclare alors qu’il est en service. Son régiment embarque à Alger le 9 aout et débarque à Sète le 12. Pas de permission délivrée en route pour saluer la famille. Par chemin de fer, Charles arrive à Lyon le 13 et débarque à Voujeaucourt, près de Montbéliard (Doubs) le 15. Son régiment est affecté à l’Armée d’Alsace, franchit la frontière et entre en Alsace le 16 aout. Le 19 au matin, le régiment se heurte à la sortie d’Heyviller (région d’Altkirsh) à des forces allemandes. Les soldats du 4e RCA partent pour leur premier combat plein d’enthousiasme mais se heurtent au feu des fusils et des mitrailleuses ennemis.

Le 19 août au matin, le régiment formant l’avant-garde de la 44e D.I. se heurte à la sortie S.E. d’Heyviller à des forces allemandes venues d’Huningue. Le 1er escadron (capitaine Penet) est en avant-garde du régiment. Son peloton de pointe s’engage au combat à pied. Le colonel donne l’ordre de charger. Au commandement vibrant du capitaine Penet, les pelotons Dabat, Broillat et Bonneaud, formés en vagues successives de fourrageurs, partent, soulevés d’enthousiasme. Au milieu des avoines, la charge franchit une crête, et, sous un feu effroyable de fusils et de mitrailleuses, traverse une première ligne d’infanterie allemande, se heurte à une deuxième tapie à la lisière des bois, tourne à gauche, traverse une troisième ligne subitement dressée en potence, fait un crochet pour éviter le feu d’auto-mitrailleuses établies sur la grande route, franchit cette route. Le lit d’un ruisseau formant défilement lui permet d’atteindre un petit bois où elle essaie de se rallier. Prise à partie par l’artillerie ennemie, elle repart au galop, rejoint enfin Heyviller et, peu après, le régiment. Le capitaine Penet et le lieutenant Broillat étaient tués. 68 gradés et chasseurs restaient sur le terrain. Un peu plus tard, une deuxième charge est exécutée vers le sud d’Heyviller par le peloton Belle, du 2e escadron, tandis que le peloton de Lorme, du 3e escadron, combat à pied. Blessé: le lieutenant Belle. Le mouvement d’encerclement de l’ennemi est arrêté par ces charges et par une audacieuse intervention de la S.M.

Charles Étienne est tué lors de ce combat. Il sera le premier tué saint-saturninois de la guerre.

Excellent trompette, courageux, ardent. A été tué le 19 aout 1914 en chargeant avec son peloton l’ennemi qui occupait le village d’Heyviller. A été cité. » citation 342 du 20  novembre 1920

Matricule 218—Bureau d’Avignon– Mort pour la France  –  Inscrit au tableau de la médaille militaire à titre posthume—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1911: MOREL Norbert, mort à 23 ans

MOREL Norbert Clément Philippe, fils d’Eugène Victor et de Zélie CUZIN, nait à Entrechaux le 26 mai 1891. En 1906, papetier, il vit à Chateauneuf de Gadagne avec sa mère et ses deux frères.  En 1911, Norbert réside à Malaucène tandis que sa mère domiciliée à St Saturnin.

Incorporé au 58e RI d’Avignon à compter d’octobre 1912 pour son service militaire, Norbert reste dans son régiment à la déclaration de la guerre. Il est blessé et fait prisonnier à Dieuze le 19 aout 1914.  Sans nouvelles, son frère Auguste, gravement blessé en septembre 1914, alors au dépôt des éclopés d’Avignon, demande de ses nouvelles à l’Armée.  Après enquête, il est établi que Norbert est décédé en captivité au camps d’Ohrdruf (Thuringe / Allemagne) des suites de maladie contractée en service, à priori le 1er septembre 1914 et y serait enterré. Ces renseignements ont été transmis à la famille le 16 aout 1915. Son corps sera rapatrié et inhumé au cimetière de St Saturnin le 28 février 1926.

 Matricule 256—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1911: NITARD Albert Joseph, mort à 27 ans

NITARD Albert Joseph nait le 15 avril 1891 à St Saturnin. Fils de Jean Joseph et d’Augustine ESTEVENIN, Albert vit avec ses parents, ses deux sœurs et sa tante maternelle dans le centre du village en 1911.  Incorporé au 13e régiment de chasseurs à cheval de Valence en octobre 1912 pour son service militaire,  il reste dans son régiment lorsque la guerre éclate en aout 1914. Albert est blessé une première fois le 23 octobre 1914 à Roulers (Belgique) par éclat d’obus au genou droit. De retour au Front, il passe ensuite au 75e RI (décembre 1915) avant de rejoindre le 340e RI (juin 1916). Blessé par éclat d’obus à la cuisse gauche le 3 septembre 1918, alors que son régiment attaque les positions ennemies de Lœuilly sous Coucy (Aisne), il décède à l’ambulance  le 9 dans le secteur de Gouvieux (Oise). Le même jour, son régiment compte 9 tués, 1 disparu et 96 blessés ou intoxiqués.

Son cousin Victor Joseph NITARD (classe 1915) est tué le 7 juillet 1916.

