Entrée et sortie du monde – Monieux (1784)

Registre BMS des Abeilles - 1784 à 1792 -Monieux

Ô jour heureux dans lequel vous avez pris naissance!

Mais beaucoup plus heureux celuy de votre mort puisque

C’est un passage pour vivre éternellement

Et les a prédestinés pour être ses enfans adoptifs

par Jésus Christ son fils

Entrée et sortie du monde

L’une est accompagnée des douleurs d’autruy, et l’autre des siennes propres

Première page du registre BMS de la paroisse des Abeilles de 1784 à 1792 – Monieux – Vaucluse, par le curé LABOREL

ND des Abeilles – photo {NosAbsentsPrésents}

 

{ Le Mur de la Peste }

Avez-vous déjà entendu parler du Mur de la Peste ? Bien connu des vauclusiens, ce mur édifié lors de l’épisode de la Peste de Marseille a eu l’ambition d’être une ligne sanitaire, un rempart pour limiter la propagation de cette terrible épidémie.

Carte extraite du Pays d’Apt malade de la Peste – tracé de la ligne et du mur entre le pays d’Apt et le Comtat

Je ne reviendrais pas sur les circonstances bien connues de l’arrivée de la Peste à Marseille via le voilier trois-mâts « Grand Saint Antoine » en juin 1720.

Le 14 février 1721, la décision est prise par les autorités pontificales d’établir une ligne sanitaire commune entre la France et le Comtat pour protéger Avignon. Il convient de noter que c’est à la demande du Royaume de France et cette intervention de l’État est la première du genre dans une crise sanitaire. Notons également que Le régent Philippe n’est pas mécontent d’imposer sa volonté au pape Grégoire XI sur les terres du Comtat.

Muraille restaurée – photo ©altituderando.com

Concrètement, la ligne était composée d’un fossé de six pieds (1,95m) de large et de profondeur entre Saint Ferréol (près de Mérindol) et Cabrières, et d’un mur de 30 km conçu par l’architecte carpentrassien Antoine d’Allemand, construit en pierres sèches de Cabrières au col de Lagas près de Monieux. La hauteur de ce mur est de six pieds (1m95) par 2 pieds (0.65m) de large. Son but est d’empêcher toutes relations et communications entre le Comtat Venaissin et le Dauphiné encore épargné.

Au cours des recherches effectuées pour mon mémoire de fin d’année, j’ai été confrontée aux parcours des parents de Joseph PONS et de Delphine PEZIERE, mes ancêtres, ayant vécus à cette période et confrontés à cette épidémie dans deux villages proches du Mur.

 

Deux destins, deux villages voisins et pourtant deux juridictions : Les PEZIERE de Méthamis (les Métamies sur la carte de Cassini) dépendant du Comtat Venaissin, sous autorité papale et les PONS de Monieux (Monjeu sur cette même carte), appartenant au Comté de Sault sur le territoire des terres adjacentes de Provence.

Carte de Cassini

Vous retrouverez l’histoire des PEZIERE à travers le destin de Rose CARTOUX, mère de Delphine ici: https://nosabsentspresents.com/2018/05/08/une-femme-un-destin-rose-cartoux-1691-1761/

***

Anthoine PONS (1688-1729) et Anne Marie CASTOR (1696-1768), ménagers, vivent à Monieux lorsque l’épidémie de peste se déclare. Dépendant du Comté de Sault, le village de Monjeu, tel qu’il est nommé du XVIIe au XIXe siècle, est cramponné au flanc sud-est du Mont Ventoux à 650m d’altitude.

Monieux

En mars 1721, les autorités pontificales et françaises mobilisent 500 hommes pour la construction de la ligne. Chaque village se voit assigner un nombre d’hommes et une quantité de matériaux à fournir. Sans aucun doute, Anthoine a participé aux travaux (Aucune liste d’hommes mobilisés dans les archives communales – AD Vaucluse, Monieux, GG 5-7). Le chantier était actif nuit et jour. Il avançait pourtant peu, les ouvriers n’étant guère payés. En mai, le travail fut réorganisé et les ouvriers mieux rétribués. Chaque communauté se voit attribuer la responsabilité de la construction d’un tronçon de mur. Un millier de soldats du Pape furent dépêchés sur place pour les encadrer. Fin juillet 1721, 27 km de murs en pierres sèches (sans mortier, selon une technique propre à la région) étaient achevés, augmentés de 40 guérites, de 50 corps de garde pour les sentinelles militaires affectées à la surveillance ainsi que 10 cabanes abritant les chevaux et les provisions.

