« Les Pons, une famille des Monts de Vaucluse »

Voici le lien vers mon mémoire du DU de Généalogie et Histoire des familles de Nîmes, promotion à distance 2017/2018.

Les PONS, une famille des Monts de Vaucluse – Aurélie BATTU

Avec le temps, je pense encore l’enrichir et corriger d’éventuelles erreurs. J’attends vos commentaires 🙂

Bonne lecture!

 

Bon plan: imprimer ses recherches généalogiques

Coup de projecteur aujourd’hui sur le site CoolLibri, site recommandé par mon ami de promo Jean Michel. CoolLibri est un site d’auto-édition au rapport qualité prix imbattable.

Promis, CoolLibri ne m’a pas payé pour faire de la pub, j’ai tout simplement été conquise par leurs prestations.

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Comme tout généalogiste, une fois mes recherches effectuées et rédigées, reste l’éternelle question:

Comment partager cette masse d’informations avec ma famille et/ou le public concerné sans se ruiner ?

CoolLibri propose plusieurs options:

 

Le téléchargement prend quelques minutes selon le poids du document. Une fois le téléchargement et l’analyse effectués, le site vous propose de vérifier quelques pages sélectionnées aléatoirement. Une vérification complète vous sera proposée avant la validation de votre commande.

Si vous n’avez pas déjà créé de couverture, des modèles gratuits vous seront proposés.

Couverture personnalisée

Pour vous donner un exemple, ma commande a été passée et validée le dimanche 21 juillet, envoi le jeudi 25 juillet avec le transporteur GLS et numéro de suivi. J’ai été livrée le vendredi 26 juillet à 9h00. Que demander de plus?

 

Faisons quelques calculs:

Lorsque j’ai imprimé mon mémoire pour l’envoyer en correction à mon professeur, je me suis adressée à l’enseigne TOP OFFICE. Le coût de revient était d’environ 120€ de souvenir.

J’ai donc décidé de l’imprimer de chez moi, pour une qualité inférieure. Total: 1 ramette de papier 90g (environ 7€)+ 2 packs de cartouches HP 34€ sur Amazon + la reliure thermocollée Top Office 7€ = 82€

Sur CoolLibri, pour 2 exemplaires dos carré collé + 144 pages (imprimées recto/verso) + papier 80g + frais d’envoi = 44.19€ soit 22€/exemplaire

La démonstration est assez claire je pense. Je recommande ce site sans hésitation! Plus d’excuses, à vous de jouer!

Pour accéder au site, suivez le lien —> CoolLibri

Charles COTTAREL ou la force de caractère face à l’adversité…

Charles, Jeanne et Mélina

Voici un article que je prépare depuis longtemps.  Un article plus long qu’à l’accoutumée, mais c’est le moins que je puisse faire pour essayer de cerner ce personnage atypique.  Au départ, comme souvent, une légende familiale, l’épouse de cet oncle aurait été une martyre en Indochine, sans que personne ne puisse me dire son identité, de quoi aiguiser ma curiosité…

Cet article est aussi la vitrine de la richesse et de la chance que nous avons en France de bénéficier de services d’Archives compétents et variés.

Enfin, mettons de côté notre jugement contemporain de l’Histoire du colonialisme pour appréhender la vie de Charles, un français élevé dans une Société fière de son empire colonial qui n’a pas senti venir le désir d’émancipation des peuples indigènes. Autre temps, autre mœurs…

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         Charles François Joseph COTTAREL nait le 27 février 1884 à Allex (Drôme). Son père, Charles, est employé comme cocher chez la baronne du village, depuis qu’il a quitté son village de Loisieux en Savoie dans les années 1875-1880.

Il y épouse Mélina LESTRAT, une jeune femme du village voisin d’Eurre, lingère, également au service de la baronne. Ensemble ils auront deux enfants : Charles en 1884 et Jeanne, née en 1886.

Charles père décède à 41 ans en 1890. Après ce décès prématuré et avec deux jeunes enfants à charge (6 et 4 ans), Mélina reste encore quelques temps auprès de la baronne en tant que lingère puis fait venir de Savoie Nizier COTTAREL, neveu de son défunt époux, pour reprendre la place de cocher laissée vacante (Mon AAGP).

 

Le miraculé de Lourdes

Charles COTTAREL à Lourdes

A 17 ans, en 1901, Charles est atteint de la tuberculose. Sa mère, très croyante, comprenant que son fils est condamné, décide en dernier recours de l’emmener à Lourdes, muni d’un certificat médical du médecin d’Eurre. Charles, Mélina et Jeanne arrivent en la cité miraculeuse le 3 juin 1901. Les Annales de Lourdes relatent les faits :

 

 

 

 

 

 

Carrière militaire

Fiche matricule de Charles, AD Drôme, bureau de Montélimar, classe 1904, matricule 110

D’abord dispensé de service militaire en 1904 par le bureau de Montélimar car fils unique de veuve, Charles intègre le 52e régiment d’infanterie d’octobre 1905 à septembre 1906.

Sa fiche matricule nous donne quelques renseignements physiques : blond, les yeux bleus, mesurant 1m77, il a une cicatrice à la joue gauche et sous le cou.

Charles s’engage ensuite pour 5 ans en octobre 1906 pour le 3e régiment d’Artillerie Coloniale et met les pieds pour la première fois en Cochinchine en octobre 1907.

Il passe premier canonnier servant en décembre 1910 et se réengage pour 5 ans. Il devient brigadier en juin 1912 et intègre le 5e RAC en décembre de la même année. Sa mère Mélina décède à cette période, le 17 aout à Allex.  Il passe à nouveau au 3e RAC en septembre 1913.

 La Première Guerre Mondiale

Charles est toujours en Cochinchine lorsqu’éclate la première guerre mondiale. Lors de ce conflit, le 3e Régiment d’artillerie coloniale combat « morcelé ». Une partie, le IIe groupe, a combattu dans l’Armée d’Orient. L’autre partie, dont dépend Charles, est envoyé sur le front Nord-Nord Est.

Après 3 ans sur le Front sans blessures, il est gazé le 19 mars 1918 dans le secteur du Mont Sans Nom (Marne). Charles est envoyé en convalescence pour 1 mois puis retrouve son régiment et le Front sur le même secteur. Il obtient le grade de maréchal des logis le 1er juillet. Gazé de nouveau le 15 aout, il sera de retour aux combats le 2 novembre 1918 et restera mobilisé jusqu’au 15 mars 1919.

Le Parcours de Charles durant la Première Guerre Mondiale reste flou. N’ayant pas connaissance de sa batterie, il m’est impossible de connaitre ses positions. En effet, le site Mémoire des Hommes regroupe pour le 3e RAC, les journaux de marche incomplets de 9 groupes, 156 batteries ainsi que de nombreuses sections de munitions. Seules quelques brides de son parcours sont racontées au fil de ses lettres.

Retour en Cochinchine  1919-1927

Carte de l’Indochine en 1922

Charles prend le bateau avec son régiment pour rejoindre la Cochinchine le 18 avril 1919 avec le 5e RAC. Il restera dans ce régiment jusqu’au 5 novembre 1920, date à laquelle il retrouve la vie civile.

Là-bas, il rencontre N’GUYEN Thi Van, issue de l’élite annamite, fille d’un indigène lettré, interprète de caractères chinois pour l’administration française en 1920.

 

 

 

 

 

 

Depuis 1921, Charles exerce la profession d’inspecteur de Messageries Fluviales de Cochinchine, et ce jusqu’en 1926. Créée en juin 1881 par Jules Rueff après l’échec d’un projet ferroviaire devant relier la Cochinchine au Cambodge, l’entreprise devient la plus puissante d’Indochine grâce à sa flotte de bateaux à vapeurs de rivières adaptés à la navigation des voies secondaires du Mékong.

Cathédrale de Saïgon

Les mariages mixtes ne sont pas bien vus, ni par les occidentaux, ni par les indigènes. Malgré tout, ils se marient civilement le 15 juin 1921 en l’inspection de My Tho.

Thi Van passe ensuite 3 mois cloitrée en l’Institut Sainte Enfance de Saïgon afin d’y apprendre les premières notions du catholicisme. Elle choisit de franciser ses prénoms, Jeanne Marie Joséphine et épouse religieusement Charles le 2 novembre 1921 en la cathédrale de Saïgon.