Prise de Leuilly sous Coucy – carte extraire du JMO 340eRI

Matricule 226—Bureau d’Avignon– Mort pour la France— Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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à suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

3ème épisode: des classes 1905 à 1908. ARMAND Clément, BEUNE Louis, CHABRAN Fernand, MARCELLIN Louis, BOUSSIER François, MONNIER Henri et REQUIN Joseph

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Classe 1905: ARMAND Clément Joseph, mort à 29 ans

ARMAND Clément Joseph, fils d’Antoine et d’Eulalie BALLOT, est né à Sainte Jalle (Drôme) le 13 novembre 1885. Cultivateur, il vit à Valréas lors de son service militaire en 1905, puis s’installe à Jonquerettes en 1910 avant St Saturnin en 1912.

Mobilisé à la déclaration de la guerre, il intègre le 258e RI d’Avignon. Le 20 septembre 1914, le 258e est en position dans le secteur d’Haltonville (Meuse)

Nos hommes tiennent ferme, et font éprouver de sérieuses pertes à l’adversaire. Mais la nuit arrive, à sa faveur l’ennemi parvient à s’infiltrer entre les tranchées, et à prendre les défenseurs entre deux feux. Beaucoup sont pris de panique et se réfugient dans le village où se livre un violent combat dans les rues d’Haltonville, au milieu des incendies des immeubles. Le capitaine Argaud qui a réussi à grouper autour de lui environ 200 hommes tient dans le village et sur les pentes d’Hattonchatel pendant toute la nuit. Au petit jour, il se replie lentement dans la direction de Chaillon.

Disparu ce jour là, il faudra attendre un jugement déclaratif du tribunal d’Avignon du 12 mai 1921 pour que son décès soit reconnu et noté sur les registres de St Saturnin.

Matricule 546—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom figure sur le livre d’or de la commune mais n’apparait sur aucun monument aux morts

 

 

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Classe 1905: BEUNE Louis Jean mort à 33 ans

BEUNE Louis Jean, fils de Valentin, charpentier,  et de Marthe Adélaïde MASSE, est né à Entraigues le 21 aout 1885. Papetier, il réside à St Saturnin depuis 1913. A la mobilisation générale, Louis intègre le 55e RI d’Avignon puis le 19e Régiment d’Artillerie de Nîmes en décembre 1914. Louis tombe malade, probablement de la grippe espagnole qui sévit à cette période. Envoyé en convalescence, il entre à l’hôpital d’Avignon le 4 octobre 1918 et y décède le 7. Sa fiche matricule indique « maladie non contractée en service ». Inscrit sur le monument aux morts en 1921, le titre de « Mort pour la France » lui est refusé lors de la rédaction du livre d’or de la commune à la fin des années 20.

« Maitre Pontier d’une conscience et d’un dévouement à toute épreuve. Le 18 juillet (1916) a continué à servir sa pièce sous un bombardement des plus violents. A donné à ses camarades un bel exemple de dévouement et de sang-froid » citation  139 du 9 aout 1916

Matricule 710—Bureau d’Avignon—Croix de Guerre—Non Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie. Sépulture en l’ossuaire national d’Avignon

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Classe 1906: CHABRAN Fernand François, mort à 30 ans

CHABRAN Fernand François, fils de François et de Marie Appolonie BESSAC, frère d’Ernest Casimir (classe 1902) est né à Sorgues le 1er septembre 1886. Ses parents divorcent rapidement après sa naissance et les deux frères deviennent pupilles de l’Assistance Publique. Fernand s’installe à St Saturnin lorsque son frère y épouse Marie Antoinette TALON en 1912. Il y épouse à son tour Rose Françoise MOULET le 24 janvier 1914.

A la mobilisation générale, Fernand rejoint le 258e RI. Il est blessé d’un coup de feu à la tête le 24 aout 1914 à Bussy. Classé dans les services auxiliaires après une période de convalescence, la commission de réforme le juge apte au service armé en septembre 1915. Il intègre alors le 84e RI en octobre 1915 tandis que sa femme est enceinte. Son frère Ernest est tué à Malancourt en mars 1916. Le mois suivant, Rose donne naissance à leur fille Marie Ange. Fernand incorpore ensuite le 246e RI (janvier 1918) et enfin le 169e RI (septembre 1918) en tant que clairon.

Fernand est tué à son tour le 1er octobre 1918 à Staden (Belgique) où il sera initialement inhumé avant un transfert de sa dépouille au cimetière militaire d’Ypres (Belgique) en juillet 1922—tombe 133, nécropole nationale St Charles de Potyze. Il sera décoré de la Croix de Guerre étoile de bronze à titre posthume.

« Tombé au champ d’honneur, glorieusement mort pour la France après avoir donné au cours d’une période de durs combats, toute la valeur de son héroïsme et de son dévouement » citation

Matricule 635—Bureau d’Avignon– Mort pour la France— Croix de guerre étoile de bronze. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1907: MARCELLIN Louis, mort à 28 ans

MARCELLIN Louis, fils d’Étienne et de  Louise CALVINI est né le 2 septembre 1887 à St Saturnin. Sa mère décède en 1889. Veuf avec deux enfants en bas-âge, son père se remarie avec Joséphine DUCRES. En 1906, Louis est journalier et vit avec son père, sa belle mère, son frère Marius, sa demi-sœur Léonie son demi-frère Martin (né à Avignon), au quartier des Confines. La famille s’installe ensuite à Pélissanne, où Louis se marie le 30 novembre 1912 avec Virginie TOSCANI.

