Quand un curé sauve l’honneur d’une jeune paroissienne

Contexte: Deux villages séparés par l’imposant Mont Ventoux.

En mars 1779, le curé Brémond de Malaucène (Vaucluse) envoie un courrier à son homologue de Vercoiran (Drôme provençale) afin d’aider une de ses jeunes paroissiennes…

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 200 5Mi 314/R5 AD Drôme

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 201 5Mi 314/R5 AD Drôme

Registre BMS de Vercoiran 1718-1792 p. 202 5Mi 314/R5 AD Drôme

Le mariage fut célébré le 18 mai 1779 à Malaucène

Mariage Malaucene

Registre des mariages 1775-1792 – Malaucène – AD Vaucluse p.20/66

Tout est bien qui finit bien, enfin du moins, aux yeux de l’Église…

Une tentative de mariage clandestin – Bédarrides -1748

 

Paroisse Catholique de Bédarrides – Mariages 1739-1761 p. 18/46 d

 » L’an 1748 et le 19 juin une femme qu’on a cru etre une nomée
Brigide Bouchere  a Orange est venue fraper par trois fois a ma porte
et m’etant mis a la fenetre, elle m’a prié de luy aller dire une messe a St etienne
disant qu’elle etait etrangere et souhaitait se retirer a la fraicheur, apres
avoir resisté d’y aller, ayant promis de l’aller dire pour un malade, j’y
ay consenti de fin, cette femme me propose toujours pour accomplir sa
neuvaine, je suis allé donc a la di(t)e chapelle en campagne avec cette femme
etrangere et deux clercs qui etaient le pere Claude Dunoy et le pere Joseph
Isnard, deux femmes du pays, la femme de German et la femme de Dominique
Nourry; un moment apres suivi Barthelemy Durrand et le pere Antoine
chartreux. Ayant commencé la messe X il rentra  dans l’eglise une fille
qu’on dit etre la niece de cette Brigitte fille d’un certain Marc Boucher
pour lors a Sarrians, et avec elle trois hom(m)es, ou jeunes hommes; il se mirent
tous aupres du balustre et apres l’ité missa est le jeune hom(m)e et la fille
s’avancerent aupres du marchepied de l’autel en ayant dit l’un après l’autre
a voix haute qu’ils se vouloient pour mary et pour femme; ils attendirent la
benediction que je donna par lot! voulant leur faire appercevoir que
je ne vouloi pas les unir ni les benir ni approuver leur mariage et
tout de suite ils sortirent pendant le dernier evangile de la chapelle
ou ils traversèrent les champs pour se rendre au chemin de  Sarrians. Les
deux témoins portant un fusil chacun, l’un des temoins s’appelle Jerome
Saurel cordonnier a Orange, l’autre temoin et le pretendu epoux sont inconnus.
Les personnes qui les virent passer sont François Marmillot et Esprit Touler
Ainsi la vérité. Vinard Vicaire

Lien vers le texte numérisé  AD Vaucluse, Paroisse catholique de Bédarrides, mariages 1739-1761 p. 18/46 d

 

Carte de Cassini Bédarrides-Sarrians

Pour aller plus loin:

  • AGRESTI Jean Philippe Les régimes matrimoniaux en Provence à la fin de l’Ancien Régime, Presse Universitaire d’Aix-Marseille, 2009 Lien vers le document
  • DUVILLET Amandine Du péché à l’ordre civil, les unions hors mariage au regard du droit (XVIe – XXe siècle) -Université de Bourgogne, 2011 Lien vers le document
  • M. DURAND de MAILLANE, 1761, Dictionnaire de Droit canonique et de pratique bénéficiale Lien vers le document

Quand des notables organisent un mariage pour sauver les apparences… Verdun 1821

contexte: A la recherche d’informations sur Thérèse BARRET, protagoniste d’un futur article, je trouve l’acte de mariage de son oncle, Dominique Elzéar BARRET, fils d’un bâtier d’Apt (Vaucluse). Ce dernier fait une brillante carrière de négociant à Verdun (Meuse). Veuf de Claudette FANART (1787-1813), fille de notables, il se remarie en 1821.