 

 

 

 

Charles réside très vraisemblablement à Allex chez sa mère avec son épouse à la fin de son contrat, durant quelques mois de mai 1927 à mai 1928. C’est à cette époque que des liens forts se tissent avec ses petits cousins dont Jean, mon arrière-grand-père, notamment lors du décès de Nizier, père de ce dernier et cousin de Charles, en 1927. Il embarque ensuite pour Saïgon et ne reviendra en métropole que vingt ans plus tard.

mai 1928-1947

De retour en Cochinchine, Charles et sa femme vivent durant deux décennies une vie de colons agréable. Ils possèdent une concession de 100 hectares de caoutchouc à Bung Binh (50 km de Saïgon) qu’il a obtenu a un prix préférentiel au titre d’ancien combattant, comme de nombreux européens.

Impliqué dans la vie sociale de Saïgon. Charles reçoit une récompense honorifique de la Mutualité pour services rendus en tant que secrétaire trésorier de la société de secours mutuels des médaillés militaires à Saïgon – Journal officiel de la république française, loi et décrets du 3 aout 1936. En 1947, dans une enquête de moralité versée à son dossier, le gendarme Marcel FUSIL précise que « d’après les renseignements recueillis près des autorités et des voisins de Saïgon, il jouit de l’estime de la population, et est bien considéré. ».

Le couple n’aura pas d’enfants.

carte zoom cochinchine

Journal La Croix – Aout 1934

 

 

De son côté, Jeanne, la sœur de Charles, en France, prend l’habit de religieuse au Monastère de la Visitation de Tarascon (31 août 1934).

 

Déjà de constitution pulmonaire fragile, les différentes intoxications aux gaz reçues durant les combats de la Première Guerre Mondiale affaiblissent Charles. Sa santé décline. Dès 1925, une commission de réforme lui attribue une petite pension pour « bronchite chronique consécutive à l’inhalation de gaz ». De commission en commissions (1925, 1927, 1929), le taux de pension augmente pour atteindre 100% en 1931. Verdict : « Pension définitive d’invalidité à 100% 6e degré pour tuberculose pulmonaire consécutive à une intoxication par gaz de combat« . Condamné au repos, alité, les médecins ne lui laissent que peu d’espoir. C’est à ce moment que toute la combativité de Charles se réveille. Il a bien reçu une médaille militaire en décembre 1929 pour ses états de service mais l’injustice est trop grande. Pourquoi avoir été « miraculé » à Lourdes pour finir ainsi ? Charles veut une reconnaissance de l’État Français pour ses souffrances, autre que pécuniaire. Il multiplie les courriers et souhaite recevoir la Légion d’Honneur.

« Condamné à mort par 4 docteurs successivement fin 31 – civils ou militaires – j’ai moins que quiconque le droit de compter sur demain et le pouvoir d’attendre, et parceque je ne voudrais pas quitter d’ici – ou quitter ce monde- sans les avoir eus en main, j’ose espérer que le chancelier comprendra ce qu’a d’émouvant, voire de tragique, ma situation et m’accordera la Priorité d’envoi de tout cela. Du fond de l’Âme, Merci cher compatriote et ami. » 2.09.1932

Le 13 aout 1932, le Général Vallier, après avoir fait prendre les armes à la garnison de Saïgon, remet les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Charles. 

Chevalier de la Légion d’Honneur

Villa Jeanne au Cap St Jacques

 

Cette reconnaissance de la Nation apaise quelques peu Charles. Le couple acquiert une propriété au Cap St Jacques en 1934, renommée la « Villa Jeanne ».

 

 

Pendant des décennies, Le Cap St Jacques était le point de passage obligé de tout voyageur se rendant en Indochine par bateau. Située à l’extrémité d’une petite péninsule, à 125 km au Sud Est de Saïgon, la ville doit son nom aux navigateurs portugais qui passèrent le long de cette côte au XVe siècle. La Cap est une station balnéaire et un centre militaire important. Au bord de la mer, les paysages ressemblent aux rivages méditerranéens. Les occidentaux se font construire des manoirs de type Art Déco, comme en témoigne la Villa Blanche, édifiée en 1898 pour le gouverneur Paul Doumer (président de la république de mai 1931 à mai 1932).

 

cap st jacques 1937

Le Cap St Jacques en 1937 – photo belleindochine.free.fr

La Seconde Guerre Mondiale

Au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, en 1939, Charles a 55 ans. Comme le reste de l’Indochine, le territoire de la Cochinchine est occupé par l’Armée du Japon. Fin juillet 1941, quatre cuirassés et douze croiseurs nippons apparaissent au large du Cap St Jacques. Les troupes débarquent le 30 juillet 1941.  Ils soumettent les troupes françaises d’Indochine mais laissent en place l’administration coloniale et le gouverneur général DECOUX nommé par le gouvernement de Vichy. Cinq ans plus tard, repoussés par la contre-offensive américaine, les japonais craignent que les troupes françaises ne tentent de les chasser d’Indochine. Ainsi, le 9 mars 1945, les japonais attaquent les garnisons françaises. 2650 soldats français sont tués, 3000 sont fait prisonniers et rejoignent des camps comme celui de Hoa-Binh. Parmi les 19 000 civils français, 3000 sont aussi internés. Les autres sont astreints à résidence forcée sous la menace de la Kempeitai (police politique impériale nippone). Ainsi Jeanne et Charles sont retenus prisonniers à leur domicile, sans possibilités de soins malgré la fièvre tenace qui clou Charles au lit du 9 mars au 5 avril 1945. Séparés brutalement le 6 avril 1945, ils se doutent bien que c’est la dernière fois qu’ils se voient. Charles est envoyé dans un camp à Saïgon. Il a 60 ans.

En aout 1945, au moment d’annoncer la capitulation, les japonais acceptent les revendications du gouvernement indépendantiste vietnamien à savoir le rattachement de la Cochinchine au reste du Vietnam. Hô Chi Minh prend le pouvoir au cours de la Révolution d’Aout. Le 25, il proclame à Saïgon un Comité à majorité communiste, présenté comme l’autorité légitime en Cochinchine. L’Indochine vit à l’automne 1945 une situation chaotique : le pouvoir Viet Minh est bien moins assuré en Cochinchine qu’au Tonkin et au Nord de l’Annam. Les groupes nationalistes s’agitent. Des français sont assassinés à Saïgon durant tout le mois de septembre, notamment durant la nuit du 24 au 25 septembre, où près de 300 personnes sont massacrées dans la cité Hérault, habitée par des fonctionnaires

Ce même jour, les Viêt Minh incarcèrent Jeanne au Cap, puis à Logdien et enfin à Baria, durant 3 mois. Son crime ? « Avoir trahi sa race, s’être faite volontairement chrétienne et française« . Puis l’ayant faite revenir au Cap, à la fin novembre, ils la décapitent sans autre forme de procès et jettent ses restes dans les marais de Ti Wan. Selon plusieurs témoignages et grâce à l’enquête de la commandante Torrès, ses derniers mots auraient été « Vous me couperez la tête mais jamais vous ne me séparerez de Cottarel. Vous verrez quand les français seront ici !« 

Débarqués en octobre 1945 et commandées par le Général Leclerc, les troupes françaises repoussent difficilement les Viêt Minhs et ont dû mal à reprendre l’Administration en main, faute d’hommes et de moyens.

Il est difficile de retracer le parcours de Charles durant cette période. « Emprisonné un mois par les japonais du 9 mars au 5 avril 1945, puis relégué à Saïgon en vue des camps de concentration, souffert le martyr à Saïgon du 6 avril 45 au 7 février 48 » Impossible de connaitre dans quelles conditions et quand Charles a appris le décès de son épouse. À sa libération Charles se retrouve démunit, « une épave … » selon ses propres mots. 