Mobilisé en aout 1914, il rejoint le 258e régiment d’Infanterie d’Avignon.  Son jeune frère Marius, âgé de  21 ans, est tué en juin 1915. Louis est tué à son tour le 26 septembre 1915 dans le secteur du bois de Malancourt où son régiment a été décimé.

Le 22 septembre 1915, commença de notre côté un bombardement très violent des tranchées allemandes. C’était la préparation de l’offensive qui allait se faire en Champagne, et dans le secteur du bois de Malancourt. L’action se réduisit tout d’abord à de violents tirs de notre artillerie, semblant préparer une attaque, et en même temps des brèches étaient faites dans nos réseaux de fils de fer pour permettre à nos hommes de se porter en avant. L’artillerie allemande répondit avec vigueur et le 258e subit des pertes assez sensibles par des obus de gros calibres et des torpilles. Du 22 au 26 septembre, le régiment eut dix tués et cinquante blessés dont trois officiers – JMO du 258e RI

Le malheur frappera encore la famille puisque son dernier frère, Martin, décèdera d’une tuberculose pulmonaire le 8 octobre 1918.

Matricule 1242—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts  et le livre d’or de Pélissanne

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Classe 1908: BOUSSIER François Marie, mort à 26 ans

BOUSSIER François Marius (Marie) Célestin, fils de Xavier et de Joséphine RICHIER, nait le 8 septembre 1888 à St Saturnin.  Cultivateur, il effectue son service militaire au 3e régiment d’infanterie de Digne en 1908. Il vit quartier du Pré de Jonquières avec ses parents et ses sœurs en 1906. Mobilisé en août 1914, il disparait dès le 20 à Dieuze (Lorraine).  Ce jour là, son régiment compte 5 tués et 546 blessés ou disparus. Son père demandera des nouvelles auprès de la Croix Rouge, qui lui confirmeront le décès de son fils. François est un des premiers saint-saturninois tué dans ce conflit.

Matricule 1145—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur le livre d’or de la commune et la plaque de la mairie

 

 

 

 

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Classe 1908: MONNIER Henri Armand, mort à 27 ans

MONNIER Henri Armand, fils d’Armand Auguste et de Marie Louise GIRARD, est né à St Saturnin le 8 janvier 1888. Tailleur d’habits à Avignon, il y épouse Anastasie FABRE, couturière, le 23 janvier 1912. Mobilisé en aout 1914, il intègre le  8e RI colonial de Toulon. Fait prisonnier à une date inconnue, Henri décède le 11 juin 1915 à l’hôpital de Döberitz (à 6km de Berlin) d’une maladie contractée en service (renseignements de source allemande). Sa veuve reçoit un secours de 150 francs en septembre 1915.

Matricule 1177—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom ne figure sur aucun monument aux morts ni aucun livre d’or

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Classe 1908: REQUIN Joseph Lucien, mort à 26 ans

REQUIN Joseph Lucien, fils de Joseph François et de Julie Henriette BOUSSIER, est né à Jonquerettes le 9 mars 1888. Cultivateur,  il vit dans le centre ville de Jonquerettes en 1906 avec ses parents, sa sœur, son grand père et sa tante maternelle. Il y épouse Marie Françoise GUINTRAND le 26 avril 1913.

A la mobilisation générale, il intègre le 24e bataillon de chasseurs à pied de Villefranche. Entre le 15 et le 21 novembre, son bataillon fait le service des tranchées dans des conditions excessivement pénibles à cause de la pluie, du froid et de la neige, sans relève. Le 15 et le 16, le bataillon est soumis à un bombardement violent. Joseph est blessé le 16 novembre 1914 aux environs d’Ypres. Durant ces deux jours, son bataillon compte une soixantaine d’hommes tués ou blessés. Conduit à l’hôpital complémentaire n°38 de Deauville, Joseph décède des suites de ses blessures le 25. Son corps sera rapatrié et enterré au cimetière de Jonquerettes.

Matricule 1089—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom figure sur le livre d’or de Jonquerettes.

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

2ème épisode: des classes 1901 à 1904. ESTEVENIN Victor Jules, CHABRAN Ernest Casimir, MACHIN Joseph, ESTELLON Joseph Auguste, DUCRES Victor et GIRARD Albert

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Classe 1901: ESTEVENIN Victor Jules, mort à 37 ans

ESTEVENIN Victor Jules nait le 5 juin 1881 à St Saturnin. Fils de Joseph et de Marie Eugénie BLANC, cultivateur, il vit avec ses parents quartier des Confines en 1911.

Classé dans les services auxiliaires en 1904 pour faiblesse, la commission de réforme d’Avignon le juge apte au service armé en novembre 1914.  Victor est tout d’abord incorporé au 258e RI en décembre, puis intègre le 56e bataillon de chasseurs à pied, 8e section , en avril 1916.

Le 15 juillet 1918, son régiment est pris sous une violente canonnade dans le secteur de Festigny les Hameaux (Marne). Une des missions  de la 8e section consiste à former un front défensif sur la côte 208. Le bataillon lutte dans les sous-bois toute la journée. A 20h, l’ordre de repli est donné. Victor est tué lors de ce combat, comme 17 autres camarades. Ce jour là, son régiment compte également 15 disparus, 31 blessés et 3 intoxiqués. (récit du combat JMO 26N 830/4 p.56-62/120)

e

Matricule 652—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1902: CHABRAN Ernest Casimir, mort à 34 ans

CHABRAN Ernest Casimir, fils de François et de Marie Appolonie BESSAC, est né le 25 juin 1882 à Vacqueyras.  Après son service militaire en Tunisie, Ernest exerce le métier de maréchal-ferrant à Lyon, avant de s’installer dans le Vaucluse  et d’épouser Marie Antoinette TALON au Pontet le 23 novembre 1912. Leur fille Jeanne Rosalie nait en aout 1913. La famille  s’installe aux Valayans en mai 1914.