Muraille restaurée avec guérite – photos ©altituderando.com

Il n’existe pas de registre indépendant où les morts de la Peste seraient enregistrés pour Monieux, contrairement à d’autres communes proches (St Saturnin lès Apt ou Apt par exemple). Les registres paroissiaux pour la période septembre 1720—décembre 1722  n’enregistrent pas de pics de décès particuliers, sauf pour les mois de septembre et octobre 1720 avec respectivement 6 et 9 décès, mais cela reste toujours cohérent avec la mortalité infantile et l’âge de « vieillesse » de l’époque. Le mur a donc bien protégé le village. On note même la naissance d’une fille du couple en janvier 1721, sans décès précoce, pourtant en pleine période de disette dans la région.

***

L’épidémie s’éteint progressivement en Provence tandis qu’elle entre en Avignon en août 1721. La situation s’inverse alors et les troupes françaises remplacent les troupes pontificales en s’installant de l’autre côté du mur pour protéger le pays d’Apt enfin débarrassé du fléau. La peste s’étend à l’ensemble du Comtat et s’amplifie jusqu’en juillet 1722. Le Comtat se retrouve prisonnier de son propre mur. Isolé du reste de la Provence, les vivres manquèrent et la disette guettait les survivants. Toutefois il convient de noter que le cordon sanitaire fut souvent rompu, les troupes du régent étant incapables d’arrêter la contrebande.

L’épidémie s’éteignit progressivement à partir de septembre 1722. Fin février 1723, les lignes sanitaires sont levées et les troupes françaises quittent le pays.

Quel bilan retenir ? Cet épisode de Peste a fait près de 120 000 morts en Provence selon les comptes généraux tenus par l’administration dont 40 000 à 50 000 pour la seule ville de Marseille (Thierry Sabot, nos ancêtres et la peste). L’épidémie aurait tué environ 25% de la population du Comtat. Les communautés mettront des années à rembourser les emprunts contractés au cours de l’épidémie pour financer entre autres, la construction du mur, les vivres des troupes, le paiement des médecins et des remèdes, etc…

Le mur, appelé « ligne de la malédiction » par les habitants, laissé totalement à l’abandon à partir de 1723, est réhabilité en partie de nos jours grâce à l’association Pierres sèches en Provence (depuis 1986).

 

 

Pour en savoir plus:

Article publié le 8/07/2018 sur http://www.cosson-genealogieblog.fr/2018/07/08/le-mur-de-la-peste-par-aurelie-battu-peyron-travaux-detudiants/

 

Sur les étagères de la pharmacie … Monieux 1831-1832

Contexte: ces trois pages présentent un inventaire et les ventes de « médicaments » de la pharmacie communale de Monieux (Vaucluse) entre le 11 décembre 1831 et le 24 mars 1832.

***

Monieux, petit village rural du Vaucluse, ne compte ni médecin, ni pharmacien dans ses recensements de l’an XII et de 1836.

La loi du 21 Germinal an XI (11 avril 1803) encadre les officines. Deux articles en particulier, l’article 25 qui interdit à quiconque « d’ouvrir une officine de pharmacie, de préparer, vendre et débiter aucun médicament, s’il n’a été reçu suivant les formes voulues (diplôme); et l’article 27 qui prévoyait une dérogation à ce monopole pharmaceutique.

« Les officiers de santé établis dans des bourgs, villages ou communes, où il n’y aurait pas de pharmacien ayant officine ouverte, pourront (…) fournir des médicaments simples ou composés, aux personnes près desquelles ils seront appelés, mais sans avoir le droit de tenir officine ouverte. »

Probablement que les officiers de santé de la ville voisine de Sault étaient en charge de la distribution des médicaments de la pharmacie communale.

AD Vaucluse, Monieux GG8 1831-1832

Sirop de capillaire, utilisé pour la toux, les maladies de poitrine et les rhumes opiniâtres.