Sinistré total, devenu une épave, par les pillages des Viêt Minh, je ne puis pas même élever une stèle commémorative en la Mémoire de cette femme, que j’ai aimée de toutes les fibres de mon être, depuis 25 ans, et qui a emporté mon âme avec elle, au point que si je n’avais pas eu une sœur religieuse (…) et mes parents bien aimés qui dorment au cimetière de mon village natal (…), chrétiens sincères naguère, je me serais suicidé au véronal. Je ne puis pas rendre ce dernier devoir à mon épouse (et vous savez l’importance d’un tombeau pour les Amanites, bouddhistes ou chrétiens, eux qui honorent les âmes errantes de corps laissés sans sépulture … – C’est pourquoi les Viêt Minh, en jetant ma femme à l’eau au Cap après lui avoir tranché la tête en haine de la France, ont été cruels au delà de toute expression, vu leurs valeurs millénaires…) septembre 1947

Nous retrouvons Charles en 1946 dans un hôtel de Saïgon, n’ayant que sa retraite de sous-officier et sa pension de blessé de guerre comme revenus. Interdit d’accès sur ses terres, il est ulcéré lorsque l’État vietnamien lui en réclame les taxes foncières. De nouveau, il souhaite la reconnaissance de l’État Français.

 

 

 

 

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Se sachant condamné, à bout de forces, Charles refuse d’être rapatrié avant d’avoir entre ses mains l’insigne d’Officier de la Légion d’honneur. Dès réception, il embarque sur le navire hôpital le Chantilly le 7 février 1948 en tant que rapatrié sanitaire. Charles arrive à Marseille le 4 mars, 20 ans après avoir quitté la métropole.

 

 

 

le Chantilly

Rapatriement et fin de vie

D’esprit combattif, Charles n’aura de cesse de vouloir faire reconnaitre que sa femme est « Morte pour la France », en écrivant à maintes reprises à M. Vaucelle, secrétaire général de l’office colonial du combattant à Saïgon, titre qu’elle obtiendra après de nombreuses enquêtes et contre-enquêtes en septembre 1947. Son nom est inscrit sur le mémorial indochinois de Valence.

Mémorial des Drômois et Ardéchois morts pour la France en Indochine 1940- 1956 / Valence

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Sa sœur Jeanne étant cloitrée au monastère de Tarascon (elle y décédera en 1954), Charles s’installe à Malaucène, au pied du Mont Ventoux, au printemps 1948 où vit sa plus proche famille, son petit cousin Jean (mon AGP).

Charles aura toujours pour rêve de retourner à Saïgon.

(…) Je suis domicilié en Cochinchine, propriétaire d’un terrain et d’une maison (en ruines mais n’importe), je ne suis que résident ici. Je fais le rêve de revoir la « Cochinchine ». 2 février 1951

(…) je ne suis que de passage en France, car je retournerai à Saïgon. 3 juillet 1951

Sa vie à Malaucène est difficile. La plupart du temps alité à domicile, Charles ne s’intègre pas à sa nouvelle vie et a beaucoup de ressentiment envers les français de métropole, surtout les fonctionnaires qui n’ont que faire d’un sinistré d’Indochine. Les relations sont tendues avec le secrétaire général du Comité des Anciens Combattants d’Avignon, M. Corsico Vilanova, qui le menace ouvertement: « Un autre préfet avait fait enfermer à vie à l’asile des fous du Vaucluse un autre rouspéteur ». Charles s’en plaint dans un courrier du 3 juin 1951 à M. Mialin, directeur de cabinet et commissaire de la République du Sud Vietnam.

Charles se bat alors pour recevoir l’insigne des Parents des morts pour la France, médaille qu’il reçoit des mains du maire de Malaucène le 16 juin 1951 après bien des courriers à l’Administration.

lettre charles juin 1951

Lettre de Charles à M. Vaucelle, secrétaire général de l’Office Colonial du Combattant à Saïgon – 25 juin 1951

« Ma (nouvelle ndlr) femme souffrait trop de me voir tant souffrir de cette … incompréhension (par euphémisme) métropolitain en égard aux « Morts pour la France » de l’Indochine. J’ai reçu le samedi 16 juin dernier l’Insigne des Parents des morts pour la France, grâce à vous, à votre chef Mr le Délégué, à Mr Mialin et le Général Chauson.
A tous Merci! Culte du souvenir.
Alité sur mon grabat depuis 7 mois passés, j’ignore le laps de temps qui me reste encore à passer sur terre, il est vraisemblable que ce sera bref. Que la pensée d’avoir adouci l’amertume au cœur d’un français, vous soit une noble et agréable satisfaction! Cordial respect – Cottarel

 

Acte de décès

 

Charles se remarie et redeviendra veuf par deux fois puis vit en concubinage avec son infirmière, près de laquelle il sera inhumé. Mes grandes tantes se souviennent de lui comme d’un homme alité et diminué dans les années 1955-1960. Elles se rappellent toutefois de sa voix de baryton, qu’il utilisait pour chanter … fait étrange pour un homme atteint aux poumons. Il décède à Malaucène le 28 novembre 1960, à l’âge de 76 ans.

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En résumé quel parcours ! Miraculé de Lourdes, Grand invalide de Guerre, trois fois veuf, chevalier puis officier de la Légion d’Honneur, Charles méritait bien un tel hommage. Difficile de cerner cet homme. À la lecture de ses lettres, Charles apparait comme un homme meurtri, à la fois fidèle à la Nation française, de par sa carrière militaire, mais se sentant la victime abandonnée de celle-ci, ayant mené une lutte pour la reconnaissance de ses sacrifices et de ses souffrances, comme bien des hommes de sa génération, face aux lenteurs administratives, au peu d’intérêt et d’empressement que peuvent porter parfois (souvent) les élites dirigeantes aux hommes qu’ils gouvernent.

Un parcours hors du commun à bien des égards, un homme passionné et passionnant, qui aura mené tous les combats de sa vie de front. Un homme dont le nom mérite de sortir de l’oubli, Charles COTTAREL, ce combattant de la Vie…

 

Cimetière de Malaucène. Deux erreurs sur sa plaque tombale: COTARE sans L et 1887 au lieu de 1884

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Cet article est amené à évoluer, l’enquête étant toujours ouverte sur certaines zones d’ombre de la vie de Charles

Titres, Distinctions et Insignes reçues par Charles COTTAREL:

  • Médaillé militaire – 1er décembre 1929
  • Chevalier de la Légion d’Honneur – 2 janvier 1932
  • Officier de la Légion d’Honneur – 25 janvier 1948
  • Insigne et Brevet des Parents des Morts pour la France remise le 16 juin 1951 par le maire de Malaucène.

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Remerciements:

Merci au Service Historique de la Défense pour m’avoir communiqué le dossier de Jeanne, au service des archives de Lourdes et à la mairie de Malaucène.

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Pour en savoir plus:

  • Journaux de marche du 3e RAC

7/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1916 à 1918

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

Dernier épisode: des classes 1916 à 1918. ALBIN Prosper Auguste, ARNAUDET Pierre François, CEBE Marius Antonin, MALEN Félix, LAMIABLE Henri, RAVET Philippe et DUBEC Marcel Roger

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Classe 1916: ALBIN Prosper Auguste, mort à 20 ans

ALBIN Prosper Auguste, fils de Louis Célestin, charpentier, et de Louise TELMON, originaires de Briançon, nait le 30 avril 1896 à St Saturnin. Alors âgé de 18 ans, il s’engage volontairement dans l’Armée au début du conflit, le 25 août 1914 en la mairie d’Avignon. Ses deux frères, Émile Célestin  et Victor Léon  sont également mobilisés.  Sergent du 52e Régiment d’infanterie cantonné à Montélimar, il est promu caporal le 3 juillet 1915.

De mars à août 1916, le 52e RI tiendra les secteurs du fort de Vaux et du tunnel de Tavannes. Il résistera aux bombardements les plus formidables, surmontant des souffrances et des fatigues inouïes. C’est dans ces conditions que Prosper Auguste perd la vie. Il est tué à 20 ans dans les tranchées de Saales, entre Damloup et Verdun, le 6 mai 1916, sous les bombardements intensifs de l’ennemi. Ce jour là, son régiment perd 9 hommes et compte 6 blessés.

 Matricule 486—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: ARNAUDET Pierre François, mort à 22 ans

ARNAUDET Pierre François, fils de Thomas et de Jacqueline DIDIER, nait le 25 septembre 1896 à St Saturnin.  Il est cultivateur et vit avec ses parents à Velleron lors de sa mobilisation en mars 1916. Il intègre le 86 e RI en avril 1915, puis le 38e Ri en décembre 1915 et enfin le 83e RI, 2e bataillon, en mai 1916. Pierre François apprend le décès de son cousin germain Pierre Gabriel en mai 1917.