Ernest est mobilisé en aout 1914 et est incorporé au 258e RI d’Avignon. Son frère Fernand François CHABRAN (classe 1906) et son beau frère de Gabriel CEBE (classe 1893) sont également mobilisés.

Son régiment est engagé dans la bataille de Malancourt en mars 1916. Ernest disparait lors de ces combats le 20 comme de nombreux camarades de régiment originaires de Provence, tués ou capturés.

Le 20 mars 1916, vers 7heures du matin, commença le bombardement excessivement violent par obus et torpilles de nos positions du bois et à l’est du bois. Les abris construits avec des rondins étaient insuffisamment résistants, et au bout de quelques heures, les tranchées étaient complétement bouleversées et démolies. De nombreux hommes étaient ensevelis dans leurs abris. Les avions allemands, qui survolent seuls nos lignes sur le bois, règlent le tir sans être gênés, et l’absence de feuilles aux arbres facilite leur travail de réglage. Les tranchées de première ligne, si bie organisées pour des attaques par surprise, n’étaient plus que trous d’obus et abris effondrés. Cette ligne de tranchées ne pouvait plus offrir la moindre résistance et cependant, quelques allemands, vers 14h30, après un « Trommel Feuer » formidable, attaquèrent les tranchées occupées par le 258e avec des jets de liquide enflammé; ils trouvèrent devant eux des poilus, qui ayant pu échapper au bombardement, arrêtèrent leur marche en avant et leur causèrent des pertes sensibles.

Sa femme demandera des renseignements sur une possible captivité auprès de la Croix Rouge. Il est déclaré comme étant décédé ce jour en janvier 1919.

Matricule 534—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

 

 

 

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Classe 1902: MACHIN Joseph, mort à 36 ans

Machin JosephMACHIN Joseph, fils d’Émile et de Léonie GAUDOT, ainé de 7 enfants, est né à Brion (Saône et Loire) le 6 novembre 1881. En 1906, papetier à Gromelle, il vit à Vedène avec sa femme Philomène TUCELLI et leurs deux enfants Émile (1902-1983) et Louise (1904-1993). Trois autres enfants verront le jour avant sa mobilisation: Jean Marie (1907-1907), Sauveur (1908-1909) et Francis Albert (1912-).

A la mobilisation générale, il intègre le 58e RI d’Avignon. Après avoir pris part avec son régiment aux combats de Dieuze et de la Marne (1914), à l’offensive de Champagne (1915) et à la guerre des tranchées de Verdun (1916), Joseph et le 58e RI sont envoyés sur le Front d’Orient. Parti de Marseille pour Salonique en janvier 1917, le 58e passe par le secteur d’Osin, d’Athènes et se fixe à l’ouest de Monastir fin juillet 1917.  Le terrain est difficile puisque très rocheux et les « tranchées » font à peine 80cm de profondeur. Joseph est blessé par un éclat de torpille le 4 aout. Il décède au poste chirurgical le 14 aout 1917 près de Bitola  (ex Monastir / Macédoine actuelle). Son corps est enterré dans le cimetière militaire de Bitola (tombe individuelle 5279).

Matricule 534—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, sur le livre d’or de la commune et sera ajouté à la plaque commémorative de la mairie (à cause de l’enregistrement du décès tardif)

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Classe 1903: ESTELLON Joseph Auguste Mamert, mort à 31 ans

ESTELLON Joseph Auguste (Augustin) Mamert, fils de Laurent Abel et de Joséphine BOURGET, frère de Joseph Étienne Mamert, est né à Drignac (aujourd’hui renommée Ally – Cantal) le 14 juin 1883.  Il vit avec sa famille à Courthézon quand,  alors étudiant, il s’engage volontairement  dans l’Armée pour trois ans en novembre 1902.

Joseph devient second canonnier conducteur en novembre 1902, puis brigadier fourrier en janvier 1904 et maréchal des logis le 4 octobre 1904. Il se réengage  pour un an en aout 1905, puis pour un an de plus en 1906, et enfin pour deux ans supplémentaires en novembre 1907. Joseph obtient le grade de maréchal des logis fourrier en juin 1908. Il choisit de poursuivre sa carrière militaire et de compléter par la théorie ses acquis du terrain. Il est nommé élève officier en octobre 1908 et est admis à suivre les cours de l’école militaire de l’artillerie et du Génie.

Joseph est promu sous-lieutenant par décret en septembre 1909 au 6e régiment d’artillerie puis obtient le grade de lieutenant le 1er octobre 1911. Il intègre ensuite le 55e régiment d’artillerie en janvier 1912.

Concernant sa vie privée, Joseph épouse Amélie SANDRIN le 11 juillet 1907 à Courthézon. Le couple a un fils, Abel, (1907) et une fille Marie Madeleine (1909).