L’acte qui suit est plein de surprises… On y apprend que Dominique épouse sa nièce (36 ans d’écart) pour légitimer leur enfant avec le consentement de son ex beau-père et de sa sœur (mère de la future). Autre temps, autre mœurs…

AD Meuse – Verdun, Mariages 1821 2E558 p199-200/320

« L’an mil huit cent vingt et un, le mercredi dix neuf septembre à six heures après midi;

Pardevant nous Nicolas Hyacinthe Desgodins, écuyer Maire de la ville de Verdun, département de la Meuse, faisant la fonction d’officier de l’État Civil de la dite ville;

sont comparus en l’hôtel de ville pour contracter mariage,

M. Dominique Elzéar Barret, négociant, juge au tribunal de commerce établi à Verdun, né en la ville d’Apt, chef lieu du quatrième arrondissement communal du département de Vaucluse le quatorze octobre mil sept cent soixante et seize, veuf de dame Claudette Magdelaine Fanart, et fils majeur et légitime des défunts M. Michel Barret de son vivant rentier-propriétaire audit Apt et dame Tulle Sollier son épouse, ses père et mère, domicilié en ladite ville de Verdun, rue du Pont Ste Croix, d’une part.

Et Mademoiselle Anne Magdelaine Anezin, née en la même ville d’Apt, département de Vaucluse, le dix neuf frimaire l’an deux de la République Française, correspondant au neuf décembre mil sept cent quatre vingt treize, domiciliée en ladite ville de Verdun depuis plusieurs années, rue du Pont Ste Croix, fille majeure et légitime du sieur Jacques Anezin, négociant, et de dame Marie Anne Barret, son épouse, ses père et mère, domiciliés audit Apt, d’autre part.

Lesdits futurs époux assistés

De M. Nicolas Hyacinthe Fanart, marchand drapier et juge suppléant audit tribunal de commerce, âgé de soixante cinq ans, demeurant à Verdun, rue du Pont Ste Croix, beau père du futur époux.

De M. Hubert Charles Jussy, docteur en médecine, médecin en chef des hôpitaux civils et militaire de Verdun, pensionnaire de l’Etat, âgé de soixante huit ans, demeurant en ladite ville, rue Porte Châtel, ami du futur époux.

De ladite dame Marie Anne Barret, âgée de cinquante ans, domiciliée en ladite ville d’Apt, mère de la future épouse, qui a formellement déclaré consentir au présent mariage.

De M. Claude Michelet, propriétaire, chef du bureau des contributions de la mairie de Verdun, y demeurant rue St Sauveur, âgé de cinquante cinq ans, ami de la future épouse

Et de M. Louis Nicolas Lantenois, propriétaire et pharmacien, âgé de quarante sept ans, demeurant audit Verdun, rue du pont Ste Croix, ami de la future épouse.

Après qu’il a été par nous fait lecture, en présence desdits futurs époux, de la mère de la future et des témoins dénommés au présent acte.

1°. Des actes de publication du présent mariage faites à Verdun par nous Maire de la Ville susdit les dimanches neuf et seize septembre mil huit cent vingt et un à l’heure de midi sans qu’il nous ait été notifié aucune opposition à la célébration dudit mariage

2°. D’un certificat délivré par M. Le Maire de la ville d’Apt, officier de l’État civil, le six avril mil huit cent vingt et un dûment légalisé portant que les publications du même mariage ont été par lui faites audit Apt les dimanches vingt deux et vingt neuf juillet mil huit cent vingt et un, à l’heure de midi, sans qu’il lui ait pareillement été signifié aucune opposition audit mariage.

3°. De l’acte de naissance dudit sieur Dominique Elzéar Barret, futur époux, du quatorze octobre 1776 ci devant relaté

4°. De l’acte de décès dudit sieur Michel Barret son père constatant qu’il est mort dans son domicile audit Apt, le vingt neuf juillet mil huit cent sept, âgé de soixante dix sept ans.