Il reçoit une citation à l’ordre de son régiment le 5 janvier 1918. Pierre Gabriel est blessé le 25 avril 1918 et hospitalisé pour 5 jours à Abbeville suivi d’une période de convalescence de 25 jours à Lannion avant de retourner au combat le 21 juin.

Le 17 octobre 1918, une attaque est déclenchée à 5h30 sur la cote 139 par les 1er et le 2e bataillon dans le secteur de Hauteville (Aisne). Le 1er, à droite, ne peut avancer, le 2e, à gauche, en liaison avec le 88e, réussit à progresser d’environ 200 mètres en direction du ravin de la côte 114. L’attaque un moment ralentie, est reprise à 10 heures. Le second bataillon dépasse successivement la route Hauteville—cote 139 et réussit à atteindre le chemin de terre Hauteville 75-25. Au cours de cette avancée, 42 prisonniers sont capturés auxquels s’ajoutent 4 mitraillettes et une mitrailleuse lourde. A la nuit tombée, le chemin de terre Hauteville 78-20 était atteint.

Pierre François est blessé lors de cette attaque et décède des suites de ses blessures le même jour. Il sera le seul tué de son régiment ce jour là et reçoit la Croix de Guerre médaille de bronze à titre posthume. Il est aussi le dernier poilu saint-saturninois décédé sur le Front.

 

« Observateur de bataillon courageux et dévoué, a assuré son service avec zèle malgré de violents bombardements pendant la période du 13 novembre au 14 décembre 1917. » citation 208 du 5 janvier 1918

Secteur du 83e RI – octobre 1918

Matricule 596—Bureau d’Avignon—Mort pour la France , Croix de Guerre—Inscrit sur le monument aux morts de Velleron

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Classe 1916: CEBE Marius Antonin, mort à 20 ans

CEBE Marius Antonin, fils de Jules Joseph et de Françoise MAILLAN, voit le jour à St Saturnin le 23 septembre 1896. Cultivateur, puis ouvrier en peigne, il vit quartier des Aires en 1911 avec ses parents, son frère et ses deux sœurs.

Lors de sa mobilisation en avril 1915, Marius est incorporé au 2e régiment de zouaves à Sathornay dans lequel il devient caporal.

Le 15 février 1916, son régiment se rapproche de Verdun et s’engage, au lendemain de l’attaque, derrière la 72e division sur les secteurs du bois des Fosses, de Beaumont, de Vacherauville et du bois de la Wavrille. Le régiment, en trois jours, a perdu 31 officiers et 1100 hommes, mais Marius Antonin en a réchappé. Sur la rive gauche de la Meuse, il va, en avril et pendant plus d’un mois, défendre le plateau des Rieux qui domine Avocourt. En mai 1916, en avant de la fôret de Hesse, son régiment perd 400 hommes. Le 5 juin, les allemands s’emparent du fort de Vaux. pour rétablir la situation, le Général Nivelle forme une brigade provisoire avec le 2e régiment de zouaves et le RICM qu’il considère comme « les deux plus beaux régiments de France ». Durant dix jours se déroulent de terribles combats. Marius Antonin est tué le 15 juin 1916 au sud du Fort de Vaux (Verdun). Les zouaves ne seront relevés que le 17 après avoir perdu 900 hommes.

Son corps sera enterré à Fleury devant Douamont (Meuse) en la nécropole nationale de Douamont (tombe individuelle 12541).

Secteur de Verdun

Matricule 512—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1916: MALEN Félix, mort à 21 ans

MALEN Félix,  fils de Maurice et de Marie BERARD, nait à St Saturnin le 27 mars 1896. Tailleur sur cristaux, il vit avec sa famille à Rambervillers (Vosges) en 1915.

Lors de sa mobilisation, il intègre tout d’abord le 21e RI, puis le 152e Ri en novembre 1915 et enfin le 109e RI, 9e compagnie en juin 1916.

Félix décède le premier jour de l’un des plus terribles combats de 1917, la bataille de la Malmaison, qui se déroula du 23 au 25 octobre. Elle tient son nom du fort de la Malmaison, situé à côté du chemin des Dames, dans l’Aisne. Son issu sera le repli des allemands sur la rive droite de l’Ailette. Ce qui rend ce combat notable est sa préparation d’artillerie, d’une intensité qu’on ne reverra plus avant la bataille de Koursk, en 1943: près de 1800 pièces d’artillerie françaises, pour 12 km de front, ont envoyé plus de 3 millions de projectiles en quelques jours.

Félix est donc tué le 23 octobre 1917 à Jouy (Aisne), à 150m au Nord du Poste de commandement d’Ulm, près de la tranchée Léopard.  Ce jour là, son régiment compte 43 tués, 4 disparus et plus de 100 blessés.

Matricule 1269—Bureau d’Épinal—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin, de Rambervillers ainsi que sur le livre d’or de Rambervillers

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Classe 1917: LAMIABLE Henri, mort à 20 ans

Lamiable fiche AiLAMIABLE Henri nait à Montpellier le 9 février 1897 dans une voiture, ses parents étant sans domicile fixe. Fils d’Albert et de Blanche LEFEVRE, Henri, employé en tant qu’ouvrier verrier chez M. Dupuis. Sa mère, originaire des Ardennes décède jeune. Henri vit ensuite à St Saturnin avec son père Albert, vannier, originaire de l’Aube . Après le décès de ce dernier en novembre 1913, Henri s’installe à Montfrin dans le Gard.

Il est mobilisé le 9 janvier 1916 et intègre le 75e RI de Romans. Il passe ensuite par le 140e RI de Grenoble et le 4e RI d’Auxerre. C’est au sein de ce régiment qu’il est promu caporal le 16 avril 1918.

« Bon soldat volontaire pour les missions délicates. A exécuté plusieurs patrouilles dangereuses » citation 413

Henri est tué le 18 juillet 1918 au combat du Bois de Courton (Marne). Il est décoré de la Croix de guerre étoile de bronze à titre posthume.

Matricule 522—Bureau – Mort pour la France—Croix de guerre étoile de bronze. Son nom figure sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie. Il est aussi inscrit sur le livre d’or et le monument aux morts de Montfrin.

 

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Classe 1917: RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, mort à 21 ans

RAVET Philippe Jean Baptiste Marius, fils d’Henri Roger et de Marie Rose BOUSTIER, voit le jour à St Saturnin le 19 juin 1897. En 1911, alors âgé de 14 ans, Marius vit quartier des Grès avec ses parents et ses trois sœurs.

Il incorpore le 40e RI à compter du 1er janvier 1916 puis passe au 273e RI le 21 mars 1917. Marius disparait le 1er juin 1918 à l’Échelle (Aisne). Sa famille, dont son beau frère Marcel BOYER, mobilisé lui aussi, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge en espérant une captivité ou une hospitalisation. Ils reçoivent une réponse négative le 18 novembre 1918. Ses camarades de régiment indiquent par la suite que son corps a été enterré en la nécropole Vauxbuin (tombe 119 carré D).

Un jugement du tribunal d’Avignon du 13 décembre 1921 fixe son décès au jour de sa disparition.

IMG-3173 copie

Matricule 544—Bureau d’Avignon– Mort pour la France – Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1918: DUBEC Marcel Roger, mort à 20 ans

DUBEC Marcel Roger, né à Entraigues le 16 novembre 1898, vit avec ses parents Antoine et Thérèse TEISSIER ainsi que ses deux sœurs à St Saturnin en 1911, quartier du Sablas. Marcel est ouvrier d’usine tout comme son père chez M. Despert et sa sœur Virginie, ouvrière en soie chez M. Bérud.

Incorporé au 22e régiment d’infanterie coloniale le 18 avril 1917, Marcel passe ensuite au 173e RI en juillet 1918. Rejoint par des troupes canadiennes, le régiment reçoit l’ordre de reprendre le village de Fresnoy-les-Roye. Blessé lors des combats, il meurt des suites de ses blessures le 23 aout 1918 « à l’ambulance » dans le secteur du Plessier-Rozainvillers (Somme). Son corps a été inhumé dans la nécropole nationale de Montdidier (tombe 1330).

Matricule 986—Bureau d’Avignon– Mort pour la France. Son nom apparait sur le monument aux morts de Saint Saturnin., le livre d’or et la plaque commémorative de la mairie.