A la mobilisation générale, Joseph encadre les recrues au dépôt. Le régiment prend le train et remonte la rive droite du Rhône. Il passe par Lyon, Dijon, Neufchâteau et Mirecourt, puis enfin Vélize. Le régiment se rassemble dans les environs d’Haroué. Les différends groupes d’artillerie ont pour mission de préparer la marche de l’infanterie dans le village de Montcourt. Le premier feu se tient le 14 aout 1914. Le 16, après deux nuits passées sur le champs de bataille sous la pluie, le régiment rassemblé passe la frontière (Lorraine annexée).  L’ennemi continue sa retraite, trop rapide de l’avis de certains. Le 18, le régiment se trouve en batterie dans les environs de Dieuze. Derrière eux, les étangs de Lindre, par devant se trouve les pentes boisées de Bénestroff. L’infanterie est arrêtée par l’ennemi qui a ajouté aux défenses naturelles une organisation puissante. Des tranchées bétonnées et une importante artillerie le protègent. Pendant toute la journée, des avions ennemis survolent à faible hauteur les positions françaises, réglant par fusées le tir dont la précision croit sans cesse. Les pertes sont lourdes. Pas d’autre abri que celui offert par le matériel, et ce durant deux jours. C’est le 19 que Joseph, lieutenant de la 1ère batterie, est mortellement atteint par un obus à son poste de combat. C’est le premier officier tué au régiment. C’est aussi un des premier poilu saint-saturninois à tomber.

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Matricule 653—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Courthézon, sur le livre d’or de Courthézon, et sur les  plaques  commémoratives des deux mairies.

Dossier Légion d’Honneur non retrouvé (contrairement au dossier de son fils Abel qui a lui aussi obtenu la Légion d’Honneur/ enseigne de vaisseau 2nde classe en 39-45). Absent du tableau d’Honneur (L’Illustration) – Historique du 55e RAC—sans date—disponible sur Gallica

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Classe 1904: DUCRES Victor Marius, mort à 31 ans

DUCRES Victor Marius, fils de François Xavier et de Sylvie GOUBET, frère d’Henri est né le 22 novembre 1884 à St Saturnin. Sur le recensement de 1911, il est domicilié avec sa mère quartier des Grandes Terres et exerce le métier de maçon. Victor épouse Émilie Julie LAFFONT à St Saturnin le 26 aout 1911. Leur fils Augustin nait en aout 1912.

Lors de la mobilisation générale, Victor est incorporé au 58e RI d’Avignon en décembre 1914 puis passe au 141e RI de Marseille en mars 1915. Victor intègre ensuite le 415e RI. Il est cuisinier en seconde ligne avant de passer en première ligne fin aout 1915.  Il est tué à Perthes les Hurlus (Marne) le 25 septembre 1915, d’une balle dans la tête.  (sur sa fiche matricule, son décès est noté au 2 octobre 1915 bien que sur le JMO du régiment sont nom n’est noté pour aucune des deux dates).

Victor écrivait chaque jour à sa femme. Toutes ses lettres ont été conservées par son épouse, puis son fils Augustin et aujourd’hui son petit fils Jacques.

Matricule 616—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur les plaques de la mairie et de l’église ainsi que sur le livre d’or

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Classe 1904: GIRARD Albert

GIRARD Albert, fils de Claude et de Virginie COURTIL, nait à Avignon le 19 juillet 1884. Journalier puis ouvrier d’usine chez les frères PICHAT, il épouse Joséphine ESTELLON le 14 avril 1910 à St Saturnin. En 1911, il vit quartier des Grandes Terres avec sa femme et ses enfants, Claudine née en 1910 et Félix né en 1913.

A la mobilisation générale, il incorpore le 258e RI d’Avignon au poste de clairon. Il est signalé disparu dès le 29 septembre 1914 à St Mihiel (Marne) sur sa fiche matricule mais son décès est antérieur puisque fixé au 20 septembre 1914.

Sa femme demande une enquête auprès de la Croix-Rouge et obtiendra une réponse négative quant à une hypothétique captivité 8 mois plus tard.  Il faudra attendre un jugement déclaratif du tribunal d’Avignon en date du 17 novembre 1920 pour que son décès soit reconnu et noté sur les registres communaux.

Matricule 653—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

 

 

 

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

1er épisode: des classes 1893 à 1900. CEBE Gabriel, ESTEVENIN Camille Marius, JACOMET Adrien, ROUX Auguste, GALLON Victor et MEYER Paul

 

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Classe 1893 : CEBE Gabriel, mort à 45 ans

CEBE GabrielCEBE Gabriel, fils de Justin Nicolas et d’Eugénie REQUIN nait à St Saturnin le 11 mai 1873. Cultivateur, il épouse le 4 juillet 1903 Augustine TALON (1881-1957) au Pontet. En 1911 Gabriel et sa femme vivent quartier des Grès dans la maison paternelle avec sa mère Eugénie, et la famille de son frère ainé Albert (réformé).

A la mobilisation générale, Gabriel incorpore brièvement le 118e Régiment d’Infanterie Territorial d’Avignon avant de rejoindre le 315e RIT en mars 1915. Il passe ensuite au 90e RIT en juin 1917.

Gabriel est tué par un éclat d’obus le 1er juin 1918 sur la côte 240 au Sud Ouest de Vrigny (Marne), vraisemblablement lors de « l’offensive Blüncher » qui avait débutée le 27 mai.