5°. De l’acte de décès de ladite dame Tulle Sollier, sa mère, constatant qu’elle est morte dans son domicile audit Apt le vingt mail mil huit cent six, âgée de soixante six ans. Les dits actes en bonne forme dûment légalisés.

Le futur époux et lesdits témoins nous ont déclaré et affirmé que ses ayeux tant paternels que maternels étaient pareillement décédés.

6°. De l’acte de décès de ladite dame Claudette Magdelaine Fanart, son épouse, qui constate qu’elle st morte dans son domicile audit Verdun, rue du pont Ste Croix, le dix neuf janvier mil huit cent treize, âgée de vingt cinq ans et demi.

7°. de l’acte de naissance de la dite D(emois)elle Anne Magdelaine Anezin, future épouse, du dix neuf frimaire l’an deux (9 décembre 1793) ci devant relaté, dûment légalisé.

8°. D’un acte de notoriété dressé devant M. François Aubert, premier suppléant du juge de paix du canton d’Apt, quatrième arrondissement du département de Vaucluse, le six du mois d’aout mil huit cent vingt et un, exerçant un empêchement dûment enregistré et légalisé, portant que ledit sieur Jacques Anezin, son père, est absent dudit Apt, depuis le cinq octobre mil huit cent huit quil partit de cette ville pour l’armée d’Espagne et que depuis cette époque il n’a plus donné de ses nouvelles, que vraisemblablement il peut être mort. ledit acte délivré en expédition par M. Duclos, greffier.

9°. D’une ordonnance du Roi du vingt juin mil huit cent vingt un, portant dispense de parenté pour contracter mariage entre ledit sieur Dominique Elzéar Barret et ladite D(emois)elle Anne Magdelaine Anezin sa nièce: ladite ordonnance délivrée en expédition dûment enregistrée par M. Morlant, greffier du tribunal de première instance séant à Verdun.

10°. Et du chapitre six du titre du Code Civil intitulé du mariage, contenant les droits et les devoirs respectifs des époux.

Après aussi que ledit Sieur Dominique Elzéar Barret et ladite demoiselle Anne Magdelaine Anezin ont eu déclaré à haute voix et l’un après l’autre se prendre mutuellement pour époux, nous, Maire de la ville de Verdun susdit, avons déclaré au nom de la loi que ledit sieur Dominique Elzéar Barret et ladite demoiselle Anne Magdelaine Anezin sont unis par le mariage. Et à l’instant, toujours en présence de ladite dame Marie Anne Barret, mère de l’épouse et des témoins dénommés au présent acte, lesdits époux M. Dominique Elzéar Barret et Mad(emois)elle Anne Magdelaine Anezin ont déclaré à nous, Nicolas Hyacinthe Desgodins, Maire de la ville de Verdun susdit que le premier octobre mil huit cent vingt, à six heures du soir, il est né d’eux un enfant du sexe masculin inscrit sur les registres des actes de naissance de la ville de Chalon sur Saône, département de Saône et Loire, à la date du deux octobre mil huit cent vingt et sous les prénoms de Victor Dominique Elzéar lequel ils ont déclaré reconnaitre comme de fait ils reconnaissent formellement par ces présentes pour leur vrai et légitime enfant, comme étant procrée de leurs œuvres et veulent et entendent que ledit Victor Dominique Elzéar légitimé par leur présent mariage soit habile à leur succéder conformément et aux termes des lois. De laquelle inscription nous nous sommes assuré par la représentation de l’acte de naissance en bonne forme dudit enfant, dont l’expédition délivrée et signée par M. Antoine Coste, maire de ladite ville de Chalon sur Saône a été remise de suite auxdits époux. De tout quoi nous, Maire de Verdun susdit avons dressé le présent acte que les époux, la mère de l’épouse et lesdits témoins ont signé avec nous après lecture faite. »

acte de mariage complet

 

AD Saône et Loire – Châlon-sur-Saône, Naissances 1821 5E75/76 p.56/100

Leur enfant, Victor Dominique Elzéar a été reconnu avant le mariage, selon l’acte inscrit sur les registres de Châlon-sur-Saône en date du 30 juin 1821.