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A suivre…

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

6/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1914 à 1915

 

 

5/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1912 à 1913

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

5ème épisode: des classes 1912 à 1913. CLOT Ernest, DEYE Fernand, BOUCHE Paul Henri, BOURDET Joseph Marie, FRANCILLON Raoul et ROUX Augustin Marius

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Classe 1912: CLOT Ernest Alfred, mort à 22 ans

CLOT Ernest Alfred Raphaël est né le 7 janvier 1892 à St Saturnin. Fils de Toussaint et d’Henriette ROLLAND, Ernest est ouvrier garancier à Châteaurenard en 1911.

Incorporé au 159e RI au poste de téléphoniste/cycliste, il disparait dès le 2 octobre 1914 à Monchy le Preux (Pas de Calais). Ce jour là, à 5 heures, le colonel commandant le régiment fait attaquer son 1er bataillon par le sud pour déborder les ennemis qui tiennent encore les lisières sud-est de Monchy. Ce fut un échec, et Monchy-le-Preux fut entièrement contrôlé. Mais une contre-offensive des allemands fragilise la position française, et impose le repli. Dans l’après-midi, les hommes du 159e RI durent construire des ouvrages pour protéger leurs position, ce qu’ils firent sous le feu nourri de leurs ennemis.

Sans nouvelles, ses parents ont cherché à savoir s’il n’avait pas été capturé par les allemands. Une fiche de demande de renseignements est conservée dans les archives de la Croix-Rouge.

Le tribunal de Tarascon fixe son décès à cette date en vertu d’un jugement rendu le 25 juin 1920.  Son décès est retranscrit sur les registres de Rognonas, où résidaient ses parents.

 

Matricule 3204—Bureau de Marseille—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Rognonas, sur la plaque commémorative de la mairie, ainsi que sur l’anneau de la Mémoire de Notre-Dame-de-Lorette.

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Classe 1912: DEYE Fernand Jacques, mort à 23 ans

DEYE Fernand Jacques, fils de Claude et de Marie Augustine PILAUTIER, est né à St Saturnin le 22 mars 1892. Coiffeur comme son père et son frère Albert, Fernand vit avec sa famille quartier des Grès en 1911.

En octobre 1913 il intègre le 3e RI puis le 7e RI en février 1915. Fernand est tué le 12 octobre 1915 à la Harazée sur la commune de Vienne-le-Château (Marne).

Le 12, vers midi, la bataille reprend. D’abord timidement: un petit minen (torpille allemande), suivi dix minutes après d’un second, puis d’un troisième! Au début on n’y attache pas d’importance, mais peu à peu on s’énerve, on riposte à deux pour un, puis l’artillerie entre en jeu et finalement la danse bat son plein. L’ennemi attaque une première fois dans la nuit; il est repoussé. Le temps de se regrouper et une nouvelle attaque se déclenche; même insuccès! Le bruit dans la forêt est effroyable! Chaque explosion de grenade ou d’obus est répercutée à l’infini par mille échos. des arbres séculaires, décapités par les projectiles, s’écroulent à grand fracas, et des fusées multicolores jettent un rapide rayon de lumière sur ce spectacle de mort… Enfin, le combat s’apaise. Nous comptons nos pertes; elles sont lourdes, mais nous n’avons pas cédé un pouce de terrain. Le 14, le 15, la bataille reprend dans les mêmes conditions. tenaces, les boches du Kronprinz attaquent toujours. Chaque fois, ils sont arrêtés et leurs cadavres servent de parapet à nos tranchées.

Matricule 226—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin ainsi que sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune

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Classe 1913: BOUCHE Paul Henri, mort à 22 ans

BOUCHE Paul Henri, fils d’Antoine et de Justine ESTEVENIN est né le 2 avril 1893 à St Saturnin. En 1911, journalier,  il vit avec ses parents, et ses deux frères.

Paul effectue son service militaire depuis le 29 novembre 1913 au sein du 60e RI lorsque la première guerre mondiale éclate en aout 1914. Il reste dans ce régiment lorsque éclate la guerre. Dès fin août 1914, le 60e RI est engagé dans la Somme pour ralentir la progression allemande vers Paris. Blessé lors des violents combats de la côte 132 du secteur de Cuffies (Aisne), il décède de ses blessures le 12 janvier 1915.

Lors de cette bataille, entre le 12 et le 14 janvier, son régiment a perdu 25 officiers et 1800 hommes. Les principaux combats se déroulèrent à Cuffies et sur le plateau de Crouy. Les 2ème et 3ème bataillons du 60e RI étaient chargés de relever les troupes qui avaient pris la côte 132 deux jours avant. Le temps était très pluvieux depuis quelques jours et le talus à gravir pour atteindre le plateau de Crouy était bourbeux et glissant. Installé dans une carrière souterraine, le poste de commandement fut touché par l’artillerie lourde allemande le 12 janvier. Plusieurs officiers furent tués, et leurs corps ne fut retrouvés qu’en septembre 1917… Les attaques et contre-attaques durent en outre tenir compte de la crue de l’Aisne qui menaçait d’emporter les ponts de bateaux et compromettait l’envoi de renforts comme le repli des assaillants. La retraite fut nécessaire, et cet assaut, dont le bilan fut lourd, se solda par un échec.

Secteur de Cuffies

Matricule 96—Bureau d’Avignon– Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1913: BOURDET Joseph Marie, mort à 21 ans

BOURDET Joseph Marie Noël, fils d’Augustin et de Marie REQUIN, nait à St Saturnin le 25 décembre 1893. En 1911, cultivateur, il vit chez ses parents quartier des Grès avec sa sœur Clémentine et son frère Paul.

Joseph effectue son service militaire depuis novembre 1913 au sein du 60e RI de Besançon (avec Paul Henri BOUCHE) lorsque la guerre éclate. Il est tué dès les premiers jours du conflit, « antérieurement au 12 septembre 1914 »  selon sa fiche matricule à Saint Soupplets (Seine et Marne). Cette bataille se déroula entre le 5 et le 13 septembre et permit d’abord d’arrêter puis de repousser les allemands, mettant ainsi en échec le plan Schlieffen qui prévoyait l’invasion rapide de la France en passant par la Belgique.

Matricule 98—Bureau d’Avignon—Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint Saturnin et figure également sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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Classe 1913: FRANCILLON Raoul, mort à 23 ans

FRANCILLON Raoul Ferdinand Joseph, fils d’Augustin et de Marie Lucie REGAND, est né à St Saturnin le 17 avril 1893. Cultivateur, il vit à Sarrians avec sa famille lorsque la Première Guerre Mondiale éclate. Tout d’abord incorporé au 58e RI d’Avignon, il passe ensuite au 46e RI de Fontainebleau en mars 1915. Blessé à Bouchavesnes (Somme) le 25 septembre 1916, il succombera à ses blessures le 17 décembre 1916 à l’Hôpital auxiliaire 309 de Paris 6e Arr.

Matricule 684—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts et le livre d’or de Sarrians. Son nom figure aussi au tableau d’honneur du 46e RI

 

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Classe 1913: ROUX Augustin Marius, mort à 22 ans

ROUX Augustin Marius (Célestin), fils de Jean Joseph et de Marie ALAIS, nait à St Saturnin le 10 mars 1893. En 1911, il vit quartier des Grandes Terres avec ses parents et ses deux frères, Jules et Gabriel.

En novembre 1913, pour son service militaire, il intègre le 19e Régiment d’artillerie et passe 2e canonnier servant en novembre au sein du 7e bataillon. Augustin est tué au combat de Coutures près de Reims le 4 décembre 1915. Il sera enterré en la nécropole nationale de Sillery (tombe 5589).

Secteur de Reims – Après plusieurs étapes, l’A.D. se trouve dans la région de Reims où elle va remplacer sur ses positions l’A.D.52. L’artillerie est installée en grande partie dans les faubourgs de la ville ce qui permet aux boches de bombarder Reims sous prétexte de riposte à l’artillerie. Le 8 novembre, la situation des groupes est la suivante: 1/19 en entier au faubourg de Laon, 2/19, 5e et 6e batteries à La Neuvillette, la 4e en réserve à Champigny, 3/19, deux batteries aux Coutures, près des quartiers de cavalerie, une batterie à Pommery. Le secteur est très calme, cependant le 3/19 dans le courant de décembre se trouve en butte au tir de l’artillerie lourde ennemie et subit des pertes assez graves. Historique du 19e RAC

Matricule 186—Bureau d’Avignon—Mort pour la France- Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint Saturnin et figure également sur la plaque de la mairie et le livre d’or de la commune.