Tout d’abord inhumé à Sainte Euphraise (Marne), son corps sera rapatrié et enterré dans le cimetière de St Saturnin le 22 mars 1922.

Matricule 1468—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune.

 

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Classe 1895: ESTEVENIN Camille Marius, mort à 40 ans

ESTEVENIN Camille Marius est né le 21 septembre 1875 à St Saturnin. Fils d’Anicet Célestin et d’Henriette LEGUES, il est cultivateur et épouse Madeleine Marie GARRIGUES à Morières lès Avignon le 19 octobre 1898. Le ménage s’y installe et aura 5 enfants: Marcel (1899), Gaston (1901), Gaston (1901), Marcelle (1904), Lucien Louis (1908) et Yvonne (1912).

A la mobilisation générale, Camille intègre brièvement le 118e RI avant de passer au 353e RI en octobre 1914.

Posté avec son régiment dans le secteur du Bois-le-Prêtre, en Meurthe et Moselle, Camille participe à plusieurs assauts qui se soldent par des échecs sanglants. Le 19 avril, 250 hommes de la 5e compagnie du 2e bataillon du 63e RI, combattants dans le même secteur, épuisés après un premier hiver difficile, refusent de suivre leur capitaine pour quitter les tranchées pour un nouvel assaut meurtrier. 5 hommes passent immédiatement en conseil de guerre et 4 sont fusillés « pour l’exemple » le lendemain.

Camille aurait été tué quelques jours après cet épisode,  le 28 avril 1915 dans ce secteur selon sa fiche matricule, bien que le journal de marche de son régiment n’indique aucune perte ce jour là.  Son corps est inhumé en la nécropole nationale du Pétant (Montauville—Meurthe et Moselle).

Matricule 71 —Bureau d’Avignon—Mort pour la France– Son nom figure sur le monument aux morts et livre d’or de Morières lès Avignon

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Classe 1897: JACOMET Adrien Jean, mort à 37 ans

JACOMET Adrien Jean, fils d’Honoré et de Louise SUGUET, frère de Gustave est né à Châteauneuf de Gadagne le 8 octobre 1877. Agriculteur, il épouse Émilie SESTIER le 16 juin 1900 à St Saturnin. En 1903, la famille vit à Jonquerettes, quartier de la Sacristie, lors de la naissance de Jeanne.

Rappelé à l’activité à la mobilisation générale, il intègre le 134e régiment d’Infanterie territoriale en octobre 1914. Adrien décède le 29 décembre 1914 à l’Hôpital de Nancy d’une maladie contractée aux Armées. Il sera enterré dans le carré militaire du cimetière de Nancy Sud (tombe individuelle 627).

Matricule 488 —Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie ainsi que sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1898: ROUX Auguste Marius, mort à 38 ans

ROUX Auguste Marius, fils d’Hippolyte Louis et de Joséphine ANGLES, est né à Châteauneuf de Gadagne le 17 mai 1877. En 1898, il vit avec sa mère, veuve à Jonquerettes, puis après son mariage le 1er mars 1905 avec Henriette CEBE (1882-1962), Auguste vit chez ses beaux-parents quartier de la Déserte.  Leur fille Joséphine nait en avril 1906.

A la mobilisation générale, Auguste intègre le 118e Ri d’Avignon avant de passer brièvement au 27e RI en octobre 1914. Il incorpore ensuite le 134e RI. Auguste contracte une maladie en service et décède à l’ambulance de Commercy (Meuse) le 8 janvier 1915.

Matricule 339—Bureau d’Avignon—Mort pour la France— Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la mairie de Jonquerettes et sur le livre d’or de la commune

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Classe 1899: GALLON Victor Marius, mort à 36 ans

GALLON Victor Marius, fils de Jean Louis Charles et de Marie Agnès BLANC, est né à St Saturnin le 27 septembre 1879.  Ouvrier papetier, il épouse Estelle VILLAIN (1891-1918) à Merrey-sur-Arce dans l’Aube le 27 avril 1908 où il vit depuis 1906.  Le couple a deux petites-filles, Louise Marie, née en mars 1909 et Raymonde née en octobre 1910.

Lors de la mobilisation générale, il rejoint le 21e régiment d’infanterie.  Victor est tué le 11 mai 1915 lors de violents corps à corps au combat de Notre Dame de Lorette. Son épouse, infirmière, est tuée lors d’un bombardement à Troyes. Elle sera elle aussi reconnue « Morte pour la France », à l’âge de 27 ans. Leurs deux petites filles seront élevées par leur grand mère maternelle.

Matricule 1443—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur l’anneau de la mémoire de ND de Lorette, sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Merrey-sur-Arce (Aube), tout comme sur les livres d’or des deux communes ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie de St Saturnin.  Le nom de son épouse est également noté sur le monument aux morts de Merrey.

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Classe 1900: MEYER Paul Hubert, mort à 35 ans

MEYERMEYER Paul Hubert, fils d’Hubert et de Philippine TEYSSERRE, est né à St Saturnin le 30 juin 1880. Sa famille s’installe à Orange lorsque Paul est enfant. A 19 ans, il s’engage volontairement pour 4 ans dans l’Armée et intègre le 11e régiment de Dragons. Après son temps de service, Paul vit sur Paris puis à Villosanges (Puy de Dôme) où il épouse Jeanne MONTEL en 1904, avant de s’installer avec sa femme et son fils né en 1907 à Orange.