Onguent de la Mère ou onguent brun. Emplâtre, pansement « prenez du sain-doux, de beurre frais, de cire jaune, de suif de mouton & de litharge préparée, de chacun demi – livre; d’huile d’olive une livre: cuisez en brassant à la manière des emplâtres jusqu’à ce que votre matière prenne une couleur brune très – foncée »

Poudre de cantharides, insecte (coléoptère) réduit en poudre, aux propriétés aphrodisiaques et utilisée également comme pansement en cas de maladie de peau.

Pommade épispastique, qui provoque l’irritation de la peau, généralement suivie de vésication.

Sangsues: 36 sangsues vendues en 4 lots.

Pâte de jujube, utilisée en cas d’inflammation intestinale, de la gorge, des voies respiratoires ou encore des voies urinaires.

Moutarde utilisée pour soigner les rhumes

Farine de lin, traite la constipation, l’hypertension, l’ostéoporose et soulage les symptômes de la ménopause.

Thé impérial pour guérir les migraines, les aigreurs d’estomac et les problèmes de digestion.

Fleur d’oranger pour calmer les spasmes digestifs

Sirop de fleurs de pêcher, utilisé comme un laxatif doux

Sel de Nître ou salpêtre, utilisé comme diurétique.

Bijon, type de térébenthine, résine liquide coulant d’un pin

Sulfate de quinine connue pour ses actions contre les crampes

Tête de pavot, connue pour ses vertus sédatives

***

©AnticStore

Dans le stock, se trouvent aussi de la mousse de Corse, connue pour son action vermifuge, le baume du Commandeur, utilisé pour son pouvoir cicatrisant, des follicules de séné aux propriétés laxatives, le baume d’Opodeldoch, utilisé en frictions contre la douleur, du thériaque, un puissant contre-poison et du chlorure de chaux utilisé en désinfectant.

Signature copie

Pour aller plus loin:

photo de couverture ©AnticStore https://www.anticstore.com/exceptionnelle-collection-d-une-centaine-flacons-pharmacie-89-intacts–67234P

Quand un paysan provençal organise ses vieux jours: Jean Joseph PONS (1773-1850)

contexte: Jean Joseph PONS est le benjamin d’une fratrie de 10 enfants. Il nait le 10 janvier 1773 à Monieux. A sa naissance, ses parents sont assez âgés puisque son père a 55 ans et sa mère 38. Son père, Joseph, décède accidentellement en 1775, lorsque Jean Joseph a 2 ans et demi.

Malgré les biens paternels possédés au village, sa mère, Delphine PEZIERE, non originaire de Monieux, décide de tout quitter. Commence alors une vie d’errance pour la famille, qui se terminera par le remariage de sa mère avec un veuf de St Saturnin lès Apt en 1781. Ce mariage offrira de la stabilité à l’enfant. L’histoire de Jean Joseph et de ses descendants restera désormais liée au village de St Saturnin. Tout au long de sa vie, il restera marqué par son enfance difficile et n’aura de cesse d’acheter des terres par souci d’établir au mieux sa famille, ses enfants.

Jean Joseph épouse Marguerite Rose CLEMENT en 1795. La famille CLEMENT est établie au hameau du Travignon depuis des générations.  Le mariage se fait sans contrat mais il est entendu que le père de Marguerite donne aux nouveaux époux un logement et des terres autour du hameau. Ensemble, le couple aura 7 enfants, 5 garçons (dont un décédera en bas-âge) et 2 filles. Après le décès de Marguerite en 1818, Jean Joseph décide d’acheter plusieurs terres dont une avec un petit cabanon dans la plaine de St Saturnin, quartier Garbis.

***

En 1837, Jean Joseph, veuf depuis de nombreuses années, décide d’établir ses fils et de protéger ses filles, tout en organisant ses vieux jours. Jusqu’à cette date (du moins lors du recensement de 1836), tous vivaient ensemble au Travignon.

Deux de ses fils désirant se marier prochainement ont dû pousser le père à faire ce partage, en vue d’établir un contrat de mariage « convenable ». Son fils Joseph Pépin souhaite se marier avec la fille de son patron, maréchal ferrant de la ville d’Apt (mariage le 3 avril 1837) et dans une moindre mesure, Honoré souhaite épouser sa cousine Marie CLEMENT vivant au hameau du Travignon (mariage le 8 juin 1837).

Le partage anticipé est acté en l’étude de Maitre BERTRAND le 20 février 1837.