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A suivre …

1918. Du deuil national à la mémoire locale – St Saturnin lès Avignon

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

2/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1901 à 1904

3/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1905 à 1908

4/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1909 à 1911

1/7 – Les Poilus de St Saturnin lès Avignon et de Jonquerettes – classes 1893 à 1900

L’association de généalogie de St Saturnin lès Avignon vous propose de découvrir le parcours des poilus de notre paisible village provençal. Voilà des semaines que nous sommes sur leurs traces, de leur départ sur le Front, les accompagnant dans l’enfer des tranchées jusqu’à leurs derniers instants, au combat ou sur un lit d’hôpital. Bien entendu, les hommages nationaux se multiplient avec le centenaire de l’Armistice. Toutefois nous vous proposons de mettre en avant « nos » 48 poilus, en les présentant des classes les plus âgées aux plus jeunes. St Saturnin et Jonquerettes, ils y sont nés, ou y ont résidé. Ils y ont joué enfant, dans nos cours d’école, y ont emprunté nos rues ou travaillé dans nos champs, ont participé à la vie de notre village avant le Grand départ depuis la gare d’Avignon. Ils ont laissé derrière eux des enfants, des épouses, des parents. Leurs histoires sont les nôtres, il y a tout juste 100 ans. 

Aurélie BATTU, Régine CONFALONIERI et Jean Louis CRAPONNE

1er épisode: des classes 1893 à 1900. CEBE Gabriel, ESTEVENIN Camille Marius, JACOMET Adrien, ROUX Auguste, GALLON Victor et MEYER Paul

 

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Classe 1893 : CEBE Gabriel, mort à 45 ans

CEBE GabrielCEBE Gabriel, fils de Justin Nicolas et d’Eugénie REQUIN nait à St Saturnin le 11 mai 1873. Cultivateur, il épouse le 4 juillet 1903 Augustine TALON (1881-1957) au Pontet. En 1911 Gabriel et sa femme vivent quartier des Grès dans la maison paternelle avec sa mère Eugénie, et la famille de son frère ainé Albert (réformé).

A la mobilisation générale, Gabriel incorpore brièvement le 118e Régiment d’Infanterie Territorial d’Avignon avant de rejoindre le 315e RIT en mars 1915. Il passe ensuite au 90e RIT en juin 1917.

Gabriel est tué par un éclat d’obus le 1er juin 1918 sur la côte 240 au Sud Ouest de Vrigny (Marne), vraisemblablement lors de « l’offensive Blüncher » qui avait débutée le 27 mai.

Tout d’abord inhumé à Sainte Euphraise (Marne), son corps sera rapatrié et enterré dans le cimetière de St Saturnin le 22 mars 1922.

Matricule 1468—Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque commémorative de la mairie et le livre d’or de la commune.

 

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Classe 1895: ESTEVENIN Camille Marius, mort à 40 ans

ESTEVENIN Camille Marius est né le 21 septembre 1875 à St Saturnin. Fils d’Anicet Célestin et d’Henriette LEGUES, il est cultivateur et épouse Madeleine Marie GARRIGUES à Morières lès Avignon le 19 octobre 1898. Le ménage s’y installe et aura 5 enfants: Marcel (1899), Gaston (1901), Gaston (1901), Marcelle (1904), Lucien Louis (1908) et Yvonne (1912).

A la mobilisation générale, Camille intègre brièvement le 118e RI avant de passer au 353e RI en octobre 1914.

Posté avec son régiment dans le secteur du Bois-le-Prêtre, en Meurthe et Moselle, Camille participe à plusieurs assauts qui se soldent par des échecs sanglants. Le 19 avril, 250 hommes de la 5e compagnie du 2e bataillon du 63e RI, combattants dans le même secteur, épuisés après un premier hiver difficile, refusent de suivre leur capitaine pour quitter les tranchées pour un nouvel assaut meurtrier. 5 hommes passent immédiatement en conseil de guerre et 4 sont fusillés « pour l’exemple » le lendemain.

Camille aurait été tué quelques jours après cet épisode,  le 28 avril 1915 dans ce secteur selon sa fiche matricule, bien que le journal de marche de son régiment n’indique aucune perte ce jour là.  Son corps est inhumé en la nécropole nationale du Pétant (Montauville—Meurthe et Moselle).

Matricule 71 —Bureau d’Avignon—Mort pour la France– Son nom figure sur le monument aux morts et livre d’or de Morières lès Avignon

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Classe 1897: JACOMET Adrien Jean, mort à 37 ans

JACOMET Adrien Jean, fils d’Honoré et de Louise SUGUET, frère de Gustave est né à Châteauneuf de Gadagne le 8 octobre 1877. Agriculteur, il épouse Émilie SESTIER le 16 juin 1900 à St Saturnin. En 1903, la famille vit à Jonquerettes, quartier de la Sacristie, lors de la naissance de Jeanne.

Rappelé à l’activité à la mobilisation générale, il intègre le 134e régiment d’Infanterie territoriale en octobre 1914. Adrien décède le 29 décembre 1914 à l’Hôpital de Nancy d’une maladie contractée aux Armées. Il sera enterré dans le carré militaire du cimetière de Nancy Sud (tombe individuelle 627).

Matricule 488 —Bureau d’Avignon—Mort pour la France—Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Saturnin, la plaque de la mairie ainsi que sur le livre d’or de la commune.

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Classe 1898: ROUX Auguste Marius, mort à 38 ans

ROUX Auguste Marius, fils d’Hippolyte Louis et de Joséphine ANGLES, est né à Châteauneuf de Gadagne le 17 mai 1877. En 1898, il vit avec sa mère, veuve à Jonquerettes, puis après son mariage le 1er mars 1905 avec Henriette CEBE (1882-1962), Auguste vit chez ses beaux-parents quartier de la Déserte.  Leur fille Joséphine nait en avril 1906.

A la mobilisation générale, Auguste intègre le 118e Ri d’Avignon avant de passer brièvement au 27e RI en octobre 1914. Il incorpore ensuite le 134e RI. Auguste contracte une maladie en service et décède à l’ambulance de Commercy (Meuse) le 8 janvier 1915.

Matricule 339—Bureau d’Avignon—Mort pour la France— Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la mairie de Jonquerettes et sur le livre d’or de la commune

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Classe 1899: GALLON Victor Marius, mort à 36 ans

GALLON Victor Marius, fils de Jean Louis Charles et de Marie Agnès BLANC, est né à St Saturnin le 27 septembre 1879.  Ouvrier papetier, il épouse Estelle VILLAIN (1891-1918) à Merrey-sur-Arce dans l’Aube le 27 avril 1908 où il vit depuis 1906.  Le couple a deux petites-filles, Louise Marie, née en mars 1909 et Raymonde née en octobre 1910.

Lors de la mobilisation générale, il rejoint le 21e régiment d’infanterie.  Victor est tué le 11 mai 1915 lors de violents corps à corps au combat de Notre Dame de Lorette. Son épouse, infirmière, est tuée lors d’un bombardement à Troyes. Elle sera elle aussi reconnue « Morte pour la France », à l’âge de 27 ans. Leurs deux petites filles seront élevées par leur grand mère maternelle.

Matricule 1443—Bureau d’Avignon– Son nom est inscrit sur l’anneau de la mémoire de ND de Lorette, sur les monuments aux morts de St Saturnin et de Merrey-sur-Arce (Aube), tout comme sur les livres d’or des deux communes ainsi que sur la plaque commémorative de la mairie de St Saturnin.  Le nom de son épouse est également noté sur le monument aux morts de Merrey.

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Classe 1900: MEYER Paul Hubert, mort à 35 ans

MEYERMEYER Paul Hubert, fils d’Hubert et de Philippine TEYSSERRE, est né à St Saturnin le 30 juin 1880. Sa famille s’installe à Orange lorsque Paul est enfant. A 19 ans, il s’engage volontairement pour 4 ans dans l’Armée et intègre le 11e régiment de Dragons. Après son temps de service, Paul vit sur Paris puis à Villosanges (Puy de Dôme) où il épouse Jeanne MONTEL en 1904, avant de s’installer avec sa femme et son fils né en 1907 à Orange.