Lors de la mobilisation générale en aout 1914, il est d’abord affecté au 15e escadron du train des équipages avant de rejoindre le 2e régiment de marche du 1er corps étranger de Lyon.

Le 9 mai 1915, son régiment subi une terrible hécatombe à Neuville St Waast:

Le 9 mai 1915 à 10 heures, après une faible préparation d’artillerie, les bataillons C,D, A et B se lancent successivement à l’assaut. Les effectifs engagés sont de 75 officiers et 3 822 hommes de troupes.

En 1h30 de combat, le régiment parvient à remporter tous ses objectifs et atteint finalement la route de Béthune puis la côte 140. Par manque de renfort, il ne parvient à se maintenir que deux heures sur ce dernier objectif et est contraint de se replier sur la côte 123 qu’il tiendra jusqu’à sa relève le lendemain matin. Les pertes lors de l’affrontement sont considérables: 1889 hommes, soit près de 50% des effectifs sont hors de combat, tués ou disparus.

Paul, sérieusement blessé, est fait prisonnier. Interné, il décède de ses blessures  à l’hôpital de Cologne le 25 mai 1915. Sa famille, sans nouvelles, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge (fiche).

« Brave légionnaire, mort pour la France le 25 mai 1915 des suites de ses glorieuses blessures reçues en se portant à l’assaut des ouvrages blancs » ordre du 24 mai 1922

Matricule 39—Bureau d’Avignon—Mort pour la France -Inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume. Son nom figure sur le monument aux morts de Villosanges et sur le livre d’or de cette commune

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A suivre …

L’oubli, la mémoire et le souvenir : Joseph COTTAREL

Il y a peu de temps encore, je pensais que ma famille avait été épargné par la Première Guerre Mondiale.

Mes arrière-grand-pères ont bien combattu sur le Front mais ils en sont revenus. Les différentes branches de ma famille avaient-elles donc été épargné par les deuils? En apparence oui. En apparence seulement.

Des recherches généalogiques plus poussées ont mis en lumière des prénoms omis, comme si le souvenir de ces êtres chers devait être effacé pour ne plus souffrir d’un deuil trop difficile, sans corps à honorer, sans tombe à aller fleurir.

C’est le cas de la branche Cottarel, originaire de Loisieux, en Savoie.

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Avant mes recherches, François et Marie Louise GACHE avaient à ma connaissance 4 enfants. Catherine, née en 1872, cuisinière chez son cousin à Lyon et décédée en 1902, mon arrière grand père Nizier (1874-1927) cocher au château de l’Isle d’Allex (Drôme),  Antoine (1876-1955) valet de chambre tantôt sur la Côte d’Azur, tantôt sur la Côte Atlantique et Louise (1880-1963), épouse d’Auguste COURRIER, ouvrier papetier à Renage (Isère) .

Monument aux morts de Loisieux

 

 

 

En me rendant sur place en janvier 2017, le monument aux morts du village m’interpelle. Bien entendu, il n’est pas surprenant que le patronyme COTTAREL soit inscrit sur la pierre, tant il est lié au village depuis les années 1600. Poussée par la curiosité, j’entreprends de rechercher les fiches matricules des soldats nommés.

 

 

 

 

AD Savoie – Registres d’État Civil de Loisieux

Et sans nul doute possible, Joseph COTTAREL est le frère de mon arrière grand père. Une rapide recherche dans les registres de la commune me le confirme. Pourquoi son souvenir a t’il disparu de la mémoire familiale? Il ne me semble pas improbable que même mon grand père, né en 1935, n’ait jamais entendu parlé de lui. Je choisi donc aujourd’hui de rendre hommage à ce grand oncle, décédé à l’âge de 26 ans.

 

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Joseph COTTAREL est donc le dernier d’une fratrie de 5 enfants. A sa naissance, le 7 juin 1887, ses parents, cultivateurs, sont déjà âgés puisque son père a 46 ans et sa mère 37. Apprenti boucher puis boucher à Grenoble, il effectue son service militaire au sein du 158e régiment d’infanterie de Lyon du 7 octobre 1908 au 25 septembre 1910 (classe 1907). Libéré du service, il retourne exercer son métier à Grenoble puis à la Motte-Saint-Martin (1911) et Saint-Georges-de-Commiers (1913). En juillet 1914, Joseph s’installe à Renage, où vit sa soeur Louise. Les registres d’État civil n’ayant pas encore été numérisés pour cette période, je ne peux confirmer l’hypothèse hautement probable d’un mariage à cette période ni celle d’un changement d’activité, Joseph ayant pu travailler à la papeterie avec son beau frère.

Fiche matricule de Joseph COTTAREL – AD Savoie, 1R185 classe 1907

François, son père, décède en 1912 à l’âge de 70 ans. Marie Louise, sa mère, reste  à Loisieux.

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A la mobilisation générale, Joseph est incorporé au 223e Régiment d’Infanterie de Bourg en Bresse. Issu du 23e RI, chaque régiment crée un régiment de réserve de l’Armée active (hommes âgés de 24 à 34 ans ) dont le numéro est le sien plus 200.