  • Marie, la fille ainée, célibataire, est âgée de 41 ans.
  • Jean Baptiste, cultivateur, marié et père d’une petite fille, est âgé de 39 ans.
  • Claire Virginie, célibataire, est âgée de 36 ans.
  • Honoré, cultivateur, fiancé, est âgé de 33 ans.
  • Joseph Pépin, maréchal ferrant, fiancé, souhaite « faire gendre » dans la ville voisine. Il est âgé de 28 ans.
  • Enfin Jean François, cultivateur, célibataire, mon ancêtre, est alors âgé de 24 ans.

partage anticipé

***

Les biens du Travignon partagés entre Jean Baptiste et Honoré

AD Vaucluse, plans parcellaires de St Saturnin lès Apt – section K 3P118/15

Les biens de Jean François PONS, quartier Garbis (sauf la parcelle 339 achetée en 1864).

En plus de ces terres et bâtiments, Jean Joseph donne à ses enfants des objets (chemises, table,…) et des animaux (mulets et moutons) pour une valeur totale de 300 francs. Ces biens sont estimés à 100 francs pour le fils ainé, 50 francs pour les 4 autres enfants, Joseph Pépin n’en ayant pas reçu.

***

Jean Joseph pose des conditions. Il garde l’option de vivre tantôt au Travignon, tantôt à Garbis. Ainsi, le bâtiment du hameau est donné à Honoré « sous réserve (de) la jouissance sa vie durant de la cuisine faisant partie du bâtiment« . De même, il se réserve 3 chambres à Garbis « celle du premier étage visant au levant et au midi, celle qui est par-dessus au second étage et celle au même second étage visant au nord« . Il garde aussi une terre quartier Garbis.

Enfin, Jean Joseph prend des dispositions pour que ses enfants s’occupent de lui dans ses vieux jours. Jean Baptiste et Honoré devront lui fournir chaque année quatre charges de bois de chauffage chacun, dont le transport sera assuré par Jean Baptiste. De même, ses 5 enfants (Joseph Pépin d’Apt en est exempté) devront lui donner une rente annuelle et viagère de quarante trois décalitres soixante cinq décilitres de blé, froment « bon, vanné et recevable », (1/4 chaque fils et le dernier quart par ses deux filles), portable à son domicile chaque 1er septembre.

Son testament en date du 9 juin 1848 protège un peu plus ses filles célibataires puisqu’il leur lègue la jouissance des trois chambres à Garbis tant qu’elles y vivront, ainsi qu’une rente de 40 francs par an, provenant des intérêts que Jean Baptiste et Honoré doivent lui verser jusqu’à leurs décès respectifs.

***

Cet acte est fondateur pour ma branche des PONS puisqu’il s’avère que le calcul du père a été mauvais sur le long terme. Les terres et bâtiments du Travignon donnés aux fils ainés ont rapidement perdu de leur valeur tandis que le petit cabanon et les terres de Garbis, après des travaux entrepris par Jean François dans les années 1860, ont pris une valeur beaucoup plus importante. D’ailleurs, les deux fils ainés abandonneront leurs habitations du Travignon (sans les vendre) pour finir leurs jours chez leurs enfants installés au village.

Grâce aux recensements de 1841 et 1846, nous savons que Jean Joseph a vécu majoritairement à Garbis à compter du partage jusqu’à son décès le 19 mai 1850, en compagnie de ses deux filles restées célibataires ainsi que de son fils Jean François et sa femme Marie Anne VINCENT.

Signature copie

Pour en savoir plus:

Transcription du partage:

transcription partage 2

{ Monieux }

Monieux, berceau des PONS. Au moins 5 générations y ont vécu avant « l’exil » vers St Saturnin lès Apt en 1781.
Dépendant du Comté de Sault, le petit village de Monilis tel qu’il est nommé au Moyen Age, est étendu sur 4712 hectares et est composé de plusieurs hameaux et lieux-dits. Cramponné au flanc sud-est du Mont Ventoux à 650m d’altitude, situé à l’entrée des Gorges de la Nesque, le village possède des murs d’enceinte et une tour de guet carrée du 12e siècle. Successivement appelé Monjeu au XVIIe puis enfin Monieux au XIXe siècle, cette dénomination viendrait de « Mont Jovis », Mont de Jupiter, un petit temple dédié à ce Dieu ayant pu dominer le site à l’époque gallo-romaine.
  « D’argent au loup ravissant d’azur, lampassé et armé de gueules »                                         Bordure de gueules ajoutée en 1983
Les Archives municipales de Monieux sont conservés aux AD de Vaucluse. Les registres BMS, bien que lacunaires [Baptêmes 1E79/1 1572-1583, 1585, 1590, 1593-1597), Mariages (AD 1E79/2 1601-1605), Sépultures (1E79/1 1597)] sont tenus dès mai 1572 pour les baptêmes. Nous y trouvons le premier acte de la lignée PONS, l’acte de baptême d’Honorat en mars 1585. Ces registres sont tenus en latin entre les années 1626-1629.