Trois autres enfants viendront agrandir la famille. L’ex-beau père sera le témoin de chaque naissance. Dominique décède en septembre 1831 à Verdun.

 

 

 

Signature copie

Mieux vaut tard que jamais…

contexte: Claude François Louis ROUBAUD, marchand de pianos à Paris, originaire de Beaumes de Venise (Vaucluse), veuf de ses deux précédentes noces, épouse à l’âge de 71 ans Marie Louise CANONGE de 27 ans sa cadette, originaire du Vaucluse également, le 9 juin 1876. Par ce mariage, il reconnait leur long concubinage et leur fils Marius naît 20 ans plus tôt à Paris. 

Archives de Paris 8e arr, V4E 3413 p.30/31

Le neuf juin mil huit cent soixante seize, nous, Maire du huitième arrondissement de Paris, officier de l’État Civil, vu le certificat ci annexé du sieur Reymond, Docteur en médecine de la Faculté de Paris, en date du quatre de ce mois, constatant l’impossibilité absolue où se trouve, pour cause de maladie, le sieur Claude François Louis Roubaud, marchand de pianos, demeurant à Paris, rue du faubourg Saint Honoré 119, de se transporter à l’hôtel de la mairie pour faire prononcer son mariage avec demoiselle Marie Louise Canonge, sans profession, demeurant rue et numéro susdits, nous nous sommes transportés au domicile commun des futurs époux, où, étant, nous avons trouvé le sieur Claude François Louis Roubaud, alité dans une chambre éclairée par une seule fenêtre, à l’exposition du midi, sise au deuxième étage et donnant sur la cour, avons les portes étant ouvertes, prononcé le dit mariage et dressé l’acte dont la teneur suit: (…)

La signature de Claude est émouvante, tremblante. Il décède peu de temps après, le 22 juillet 1876.

Marie Louise se remariera en 1879 à Apt (Vaucluse) avec Elzéar PEYSSON, un militaire en retraite.

Li Nòvi

Jean François PONS et Marie Anne VINCENT ont été les personnages du couple choisi pour mon mémoire du DU de Nîmes. Grâce à la lecture de plusieurs documents concernant les mariages traditionnels « provençaux » de cette période, je me suis amusée à imaginer leur journée de noces, en 1840 à Saint Saturnin lès Apt (Vaucluse).

Jean François PONS, (1813-1890), cultivateur, est le fils de Jean Joseph, (originaire de Monieux) et de Marguerite Rose CLEMENT, (de St Saturnin lès Apt, décédée en 1818). Il est le benjamin d’une famille de 6 enfants: 3 frères ainés déjà mariés et de 2 sœurs qui resteront célibataires. Jean François, son père et ses deux sœurs vivent à la ferme de Garbis.

Marie Anne VINCENT, (1817-1864) est la fille de Dominique et de Marie Magdelaine NOUVEAU. Ses parents sont issus de deux familles implantées de longue date à St Saturnin lès Apt et sont des propriétaires-cultivateurs bien établis. Marie Anne a 7 frères et sœurs.

***

Afin de garantir une vie de félicité et la pérennité de leur union, les fiancés ont dû suivre ces rites à la lettre comme le choix de la date. Il ne fallait pas se marier le 9, 19 ou 29, le chiffre neuf amenant le deuil. La date fut donc fixée au mercredi 22 janvier, lorsque les champs étaient au repos.

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La journée commença par un rendez-vous de bonne heure en l’étude de Maitre BERTRAND Joseph Albéric, notaire du village, où les futurs époux et leurs pères respectifs se retrouvèrent accompagnés par Jean Baptiste GUIGOU, témoin et ami de Jean François, et Jean Joseph MOLINAS, cousin maternel et témoin de Marie Anne. Comme convenu, ils signèrent un contrat stipulant que le mariage serait soumis au régime dotal, régime « classique » de Provence, toujours influencé par le droit romain. La dot de Marie Anne était constituée d’une somme de 1500 francs en avancement d’hoirie donnée par son père, dont 1200 francs comptés devant le notaire et d’un trousseau d’une valeur de 250 francs. Aucune terre en dot, ces dernières étant réservées à ses frères pour ne pas éparpiller le patrimoine familial.