Lors de la mobilisation générale en aout 1914, il est d’abord affecté au 15e escadron du train des équipages avant de rejoindre le 2e régiment de marche du 1er corps étranger de Lyon.

Le 9 mai 1915, son régiment subi une terrible hécatombe à Neuville St Waast:

Le 9 mai 1915 à 10 heures, après une faible préparation d’artillerie, les bataillons C,D, A et B se lancent successivement à l’assaut. Les effectifs engagés sont de 75 officiers et 3 822 hommes de troupes.

En 1h30 de combat, le régiment parvient à remporter tous ses objectifs et atteint finalement la route de Béthune puis la côte 140. Par manque de renfort, il ne parvient à se maintenir que deux heures sur ce dernier objectif et est contraint de se replier sur la côte 123 qu’il tiendra jusqu’à sa relève le lendemain matin. Les pertes lors de l’affrontement sont considérables: 1889 hommes, soit près de 50% des effectifs sont hors de combat, tués ou disparus.

Paul, sérieusement blessé, est fait prisonnier. Interné, il décède de ses blessures  à l’hôpital de Cologne le 25 mai 1915. Sa famille, sans nouvelles, demande des renseignements auprès de la Croix Rouge (fiche).

« Brave légionnaire, mort pour la France le 25 mai 1915 des suites de ses glorieuses blessures reçues en se portant à l’assaut des ouvrages blancs » ordre du 24 mai 1922

Matricule 39—Bureau d’Avignon—Mort pour la France -Inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume. Son nom figure sur le monument aux morts de Villosanges et sur le livre d’or de cette commune

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A suivre …

Kléber CONSTANTIN ou « l’Homme à la barbe d’abeilles »

Champs de lavandes à St Christol

Ce billet est né d’une ballade sur la trace de mes ancêtres Joseph PEYRON et Mélanie VIAL, originaires de St Christol, dans le Vaucluse.

St Christol d’Albion, situé sur le plateau du même nom, à 11km de Sault, possède une économie essentiellement tournée vers le tourisme et l’agriculture (lavande, épeautre, production de miel…). En 1965, ce petit village isolé devint un des endroits les plus secrets de France en accueillant sur ses terres une base de Force Aérienne Stratégique et l’implantation de missiles stratégiques à fusées nucléaires, base fermée en juin 1999.

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carte

 

Au détour d’un champ de lavande familial, mon père m’apprend que lorsque son père était adolescent, après la seconde guerre mondiale, il venait travailler avec un apiculteur prénommé Kléber et qu’il a toujours eu pour lui une admiration profonde. Imaginez-vous que ce Kléber avait sa photo dans le dictionnaire…

Comme beaucoup de familles d’agriculteurs de Vaucluse, les PEYRON diversifiaient leurs activités. Propriétaires de terres et de vergers sur St Saturnin lès Apt, la famille s’occupaient également de la récolte de lavandes sur les terres de St Christol héritées du côté paternel.

La promenade continue et nous arrivons au petit cimetière communal. A la recherche de tombes familiales, je suis surprise par la photo d’un disparu : il s’agit de Kléber CONSTANTIN.

Tombe de Kléber CONSTANTIN

 

Acte de naissance – AD Vaucluse – St Christol

Kléber Alexis Bertin CONSTANTIN nait à St Christol d’Albion le 29 mars 1901.

Ses parents, Alexis Fortuné et Julia Célesta ESCOFFIER tiennent la boulangerie du village. Son père, un homme grand par sa taille pour l’époque (1.79m sur sa fiche matricule), était un homme respecté puisqu’il   deviendra Maire du village. 

Kléber a une sœur, Fernande, née en mars 1904, qui sera institutrice, et un frère, Marceau, né en 1918, qui deviendra un peintre reconnu.

Contrairement à ce que j’ai pu lire sur internet, Kléber n’est pas issue d’une famille d’immigrés grecs.

Ascendants de Kléber CONSTANTIN

 

Famille CONSTANTIN – Document du Musée Marceau CONSTANTIN

Ses parents décèdent peu de temps après la naissance de Marceau. Kléber et Fernande prennent en charge leur jeune frère et décèlent rapidement le potentiel artistique du jeune homme. Kléber lui présente des artistes régionaux de renom, tel Eugène MARTEL et les frères AMBROGIANI. Marceau s’installe à Paris afin de se perfectionner dans les Arts Plastiques. 

Kléber, de son côté, choisi de rester au village et s’installe comme apiculteur. Il obtient un diplôme de l’École supérieure d’apiculture de Paris. Apiculteur breveté, une correspondance entre Kléber et la direction de son école ainsi que divers documents le concernant sont archivés aux AD du Val de Marne (côte 172J2), documents que n’ai pas pas pu consulter. Kléber a mis au point de nombreux outils utiles à l’apiculture.

 

 

 

 

 

fiche matricule

Fiche matricule de Kléber – Classe 1921 matricule 1550 – Bureau d’Avignon

Comme tous les jeunes hommes de sa génération, Kléber est appelé sous les drapeaux pour effectuer son service militaire. D’abord ajourné en 1921 puis en 1922 pour musculature insuffisante, Kléber est jugé apte au service armé en mai 1923 et intègre le 6e groupe cycliste de Lyon. Démobilisé le 7 mai 1924, il rejoint son domicile à St Christol.

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Rappelé à l’activité militaire le 3 septembre 1939 à l’âge de 38 ans, Kléber est brièvement intégré au 203e régiment d’infanterie avant que la commission de réforme de Troyes l’affecte aux services auxiliaires de la 15e section COA (commis et ouvriers d’administrations) en décembre 1939 à cause de ses bronchites chroniques avec asthme. Il est ensuite affecté à la station des magasins de Châtres (Aube) dépendant de la 8e section COA en février 1940.

 

 

L’Allemagne commence l’invasion du territoire français le 10 juin. Ensuite tout va très vite. Sous la menace, le 11 juin le gouvernement français fuit de Paris. Le 13 juin, les allemands entrent dans l’Aube où est stationné Kléber, après avoir franchi la Seine. Le 14 juin, les troupes allemandes défilent à Paris sur les Champs-Élysées. Ce même jour, Kléber est fait prisonnier avec sa section.

Liste officielle des prisonniers français au 7 décembre 1940

Entrée du Stalag IV B – Wikipédia

Kléber est envoyé au Stalag VI B, situé à Mühlberg, à 48 km de Dresde, sous le matricule 61 492. Il y reste n an avant d’être rapatrié le 29 juillet 1941 en vertu d’un accord libérant les hommes malades, invalides ou âgés de plus de 41 ans. Kléber est démobilisé le 30 septembre et se retire à St Christol.

 

 

 

 

De retour à la vie civile, Kléber retrouve ses activités dans sa miellerie. La guerre n’est pas loin. St Christol est une place forte du Maquis du Ventoux à partir de l’hiver 1942-1943. Les Habitants aident de nombreux réfugiés d’Alsace-Lorraine et fournissent de faux papiers et une aide matérielle aux jeunes hommes réfractaires au STO. De nombreux résistants périrent pour leurs actes de bravoure.

Atelier de Kléber

Une fois la guerre finie, la vie reprend son rythme. Dans son atelier boutique, Kléber est un des premiers à produire de la gelée royale dans la région. Les souvenirs de mon grand père datent de cette période. Voisins de terres de Kléber, chemin de Brouville, lorsque mes arrières grands parents allaient cueillir les lavandes avec leurs fils sur une période s’étendant de début juillet à mi-aout, la famille s’installait dans leur maison de village, Grand Rue, voisine également de celle de Kléber

Amis, les longues soirées d’été se terminaient autour d’un verre d’hydromel, boisson à base d’eau et de miel fermenté, produite par Kléber. Lors de ces réunions amicales, sous les yeux ébahis des enfants, Kléber plaçait délicatement la reine des abeilles dans une petite cage sous sa gorge. L’essaim suivait sa reine et donnait l’illusion d’une barbe.