Détail du cadastre napoléonien – 1818 – section Q « le village » AD Vaucluse 3P 2-079/27

A la fin du XVIIe siècle, l’industrie locale de Monieux est dominée par le bois. En 1682 vivaient dans le bourg 8 menuisiers, 3 tourneurs, 2 tonneliers et 3 scieurs de long. Le bourg comptait également 20 tisserands. Il reste, le long de la Nesque, quelques beaux moulins.

 

Vue de Monieux

L’église paroissiale de Monieux est dédiée à St Pierre. Édifiée au XIIe siècle, l’église est située à l’extérieur des remparts. Au fil du temps, l’abside initiale a disparu et divers ajouts et modifications (surélévation du sol, construction de chapelles latérales aux 17e et 18e siècles, …) ont transformé l’église originelle mais le chœur surplombé d’une élégante coupole octogonale sur trompes témoigne encore de l’époque romane. Malmenée par le temps, un pan de murs s’est écroulé suite à un violent orage en 2017. L’association ANESCA collecte des dons pour permettre sa restauration (lien en fin d’article).
A Monieux, comme il était d’usage partout en France, certaines inhumations se faisaient dans des caveaux construits sous les chapelles latérales de l’église. Ces inhumations étant réservées à ceux qui pouvaient payer une forte somme d’argent, la somme étant dégressive proportionnellement à l’éloignement du Chœur.  Les corps enroulés dans des linceuls étaient déposés directement sur le sol, recouverts par une stèle faisant office de dallage. Une habitante de Monieux rencontrée dans l’église en février 2018 m’a confirmé que des ossements avaient été retrouvés lors de travaux.

Extrait de l’acte de sépulture de Jean Pierre PONS, AD Vaucluse, Monieux, BMS oct 1711-1713

En épluchant les actes de sépultures de la famille PONS, il apparait que seul Jean Pierre PONS (1626-1712) fut inhumé dans l’église. Tous les autres membres de la famille sont enterrés au cimetière, même Marie Anne CALLOT, son épouse, décédée avant lui. Le regroupement familial pour le dernier voyage n’apparait pas comme une préoccupation de l’époque.
En étudiant le registre de sépultures pour l’année 1712, date du décès de Jean Pierre, nous constatons que 5 lieux de sépultures sont possibles. Sur 34 décès, 22 personnes sont enterrés au cimetière, 6 dans un lieu inconnu (sans indication), 1 dans le cimetière de la succursale des Abeilles, 2 dans l’église (sans indication plus précise), et 1 dans le tombeau de ND des Grâces et 2 dans le tombeau de St pierre. Je suppose que les tombeaux correspondent aux chapelles latérales, les dalles tombales encore visibles étant situées à ce niveau.

***

Le village possède aussi une chapelle originale, la chapelle romane St Michel de l’Anesca, composée d’une simple nef rectangulaire et d’une abside semi circulaire voutée qui a été construite dans un abri sous roche sous l’une des falaises des gorges de la Nesque. Elle a été remaniée plusieurs fois avant d’obtenir son architecture actuelle.
Le village est aussi le point de départ du célèbre « mur de la Peste », édifié en 1721, objet d’un prochain article.

***

Photo aérienne des Gorges de la Nesque @Jean-Gérard HUGUET

Après les Gorges du Verdon, les Gorges de la Nesque sont certainement les plus spectaculaires de Provence. Gigantesque fissure aux allures de canyon, entaillant le plateau calcaire des Monts de Vaucluse, les gorges de la Nesque se déroulent sinueusement sur une vingtaine de kilomètres entre Monieux et Méthamis avec une dénivellation d’environ 300m entre ces 2 points.

 

Si vous séjournez en Provence lors de vos prochaines vacances, ne manquez pas la visite de ce charmant village…

 

En savoir plus:

Signature copie