Joseph est blessé dès les premiers jours du conflit, le 25 aout 1914, lors des combats de Méhoncourt (Meurthe et Moselle). Son régiment est en première ligne lors de l’offensive. Le feu violent des mitrailleuses ennemies stoppe leur avancée. Ce jour là, le 223e RI compte 18 tués, 327 blessés et 104 disparus. Joseph a probablement été blessé « légèrement » et repart au Front immédiatement  puisque aucune période de convalescence n’est notée sur sa fiche matricule. Toutefois, comme beaucoup de soldats suite à une blessure, Joseph change de régiment et intègre le 23e RI.

A l’occasion de l’anniversaire du Kaiser le 27 janvier 1915, l’État Major français décide d’une série d’attaques. Le secteur de la Fontenelle, dans les Vosges, est l’un des sites choisi. L’attaque commence à 15h30 entre le village de Ban de Sapt et le bois de Laîne. La bataille est relatée par deux journaux de marche, assez succinctement par le JM  du 23e RI  et plus en détails par celui du 133e RI, qui a combattu à leurs cotés.   Les français, malgré avoir effectué le repérage des lieux dans la matinée, tombent dans un piège. Les allemands ont creusé une « fausse » tranchée, ajoutant des fils barbelés et de la tôle au fond du trou. Ensuite, postés en hauteur, ils mitraillent les soldats français. C’est l’hécatombe. Les soldats du 23e RI et du 133e RI sont pris au piège.  On compte 130 tués, 70 blessés et 30 disparus pour le 23e RI. Joseph fait parti de ces derniers.

Mercredi 27 Janvier
Le 2e bataillon (commandent Roullet) qui a cantonné dans la nuit du 26 au 27 janvier à Denipaire est monté à la Fontenelle pour exécuter une opération prescrite par le Colonel Commandant la 82e Brigade. Il avait l’ordre de prononcer 2 attaques, l’une sur le petit bois de Laître, et l’autre sur le grand saillant des ouvrages allemands, en face de la tranchée Daubard.
Les hommes se sont portés brillamment à l’attaque, mais une fois arrivés à ces objectifs, ils sont tombés sous le feu croisé de mitrailleuses qui les ont hachés, de plus les tranchées étaient recouvertes de tôles et on n’a pu y pénétrer. Les pertes s’élèvent à 230 hommes environ, dont 130 tués, 70 blessés et 30 disparus.
Pendant la nuit, les tranchées et le blockaus ont été  bouleversés de fond en comble par l’artillerie ennemie.
Les hommes travaillent à les réparer, mais le froid gène beaucoup les travailleurs, et la gelée a rendu la terre tellement dure qu’il est indispensable de la creuser (…)

Secteur du décès de Joseph COTTAREL

Archives du Comité International de la Croix Rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas dans quelle mesure la famille a été informée. Ont-ils entretenu l’espoir d’une captivité en Allemagne et un retour prochain? Ont-ils été convaincu du décès dès l’annonce de sa disparition? Les archives de la Croix Rouge conservent une fiche de demande de renseignements émanant de Mme Joseph COTTAREL domiciliée à Renage, ce qui confirmerait l’hypothèse d’un mariage.

Un jugement du tribunal de Grenoble en date du 8 avril 1921 fixe son décès au 27 janvier 1915. Reconnu Mort pour la France, son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Loisieux, de Grenoble et de Renage.

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Son corps n’a jamais été retrouvé et repose probablement dans l’ossuaire de la nécropole de la Fontenelle. Ses frères et sœurs, neveux et nièces, sont-ils allés se recueillir sur ces lieux? Mystère. J’espère un jour pouvoir y mener ma famille afin de lui rendre un dernier hommage.

Bois de laitre

Bois de Laitre – cote 627

 

EDIT du 9 novembre 2018 : Grâce à cet article, un descendant d’Antoine, frère de Joseph, a pu retrouver notre branche (issue de Nizier, frère de Joseph également). Ainsi, il a pu m’apporter des précisions, notamment que la branche COTTAREL d’Antoine vit toujours à Loisieux et qu’effectivement le corps de Joseph n’a jamais pu être retrouvé.

La magie d’internet!

 

Pour en savoir plus:

La Madelon, chant des poilus

La version présentée ci dessous semble être la toute première version enregistrée (1917) de la chanson favorite des poilus.

Quand Madelon (C. Robert) avec chœurs chanté par  Marcelly de la Gaîté-Rochechouart Disque Pathé n°4879 / mx. 1818-222 Paris, juin 1917

 

Pour le repos, le plaisir du militaire,

Il est là-bas à deux pas de la forêt

Une maison aux murs tout couverts de lierre

« Aux Tourlourous » c’est le nom du cabaret

La servante est jeune et gentille,

Légère comme un papillon.

Comme son vin son œil pétille,

Nous l’appelons la Madelon

Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,

Ce n’est que Madelon mais pour nous c’est l’amour

 

Quand Madelon vient nous servir à boire

Sous la tonnelle on frôle son jupon

Et chacun lui raconte une histoire

Une histoire à sa façon

La Madelon pour nous n’est pas sévère

Quand on lui prend la taille ou le menton

Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire

Madelon, Madelon, Madelon !

 

Un caporal en képi de fantaisie

S’en fut trouver Madelon un beau matin

Et, fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie

Et qu’il venait pour lui demander sa main

La Madelon, pas bête, en somme,

Lui répondit en souriant :

« Et pourquoi prendrais-je un seul homme

Quand j’aime tout un régiment ?

Tes amis vont venir.

Tu n’auras pas ma main

J’en ai bien trop besoin pour leur servir du vin. »