Le reste de sa vie reste plus mystérieuse pour moi étant donné que les liens entre Kléber et ma famille se sont un peu distendus. Une fois mes arrières arrières grands-parents décédés, au début des années 60, les terres de St Christol seront délaissées. Kléber restera célibataire toute sa vie et décédera au village en 1986.

Le frère de Kléber, Marceau, reviendra à St Christol  en 1981 après une belle carrière parisienne et y décèdera en janvier 2017. Un musée dédié à son œuvre  voit le jour en 2009. 

Réclame pour la gelée royale KLEBER toujours « visible » à St Christol

Merci à Didier, Jean Pierre et Bérangère pour leurs souvenirs et leurs participations.

Pour en savoir plus:

 

{ Le Mur de la Peste }

Avez-vous déjà entendu parler du Mur de la Peste ? Bien connu des vauclusiens, ce mur édifié lors de l’épisode de la Peste de Marseille a eu l’ambition d’être une ligne sanitaire, un rempart pour limiter la propagation de cette terrible épidémie.

Carte extraite du Pays d’Apt malade de la Peste – tracé de la ligne et du mur entre le pays d’Apt et le Comtat

Je ne reviendrais pas sur les circonstances bien connues de l’arrivée de la Peste à Marseille via le voilier trois-mâts « Grand Saint Antoine » en juin 1720.

Le 14 février 1721, la décision est prise par les autorités pontificales d’établir une ligne sanitaire commune entre la France et le Comtat pour protéger Avignon. Il convient de noter que c’est à la demande du Royaume de France et cette intervention de l’État est la première du genre dans une crise sanitaire. Notons également que Le régent Philippe n’est pas mécontent d’imposer sa volonté au pape Grégoire XI sur les terres du Comtat.

Muraille restaurée – photo ©altituderando.com

Concrètement, la ligne était composée d’un fossé de six pieds (1,95m) de large et de profondeur entre Saint Ferréol (près de Mérindol) et Cabrières, et d’un mur de 30 km conçu par l’architecte carpentrassien Antoine d’Allemand, construit en pierres sèches de Cabrières au col de Lagas près de Monieux. La hauteur de ce mur est de six pieds (1m95) par 2 pieds (0.65m) de large. Son but est d’empêcher toutes relations et communications entre le Comtat Venaissin et le Dauphiné encore épargné.

Au cours des recherches effectuées pour mon mémoire de fin d’année, j’ai été confrontée aux parcours des parents de Joseph PONS et de Delphine PEZIERE, mes ancêtres, ayant vécus à cette période et confrontés à cette épidémie dans deux villages proches du Mur.

 

Deux destins, deux villages voisins et pourtant deux juridictions : Les PEZIERE de Méthamis (les Métamies sur la carte de Cassini) dépendant du Comtat Venaissin, sous autorité papale et les PONS de Monieux (Monjeu sur cette même carte), appartenant au Comté de Sault sur le territoire des terres adjacentes de Provence.

Carte de Cassini

Vous retrouverez l’histoire des PEZIERE à travers le destin de Rose CARTOUX, mère de Delphine ici: https://nosabsentspresents.com/2018/05/08/une-femme-un-destin-rose-cartoux-1691-1761/

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Anthoine PONS (1688-1729) et Anne Marie CASTOR (1696-1768), ménagers, vivent à Monieux lorsque l’épidémie de peste se déclare. Dépendant du Comté de Sault, le village de Monjeu, tel qu’il est nommé du XVIIe au XIXe siècle, est cramponné au flanc sud-est du Mont Ventoux à 650m d’altitude.

Monieux

En mars 1721, les autorités pontificales et françaises mobilisent 500 hommes pour la construction de la ligne. Chaque village se voit assigner un nombre d’hommes et une quantité de matériaux à fournir. Sans aucun doute, Anthoine a participé aux travaux (Aucune liste d’hommes mobilisés dans les archives communales – AD Vaucluse, Monieux, GG 5-7). Le chantier était actif nuit et jour. Il avançait pourtant peu, les ouvriers n’étant guère payés. En mai, le travail fut réorganisé et les ouvriers mieux rétribués. Chaque communauté se voit attribuer la responsabilité de la construction d’un tronçon de mur. Un millier de soldats du Pape furent dépêchés sur place pour les encadrer. Fin juillet 1721, 27 km de murs en pierres sèches (sans mortier, selon une technique propre à la région) étaient achevés, augmentés de 40 guérites, de 50 corps de garde pour les sentinelles militaires affectées à la surveillance ainsi que 10 cabanes abritant les chevaux et les provisions.

Muraille restaurée avec guérite – photos ©altituderando.com

Il n’existe pas de registre indépendant où les morts de la Peste seraient enregistrés pour Monieux, contrairement à d’autres communes proches (St Saturnin lès Apt ou Apt par exemple). Les registres paroissiaux pour la période septembre 1720—décembre 1722  n’enregistrent pas de pics de décès particuliers, sauf pour les mois de septembre et octobre 1720 avec respectivement 6 et 9 décès, mais cela reste toujours cohérent avec la mortalité infantile et l’âge de « vieillesse » de l’époque. Le mur a donc bien protégé le village. On note même la naissance d’une fille du couple en janvier 1721, sans décès précoce, pourtant en pleine période de disette dans la région.

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L’épidémie s’éteint progressivement en Provence tandis qu’elle entre en Avignon en août 1721. La situation s’inverse alors et les troupes françaises remplacent les troupes pontificales en s’installant de l’autre côté du mur pour protéger le pays d’Apt enfin débarrassé du fléau. La peste s’étend à l’ensemble du Comtat et s’amplifie jusqu’en juillet 1722. Le Comtat se retrouve prisonnier de son propre mur. Isolé du reste de la Provence, les vivres manquèrent et la disette guettait les survivants. Toutefois il convient de noter que le cordon sanitaire fut souvent rompu, les troupes du régent étant incapables d’arrêter la contrebande.

L’épidémie s’éteignit progressivement à partir de septembre 1722. Fin février 1723, les lignes sanitaires sont levées et les troupes françaises quittent le pays.

Quel bilan retenir ? Cet épisode de Peste a fait près de 120 000 morts en Provence selon les comptes généraux tenus par l’administration dont 40 000 à 50 000 pour la seule ville de Marseille (Thierry Sabot, nos ancêtres et la peste). L’épidémie aurait tué environ 25% de la population du Comtat. Les communautés mettront des années à rembourser les emprunts contractés au cours de l’épidémie pour financer entre autres, la construction du mur, les vivres des troupes, le paiement des médecins et des remèdes, etc…

Le mur, appelé « ligne de la malédiction » par les habitants, laissé totalement à l’abandon à partir de 1723, est réhabilité en partie de nos jours grâce à l’association Pierres sèches en Provence (depuis 1986).

 

 

Pour en savoir plus:

Article publié le 8/07/2018 sur http://www.cosson-genealogieblog.fr/2018/07/08/le-mur-de-la-peste-par-aurelie-battu-peyron-travaux-detudiants/

 

#Généalogie30 Jour 6 – la supplique de Charles COTTAREL

Ma famille a la chance extraordinaire de posséder une collection de cartes postales de la Grande Guerre, à la fois correspondance classique et témoignage de ce qu’était la vie sur le front.  J’aurais pu choisir une des ces nombreuses lettres et pourtant…

Les plus émouvants courriers que j’ai pu lire concerne effectivement un poilu, un ex-poilu précisément. Il s’agit de Charles COTTAREL (1884-1960), un cousin à la vie exceptionnelle qui fera l’objet d’un article prochain. Militaire de carrière, gazé à l’ypérite en 1918, il est ensuite envoyé en Indochine.

J’ai choisi de vous présenter deux de ses lettres, retrouvées dans son dossier pour l’obtention de la Légion d’Honneur, consultable sur la base LEONORE.

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La première, écrite en 1932 après que plusieurs médecins l’aient déclaré condamné, est adressée à M. Archimbaud, député de Die, son canton de naissance, afin qu’il intercède auprès du chancelier pour un envoi rapide de sa Croix de la Légion d’Honneur.

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La seconde est rédigée en 1948 et adressée directement au chancelier afin de hâter sa promotion au grade d’Officier de la Légion d’Honneur. Il est domicilié en France, depuis son récent rapatriement.  Après trois pages de données administratives, il ajoute un nota bene très personnel dans lequel on ressent toute la lassitude de cet homme.

charles lettre p10