AD Vaucluse, 3E2 1868 Étude Geoffroy – contrat de mariage

Les futurs époux retournèrent à leurs domiciles respectifs afin de préparer la noce. Les amis de Jean François ne manquèrent pas de glisser quelques grains de sel dans la poche de son gilet afin d’écarter le mauvais sort. Pour la même raison, c’est dans les souliers de Marie Anne que ses sœurs et voisines en déposèrent, pendant que tante et marraine « heureuse en ménage » coiffait la future épouse. Marie Anne revêtit sa robe de mariée vert amande, couleur de l’espérance, son fichu de mousseline et son jupon en piqué blanc brodé à ses initiales. Ainsi protégée et apprêtée, Marie Anne pouvait se rendre à l’Hôtel de Ville. Mais au moment de franchir le pas de la porte paternelle, Dominique, son père, lui remit un verre d’eau et une pièce d’or, lui signifiant ainsi qu’il la nourrissait pour la dernière fois et qu’elle n’était désormais plus à sa charge. Marie Anne but l’eau, pris la pièce, et versa quelques larmes, montrant ainsi sa reconnaissance et son regret de quitter la maison.

Mariée Comtadine et Comtadine au XIXe siècle – crédit photos: Musée du costume Comtadin, Pernes les Fontaines

A 11h, le mariage civil fut célébré par l’adjoint au maire Alphonse JOUVAL (qui deviendra maire en 1848). Après les formules d’usage, et une fois le consentement prononcé, Jean François et Marie Anne, mariés devant la loi sortirent de l’Hôtel de Ville. Les tambourinaires se placèrent en tête du cortège et jouèrent un air traditionnel sur lequel les amis de Jean François chantèrent des paroles grivoises.

AD Vaucluse, État civil de St Saturnin lès Apt, Mariages 1839-1840 p.11-12/27

Signatures des mariés

Cela fut de courte durée, le cortège arrivant sur la placette de l’église située à quelques mètres de la mairie. Après une arrivée en procession dans le chœur de l’église où ils s’agenouillèrent, Jean François essaya de poser son genoux sur la robe de sa femme, lui signifiant qu’il ferait la loi à la maison. En contrepartie, Marie Anne plia son doigt au moment où Jean François voulu lui passer l’alliance.

A la sortie de l’église, Jean François lui remis la clef de la ferme de Garbis, qu’elle accrocha aussitôt à sa ceinture. Elle en était désormais la maitresse de maison. Ses amies lui présentèrent une coupe de blé et Marie Anne lança les grains sur les parents, particulièrement sur Jean Joseph PONS, son beau père, indiquant par là son intention d’apporter la prospérité dans sa nouvelle famille. Les « novis » sautèrent alors une barre fleurie, symbole de leur passage dans la vie maritale.

crédit photo Musée du Costume Comtadin

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De retour à la ferme de Garbis, lieu où le banquet devait se tenir, Marie Magdelaine, mère de la mariée, offrit à sa fille deux ustensiles typiques: un battoir à linge en bois sculpté et une quenouille en osier tressé. Puis il fut temps de s’attabler et les nouveaux époux partagèrent leur soupe dans la même écuelle. Marie Anne reçut ensuite trois petits pains. Elle en offrit deux à sa famille et un aux amis présents, indiquant par ce geste qu’elle entendait être économe et nourrir d’abord les siens sans cependant fermer sa porte aux amis. Au cours du repas, elle préleva un morceau de pain et le mis dans sa poche. La coutume voulait qu’elle le garde précieusement car il la préserverait de toute mésentente dans son ménage.

A une heure tardive, les nouveaux époux s’éclipsèrent, laissant les autres convives festoyer une bonne partie de la nuit au son des tambourinaires.

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Installé dans la ferme de Garbis, le couple y vécut plus de vingt ans entouré de leurs trois fils, des deux sœurs de Jean François et du père PONS, Jean Joseph.

Signature copie

 

Pour en savoir plus: